Imaginez à quel point la communication a bougé depuis 16 ans ! Pour joindre notre public en 1997, il fallait aller distribuer des prospectus (on devait déjà dire flyers) dans le Marais, passer de la publicité dans les journaux gays gratuits (Il y en avait plusieurs) et… envoyer des lettres par la poste ! J’organisais donc des réunions « mailing » un après-midi tous les deux mois pour envoyer à mes fidèles clients le programme à venir. Au début je devais avoir 200 enveloppes à préparer, mais très vite il y en a eu entre 2000 et 3000 (coller l’étiquette, plier la feuille, la placer, fermer l’enveloppe, faire des tas par arrondissement…). Il y avait une petite vieille, Jackie, amie de ma grand-mère qui adorait venir m’aider, elle amenait une autre de ses amies retraitées et faisait pour l’occasion un gâteau que nous dégustions autour d’une tasse de thé. Nous rigolions en nous demandant comment un contrôleur de l’Urssaf aurait qualifié ce personnel bénévole. J’exploitais la disponibilité du troisième âge !

Puis arriva Internet. Progressivement, l’adresse mail remplaça l’adresse postale et j’ai démarré « Frissons sur le Net » en 1999, le courriel d’information de La Boîte à Frissons. Lorsque j’envoyais un mail à 150 correspondants je pouvais recevoir entre 30 et 50 réponses. Aujourd’hui si j’envoie une telle « news letter » à presque 4000 adresses je recevrai au maximum une dizaine de réactions.

C’est en 2006 que j’ouvrais ce blog, dans le but d’entretenir l’esprit de la Boîte à Frissons et de tisser des liens avec notre public. Cela marcha très bien si j’en juge par tous les commentaires reçus ou formulés oralement au cours des soirées, ou encore lorsque je fus apostrophé par le Maire de l'arrondissement lors d’une réunion publique où il se scandalisa d’une des prises de position de « Madame Hervé » sur son blog (ce jour là je me suis beaucoup amusé !). Le blog fonctionnait donc bien.

Puis Facebook est arrivé, je m’y suis inscrit en décembre 2008 et il a peu à peu pris de plus en plus d’importance dans notre communication (création de la page, du groupe fan club…), mais avec un effet pervers : Facebook est un déversoir d’humeurs, de coups de gueule, de joutes inutilement agressives. Bref c’est un extraordinaire outil de réseau, mais à utiliser avec précaution. Il a fallu apprendre, limiter les publications pour ne pas envahir les « amis » et surtout faire gaffe à ce que l’on dit !

Cette fuite à la modernité et aux nouvelles formes de communication nous mènera-t-elle à une application smartphone ? Pas encore ! Aujourd’hui nous allons revenir au contraire à des formes anciennes, nous sortirons prochainement un programme papier en couleur, plus fun. Le site sera légèrement ravalé ainsi que le courriel « frissons sur le Net » et… le blog va reprendre du service pour redevenir une vitrine de la vie de La Boîte à Frissons.

Ceci étant, entre nous, est-ce la communication qui assure le succès de La Boîte à Frissons ? N’est-ce pas plutôt tout autre chose : la réalité de ce qui s’y passe, l’ambiance conviviale qui perdure au fil des ans et tout au long de la nuit, les rencontres bien réelles qui s’y produisent !

La morale de cette histoire ? Communiquer d’accord, mais uniquement parce que nous avons de bonnes idées et de vraies convictions !