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vendredi 13 septembre 2013

Communiquez comme ils disent

La Taulière est-elle une bonne communicante ? En tout cas elle a tout utilisé : Flyers, mailing, news letters, site internet, blog, facebook… Rétrospective.

Imaginez à quel point la communication a bougé depuis 16 ans ! Pour joindre notre public en 1997, il fallait aller distribuer des prospectus (on devait déjà dire flyers) dans le Marais, passer de la publicité dans les journaux gays gratuits (Il y en avait plusieurs) et… envoyer des lettres par la poste ! J’organisais donc des réunions « mailing » un après-midi tous les deux mois pour envoyer à mes fidèles clients le programme à venir. Au début je devais avoir 200 enveloppes à préparer, mais très vite il y en a eu entre 2000 et 3000 (coller l’étiquette, plier la feuille, la placer, fermer l’enveloppe, faire des tas par arrondissement…). Il y avait une petite vieille, Jackie, amie de ma grand-mère qui adorait venir m’aider, elle amenait une autre de ses amies retraitées et faisait pour l’occasion un gâteau que nous dégustions autour d’une tasse de thé. Nous rigolions en nous demandant comment un contrôleur de l’Urssaf aurait qualifié ce personnel bénévole. J’exploitais la disponibilité du troisième âge !

Puis arriva Internet. Progressivement, l’adresse mail remplaça l’adresse postale et j’ai démarré « Frissons sur le Net » en 1999, le courriel d’information de La Boîte à Frissons. Lorsque j’envoyais un mail à 150 correspondants je pouvais recevoir entre 30 et 50 réponses. Aujourd’hui si j’envoie une telle « news letter » à presque 4000 adresses je recevrai au maximum une dizaine de réactions.

C’est en 2006 que j’ouvrais ce blog, dans le but d’entretenir l’esprit de la Boîte à Frissons et de tisser des liens avec notre public. Cela marcha très bien si j’en juge par tous les commentaires reçus ou formulés oralement au cours des soirées, ou encore lorsque je fus apostrophé par le Maire de l'arrondissement lors d’une réunion publique où il se scandalisa d’une des prises de position de « Madame Hervé » sur son blog (ce jour là je me suis beaucoup amusé !). Le blog fonctionnait donc bien.

Puis Facebook est arrivé, je m’y suis inscrit en décembre 2008 et il a peu à peu pris de plus en plus d’importance dans notre communication (création de la page, du groupe fan club…), mais avec un effet pervers : Facebook est un déversoir d’humeurs, de coups de gueule, de joutes inutilement agressives. Bref c’est un extraordinaire outil de réseau, mais à utiliser avec précaution. Il a fallu apprendre, limiter les publications pour ne pas envahir les « amis » et surtout faire gaffe à ce que l’on dit !

Cette fuite à la modernité et aux nouvelles formes de communication nous mènera-t-elle à une application smartphone ? Pas encore ! Aujourd’hui nous allons revenir au contraire à des formes anciennes, nous sortirons prochainement un programme papier en couleur, plus fun. Le site sera légèrement ravalé ainsi que le courriel « frissons sur le Net » et… le blog va reprendre du service pour redevenir une vitrine de la vie de La Boîte à Frissons.

Ceci étant, entre nous, est-ce la communication qui assure le succès de La Boîte à Frissons ? N’est-ce pas plutôt tout autre chose : la réalité de ce qui s’y passe, l’ambiance conviviale qui perdure au fil des ans et tout au long de la nuit, les rencontres bien réelles qui s’y produisent !

La morale de cette histoire ? Communiquer d’accord, mais uniquement parce que nous avons de bonnes idées et de vraies convictions !

mardi 12 juillet 2011

Le premier bal musette au Tango en janvier 1995

Cet été, avant le 15ème anniversaire de La Boîte à Frissons, Madame Hervé raconte. Le premier bal musette gay au Tango a été organisé en janvier 1995 dans le cadre de la semaine de la Saint-Sébastien du Centre Gay et Lesbien

J’ai débarqué un jour au tout jeune centre gai et lesbien (installé rue Keller en avril 1994). Je me souviens d’une réunion où il s’agissait de préparer une semaine festive dans le Marais en plein mois de janvier 1995, mois d’hiver. Le prétexte choisi fut de fêter la Saint Sébastien, mais la véritable intention était bel et bien de tenter d’instaurer une sorte de quinzaine commerciale, qui, d’une part donnerait un coup de pouce aux établissements commerciaux durant cette période creuse, et, d’autre part pourrait apporter un peu d’argent dans les caisses du centre. J’ai donc lâché l’idée : je voulais organiser un bal musette gay, car j’en avais marre des soirées techno, et je ne me sentais pas bien dans les boîtes hétéros musette que je fréquentais (Le balajo et la Java).

