Une des rares raisons qui pouvait me réjouir de voir revenir les socialistes aux affaires était qu’ils allaient enfin nous débarrasser de cette histoire de mariage des homosexuels. Ben oui, à titre personnel je ne suis pas fan du paradigme « égalité des droits » avec lequel se délecte le mouvement LGBT depuis tant d’années, en particulier depuis le montage médiatique du mariage de Bègles. Moi cette égalité-là je m’en fiche, car je n’y crois pas. Il y aura toujours des riches et des pauvres, des dominants des dominés, et donc des discriminés… des homos et des hétéros. Et donc des luttes sociales !

Je ne crois pas non plus à l’efficacité des lois « bonne conscience », du genre on interdit le racisme, l’homophobie, l’antisémitisme, l’usage du tabac, la drogue, l’euthanasie, sans oublier la prostitution ! Car se faisant, on ne s’attaque pas aux racines des soucis de la société.

Et les homos ont voulu croire qu’en accédant au mariage ils auraient enfin leur place et leur reconnaissance dans la société, comme les parvenus pensent qu’en s’enrichissant ils peuvent enfin passer pour des bourgeois. C’était oublier (et les anti-mariage vous le rappellent avec force) que la famille, organisée autour du mariage est le fondement de la morale qui nous persécute depuis toujours. Vous aurez beau tout faire pour vous assimiler à la norme hétérosexuelle, vivre en couple stable et fidèle, être de bons parents exemplaires, vous ne serez jamais assez normal pour faire oublier que justement vous êtes différents.

Dans le mouvement homosexuel il y a toujours eu cette hésitation entre deux aspirations : être comme les autres (le fameux droit à l’indifférence) ou au contraire vivre pleinement sa différence. Dans un cas on a envie de se marier, dans l’autre on aimerait inventer d’autres rapports amoureux.