Texte dédié à D

Si certains se demandent pourquoi je suis si attaché au Centre LGBT, il leur suffit de jeter un coup d’œil sur cette affichette. C’était au tout début de 1995 et j’ai déjà raconté sur ce blog l’histoire de ce mémorable premier bal gai et lesbien au Tango.

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Je me suis présenté un jour au Centre avec une idée folle. Cette structure associative m’a accueilli et m’a fait confiance (certes je n’étais pas un inconnu, puisque je circulais dans le milieu militant gay depuis un peu plus d’une dizaine d’années). Puis dans la foulée j’ai créé les Gais Musette, et deux ans plus tard la Boîte à Frissons, en opérant une reconversion professionnelle osée.

Une fois devenu commerçant gay j’ai gardé la fibre militante et je continue à m’investir dans la vie associative. On ne doit jamais oublier d’où l’on vient, et ce que l’on doit aux autres. Voilà aussi pourquoi j’ai du mal à comprendre le manque d’investissement de beaucoup de gays dans les actions communautaires. Depuis 30 ans l’idéologie libérale fait son travail de sape en développant l’individualisme et en dénigrant l’engagement collectif. On se retrouve seuls devant nos écrans, on se soucie « de soi » au lieu de nous rencontrer dans des actions communes.

En tout cas personnellement, mes souvenirs de moments de bonheur intense (en dehors de mes grandes amours) sont associés à mes engagements dans des combats collectifs*, lorsque l’on parvient à former un groupe uni et à réaliser des merveilles. Se mêlent alors convictions, élan collectif et plaisir d’être ensemble.

Engagez-vous, engagez-vous, il n’y a rien de tel pour se sentir mieux !

  • Les combats dont je me souviens avec plaisir : les grèves au lycée, à la fac, le sauvetage de l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée, les universités d’été homosexuelle à Marseille, la coordination nationale homosexuelle en 1988, le combat pour la sauvegarde du jardin Villemin puis les actions de La Gazette du Canal, la création des Gais Musette, le cortège associatif de l’Europride, le comité de vigilance en solidarité avec les sans-papiers du quartier… plus récemment et encore aujourd’hui : le collectif Parlons Q.