Hier dimanche 1 er avril je suis allé parcourir le salon des associations lgbt. Savez-vous pourquoi ? Parce je suis « intéressé de façon financière et commerciale, directement ou indirectement », car « ma clientèle au Tango est constituée en grande partie de membres de ces associations », parce que je « pratique le mélange des genres », et personne autour de moi ne relève « ce grave manquement à l’éthique ».

Ben oui, c’est ce qu’a dit à mon sujet la Présidente du Centre LGBT lors de la dernière assemblée générale le 3 mars dernier, et qu’elle n’a pas eu honte de répéter sur son blog sur Têtue.com. Elle a aussi dit qu’en organisant au Tango les thés dansants le dimanche pour les associations lgbt je pouvais les tenir et les avoir sous mon pouvoir ! (Les dites organisations apprécieront) Vous vous rendez-compte, Madame Hervé parrain du milieu LGBT ! (oui ce terme insultant est masculin !). Quel dommage que je n’ai pas les moyens d’un Pierre Bergé, là je pourrai m’en donner à cœur joie !

J’en rigole aujourd’hui parce que j’ai digéré ce coup bas assez dégueulasse (parfois seul le vocabulaire cru est le plus approprié), mais le soir de cette assemblée générale cela m’a fait chialer. Incroyable ma sensiblerie sur cette question de l’argent ! Un relent de mes lectures de Karl Marx ? Ou un effet secondaire de mon éducation catholique ? Probablement les deux à la fois ! Ma culture d'origine est loin d'être celle du commerce.

Tenez par exemple, j’ai un côté économe, je n’aime pas trop les dépenses ostentatoires, ni les flambeurs. Et quand je vois les difficultés financières actuelles du monde associatif, je regrette que les militants gays aient choisi le week-end du sidaction pour dépenser autant d’argent pour organiser un meeting électoral aux Folies Bergères (au moins 25000 euros m’a-t-on dit, soit plus que les 20.000 euros de la subvention annuelle du sidaction attendue au Centre lgbt en 2012). Ils m’ont dit : « c’était une belle soirée, émouvante ».

Et j’ai pensé : décidément, je ne suis pas moderne, car il n'y a pas si longtemps, pour communiquer et nous rassembler, on organisait aussi des belles soirées, c’était des fêtes, il y avait aussi des prises de parole… (sans remonter au Palace de 1981, ni aux fêtes d'après Gay Pride, de la Mutualité au Cirque d'hiver, en passant par l'Aquaboulevard, ou encore les galas pour Act-Up, etc.). On en garde aussi de très bons souvenirs, à la différence près que ces soirées étaient organisées pour gagner de l'argent, pas pour en dépenser ! On ne comptait pas sur les subventions pour militer.

Mince ! Est-ce donc parce que je suis un affreux commerçant que je pense ainsi ?