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Un placard qui a de la suite dans les idées !

La sortie du placard de la subculture musicale gay et lesbienne remonte au milieu des années 90. Souvenez-vous de cette période durant laquelle la musique techno devenait l’étendard de toute la vie gay. Même Dalida devait être remixée pour satisfaire les goûts du moment ! Il fallait réagir et refuser ce diktat culturel.

C’est pourquoi en 1997 l'association Les Gais Musette dont j'étais le président fondateur entreprit une reconquête de la mémoire, sous la forme de la publication d’un CD, réalisé par le journaliste collectionneur Martin Pénet, lui-même assisté par un technicien restaurateur de génie Lionel Risler. Ces chansons interlopes, récupérées sur de vieux disques 78 tours, ont de quoi nous surprendre parce qu’elles sont apparues à une époque où les homosexuels se planquaient, et risquaient souvent bien des ennuis lorsqu’ils étaient victimes de que l’on n’appelait pas encore l’homophobie. Du coup les chansons maniaient l’allusion, les jeux de mots et l'humour. Cet assortiment permettait de transgresser dans la bonne humeur. La figure de la folle est toujours la plus appropriée pour ouvrir le chemin de la tolérance, n’en déplaise aux nouveaux normalisateurs de la gaytitude respectable.

Une fois ce patrimoine redécouvert, l’idée vint de le mettre en spectacle. Michel Heim, auteur notamment des comédies des Caramels fous, se mit à la tâche et Chantons dans le placard fut créé à Paris au Tango en 2006. Ce fut l’occasion pour Martin Pénet, soutenu par La Boîte à Frissons, de sortir une nouvelle compilation de chansons interlopes « revue et augmentée ». Et c’est ainsi que naquit notre manie de collectionner toutes les chansons qui évoquait l’homosexualité, de près ou de loin (et parfois de très loin !).

Le double CD Chansons interlopes (encore disponible à la vente)
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En 2009, juste pour le plaisir, et cette fois avec la complicité d’un autre grand collectionneur (dingue comme on les aime !), Matthieu Moulin, des disques Marianne Mélodie, nous avons sorti la compilation du Bal de la Boîte à Frissons : nos plus folles chansons.

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Nous avons certes ressorti du placard des documents (comme un extrait du spectacle des pédalos de 1979), mais nous nous sommes aussi approprié tout un univers pas intentionnellement gay mais pour nous totalement « homo-sensible » ! La subculture c’est aussi cela : être capable de se faire une place dans un monde qui s’évertue à nous ignorer. Puisque l’on ne parle pas de nous, nous nous débrouillerons seuls, en récupérant à notre façon les plus beaux refrains : la réinterprétation des paroles ou le détournement de leur sens et même l’art du transformisme sont autant d’occasions de chanter dans le placard.

Enrichi de toutes ces découvertes, Chantons dans le placard, nouvelle version 2011, a cette fois l’ambition de faire partager toute cette culture à un plus large public. Tous les ingrédients sont réunis pour y parvenir : riche contenu, intrigue, humour, émotion. Cette exposition au centre LGBT se veut une entrée en matière, à travers quelques-unes des plus grandes figures de la chanson, nos icônes pourrions-nous dire !

Photo montage Charles Trenet de Narcisse Davim pour l'exposition
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Exposition au Centre LGBT de Paris du 9 septembre au 5 octobre 2011.
Vernissage vendredi 9 septembre à 19 h 30.

Le spectacle Chantons dans le placard sera joué du 22 septembre au 31 décembre 2011 au Petit Théâtre des Variétés.