Ma proposition fit l’objet d’une discussion passionnée. La moitié des gens prédisait un casse-pipe monumental, me traitant de gros ringard : nous étions à l’apogée de l’ère « techno ». Mais l’autre moitié était emballée. Pour trancher le débat et prendre une décision, le bal musette gai et lesbien fut adopté à deux conditions : aucun budget ne lui serait attribué (il fallait se débrouiller !) et il serait placé en milieu de semaine pour ne pas faire de l’ombre à la grande soirée de clôture qui aurait lieu à La Locomotive et devait rester l’événement prestigieux de la semaine.

Ainsi est née ma carrière d’organisateur de soirées : en gros, on m’a laissé faire parce que je ne demandais rien et parce que j’avais une bonne dose de convictions, totalement hors mode, mais qui depuis ont fait leur preuve.

Qu’est-ce que j’avais en tête à l’époque ? Je m’ennuyais de plus en plus dans les boîtes de nuit, et les grandes soirées qui jadis m’avaient tellement marqué plongeaient à leur tour dans le moule tout techno. Je pensais avec nostalgie à mes escapades au Rocambole (boîte délirante en banlieue), je regrettais les premiers bals gays du 14 juillet quai de la tournelle, les booms improvisées à l’université homosexuelle d’été de Marseille, ou encore certaines fêtes d’après Gay Pride, à la Mutualité ou au Cirque d’Hiver. Vous savez, ces fêtes où l’on s’amuse, où l’on se rencontre, où l’on écoute de la musique chargée d’émotions, ces fameux tubes entrés dans la mémoire collective. Donc effectivement ma conception anti-fashion fit hausser beaucoup d’épaules.

J’avais d’abord pensé à organiser cette soirée à La java, dancing populaire de Belleville que je fréquentais assez souvent. Un soir où j’étais un peu éméché, j’y avais dansé une valse avec un copain hétéro du quartier, la salle avait assez bien réagi parce que justement, notre audace avait été interprétée comme une moquerie envers les pédés ! J’étais ensuite allé discuter avec le patron, lui expliquer que je rêvais d’une soirée musette gay pour pouvoir danser sans crainte avec des mecs… Il m’avait répondu simplement : pour 16.000 francs, il pouvait me louer la salle en semaine. C’est donc ensuite que j’eu l’idée de me rendre au CGL pour tenter le coup. Et c’est par hasard qu’ une lesbienne du centre (comme quoi on leur doit décidément beaucoup !) m’a orienté vers Le Tango que je ne connaissais pas et qui accordait des conditions plus intéressantes.

Bref, cette première fête dans le dancing de la rue Au Maire fut le succès inattendu de la semaine de la Saint-Sébastien ! Non seulement la salle fut pleine (et de bonne heure), l’ambiance extra, mais ce fut aussi le seul évènement qui rapporta de l’argent au CGL, car la méga fête à la Locomotive, celle mise en avant dans toutes les galeries de photos des magazines, avait été déficitaire.

Quelques jours après, toute l’équipe du CGL dinait dans un petit restaurant de la rue Keller (tenu par les deux amoureux qui ont ensuite ouvert le restaurant musette Chez Raymonde avenue Parmentier), et c’est là, au moment du dessert, qu’avec les deux copains qui m’avaient le plus aidé, Alain et Eric, nous décidâmes de créer les Gais Musette pour continuer l’aventure !

