Donc le Bal des Célibataires spécial ruban rouge s’est bien déroulé. A présent je vais vous le dire : j’avais un trac pas possible ! Oh, pas pour incarner une fois de plus Madame Hervé, elle a assez de bouteille pour animer son monde. Mais parce que nous avions clairement indiqué que la soirée était organisée avec et pour les jeunes séropotes. Et alors ? Sachez que nous avions déjà tenté des soirées avec ces petits jeunes porteurs du VIH, et, à chaque fois, nous avions eu l’impression que les foules ne se déplaçaient pas facilement. Comme si le label « superpositif » (nom donné à ces premières tentatives) dérangeait. Même une soirée Madonna, à l’époque la meilleure locomotive pour attirer le public au Tango, n’avait pas été un franc succès.

Cette fois, le Bal des Célibataires, il est vrai une de nos soirées cultes, a balayé les réticences et attiré beaucoup de monde. Mieux, l’ambiance a été "un je ne sais quoi" de plus que d'habitude. L’excellent accueil à l’entrée, assuré par l’association, et le renfort de Michelle O à l’animation auprès de Madame Hervé n’expliquent pas tout. Il y avait dans la salle comme une émotion diffuse, un sentiment collectif de vivre un moment particulier. Dès que l’on sort dans un lieu qui rassemble des gays, on sait qu’il y a parmi nous des séropos, mais là, ce soir-là, il ne s’agissait pas seulement de le savoir, nous le vivions ouvertement, presque comme un défi.

Pour la première fois au Tango, le label « séropos et leurs amis » fonctionnait bien. Comme si chacun avait conscience qu’être là, à ce moment précis, avait une signification précise. Moi j’étais heureux, parce que depuis longtemps j’en suis persuadé : c’est à la fois par une meilleure visibilité des séropos et un dialogue plus naturel avec les séronegs que l’on fera face au Sida.

Alors, on va continuer : rendez-vous le dimanche 13 février pour une Saint Valentin Ruban Rouge, avec encore plus de monde !