Commerçant et militant
Par Madame Hervé
le lundi 2 avril 2012, 15:12 - Humeurs
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Madame Hervé n'aime pas que l'on fasse atteinte à son honneur. Son cri du jour : commerçant ET miliTANTE, et fier de l'être !
Hier dimanche 1 er avril je suis allé parcourir le salon des associations lgbt. Savez-vous pourquoi ? Parce je suis « intéressé de façon financière et commerciale, directement ou indirectement », car « ma clientèle au Tango est constituée en grande partie de membres de ces associations », parce que je « pratique le mélange des genres », et personne autour de moi ne relève « ce grave manquement à l’éthique ».
Ben oui, c’est ce qu’a dit à mon sujet la Présidente du Centre LGBT lors de la dernière assemblée générale le 3 mars dernier, et qu’elle n’a pas eu honte de répéter sur son blog sur Têtue.com. Elle a aussi dit qu’en organisant au Tango les thés dansants le dimanche pour les associations lgbt je pouvais les tenir et les avoir sous mon pouvoir ! (Les dites organisations apprécieront) Vous vous rendez-compte, Madame Hervé parrain du milieu LGBT ! (oui ce terme insultant est masculin !). Quel dommage que je n’ai pas les moyens d’un Pierre Bergé, là je pourrai m’en donner à cœur joie !
J’en rigole aujourd’hui parce que j’ai digéré ce coup bas assez dégueulasse (parfois seul le vocabulaire cru est le plus approprié), mais le soir de cette assemblée générale cela m’a fait chialer. Incroyable ma sensiblerie sur cette question de l’argent ! Un relent de mes lectures de Karl Marx ? Ou un effet secondaire de mon éducation catholique ? Probablement les deux à la fois ! Ma culture d'origine est loin d'être celle du commerce.
Tenez par exemple, j’ai un côté économe, je n’aime pas trop les dépenses ostentatoires, ni les flambeurs. Et quand je vois les difficultés financières actuelles du monde associatif, je regrette que les militants gays aient choisi le week-end du sidaction pour dépenser autant d’argent pour organiser un meeting électoral aux Folies Bergères (au moins 25000 euros m’a-t-on dit, soit plus que les 20.000 euros de la subvention annuelle du sidaction attendue au Centre lgbt en 2012). Ils m’ont dit : « c’était une belle soirée, émouvante ».
Et j’ai pensé : décidément, je ne suis pas moderne, car il n'y a pas si longtemps, pour communiquer et nous rassembler, on organisait aussi des belles soirées, c’était des fêtes, il y avait aussi des prises de parole… (sans remonter au Palace de 1981, ni aux fêtes d'après Gay Pride, de la Mutualité au Cirque d'hiver, en passant par l'Aquaboulevard, ou encore les galas pour Act-Up, etc.). On en garde aussi de très bons souvenirs, à la différence près que ces soirées étaient organisées pour gagner de l'argent, pas pour en dépenser ! On ne comptait pas sur les subventions pour militer.
Mince ! Est-ce donc parce que je suis un affreux commerçant que je pense ainsi ?


Commentaires
Il fait bon être commerçant pourtant... car derrière sa petite boutique, on vend certes quelques articles, mais surtout on crée un lieu où il fait bon se retrouver, c'est ce qui fidélise les clientèles d'habitués... Car les sourires et une oreille attentive y sont offerts gratuitement pour le prix symbolique d'un café ou d'une bière seulement...
Sans les commerçants, sans les premiers bars, les militants n'avaient alors point de lieu de convivialité où se retrouver, c'est grâce à ces lieux que les premières assos se sont créées...
Le pouvoir peut revêtir différentes formes: celui de diriger et celui de réunir ne sont pas dans les mêmes normes. Pour diriger, il suffit juste d'avoir des idées, pour réunir, il faut aussi savoir les faire partager...
J'aurai plein d'autres choses à dire sur ce sujet. mais ce serait long !
Par exemple le bar Le Duplex rue Michel Le Comte, toujours tenu par Joël, pionnier du Marais (1er bar gay Le Village rue du Plâtre) a toujours accueilli les associations et organisé des réunions militantes avant même l'existence du Centre. Il a osé recevoir AIDES quand le sida faisait encore peur à tout le monde.
Et oui il y a des risques à être commerçant et militant !
Moi même quand j'ai tenu le bar-restaurant La petite Vertu, j'avais bien vu "qu'ouvrir sa gueule" n'est pas payant commercialement, j'ai perdu des clients à cause de cela en raison de mes positions publiques sur certains thèmes très discutés.
A propos du Centre et les accusations de sa Présidente, en m'accusant de ne pas respecter les statuts, elle confond tout, tout juriste qu'elle prétend être : il est dit que "toute personne rétribuée par le Centre ne peut pas être ni électeur, ni éligible, ni co-optée" Ce qui n'est pas mon cas, puisqu’au contraire en accueillant le Centre au Tango pour les thés au Gazon, je ne suis pas rétribué mais au contraire je permets au Centre de gagner de l'argent ! De plus le dimanche au Tango je ne suis qu'un intermédiaire, car contrairement aux apparences je ne suis pas propriétaire de la salle, ce n'est pas moi qui exploite le bar. Et la Présidente du Centre le sait très bien, elle a toujours loué mon aide (je suis remercié dans tous les rapports d'activité !), mais depuis que je ne suis pas d'accord avec ses projets et sa manière de gérer le Centre, elle cherche à me calomnier. Le procédé est grossier et malhonnête.
Quand on sait que CLD accuse les lesbiennes qui soutiennent les associations de prostituées (au lieu de faire appel à la police pour pénaliser le client) de favoriser les proxénètes, rien ne peut vous étonner.
Maintenant où est "une vue personnelle d'une situation" et la diffamation, le passage est ténu. Moi je trouve que dans ton dernier livre tu le dépasse plusieurs fois...En moins grave certes, et ton pouvoir il est à toi in ne devrait pas être le fruit d'un consensus comme celui du centre LGBT. Maintenant la vraie question c'est la violence à l'intérieur du milieu LGBT.Marie Helene Bourcier par exemple traitant Louis Georges Tin de "Criminel" pour avoir voulu sortir de prison...toute cette petite raya de petits chefs et cheffaillones
se battant pour des enjeux microscopiques. Ah oui la différence c'est que CLD efface tous mes messages sur son blog systématiquement (en m'envoyant des messages comme quoi "c'est pour mon bien" alors que Madame Hervé endure encore les miens.