(A suivre…)

mardi 5 juillet 2011

Les thés dansants associatifs

Cet été, avant de fêter notre 15ème anniversaire en septembre, Madame Hervé se penche sur le passé et vous raconte l'histoire de La Boîte à Frissons.
(Souvenirs des 15 ans - 1)

Bigre, en septembre prochain nous allons fêter les 15 ans de La Boîte à Frissons au Tango. Je commence à me faire vieille. Je m’en suis rendue compte mercredi dernier alors que je réunissais les responsables d’associations pour préparer la prochaine saison des thés dansants : j’ai débuté notre causerie en leur rappelant l’origine de ces rendez-vous hebdomadaires, et la plus grande partie de l’assistance écoutait cela comme de l’histoire que l’on raconte à l’école.

En juin 1996, les organisateurs de la Gay Pride ont subi un terrible échec à la fête post-marche à Bercy. La LGP (Lesbian and Gay Pride) est en faillite et sera sauvée par un tour de passe passe financier : des patrons créanciers vont racheter la marque « gay pride » pour éponger les dettes, en espérant se refaire une santé lors de l’organisation de l’Europride à Paris l’année suivante. Cela revenait en fait à privatiser la marche, même si les formes de l’accord semblaient laisser à la LGP la maitrise politique de la manifestation (on sait comment cela s’est fini : par un divorce à l’amiable et une francisation du nom en « marche des fiertés », car la « Gay Pride » demeure une marque privée).

Donc en juin 1996, à l’heure du bilan désastreux, on s’est rendu compte que la seule fête qui avait rapporté de l’argent était celle qui avait été organisée par les Gais Musette au Balajo ! Et c’est ainsi que cette association, raillée à l’époque par les bien-pensants de l’establishement gay (notamment le journal Têtu) est devenue sponsor du milieu associatif. L’enjeu était de taille, puisqu’il fallait préparer l’Europride et affirmer auprès des commerçants la place des militants.

Ainsi Les Gais Musette qui animaient tous les mois une soirée dansante au Tango ont commencé à en redistribuer les bénéfices à des associations amies, puis des thés dansants ont été organisés. De mémoire, les premières assocs qui en ont bénéficié ont été Contact, l’APGL, la LGP, le MAG, le Beit Haverim, mais aussi Gigi et Bambino le fan club de Dalida (première soirée Darladi Dalida en mai 1997 !)… C’est donc en 1997, pour l’Europride que sont apparus les premiers gros chars associatifs à la gay pride : ils ouvraient la marche, les commerçants suivaient.

Puis, lorsque j’ai ouvert La Boîte à Frissons en septembre 1997, les thés dansants se sont régularisés, pour devenir hebdomadaires. Et cela dure depuis !

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lundi 24 janvier 2011

Utopie Ethnik Queer (Retro 2010-5)

Parfois nous avons de fausses bonnes idées, ou du moins des initiatives séduisantes qui ne fonctionnent pas aussi bien qu'on le souhaiterait.

Frissons du Monde : telle fut une de mes plus belles idées, hélas pas vraiment réussie. Cela fait plus de 10 ans que je m’obstine avec ce concept. Au départ je voulais organiser une soirée « musiques et saveurs du monde », nous aurions mélangé les musiques et proposé des boissons originales provenant des quatre coins de la planète. N’étant pas le responsable du bar du Tango, j’ai abandonné l’aspect « saveurs » pour peaufiner l’idée d’une ambiance multi ethnique. Mais je me suis rendu compte que ce n’était vraiment pas évident.

En 2010 j’ai voulu retenter le coup en réunissant trois objectifs : attirer toutes les ethnies, danser sur tous les rythmes du monde, et en prime, se mobiliser pour une belle cause, celle des homos sans papiers.

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J’ai commencé par créer sur Facebook un groupe intitulé « Ethnik Queens ». Clin d’œil de l’expression « rice queen » employée pour désigner les européens qui aiment les asiatiques (il y a aussi les « potatoes queens », asiatiques qui aiment les blancs, les « strictly rice », ou asiatiques qui s’aiment uniquement entre eux…). Mais il semblerait que le terme « queen » rebute, d’une part parce qu’il sous estime la follophobie dans le milieu gay, mais aussi parce qu’en anglais « queen » signifierait aussi « passif », ce qui restreint la cible visée : rassembler le plus de monde divers et varié. Du coup, le groupe se nomme à présent « Ethnik Queer »… La philosophie reste la même :

United colors for sex and freedom.
L'internationale de l'amour Gay.
Parce que le sexe n'a pas de couleur, et que les gays asiats, arabes, blacks et latinos nous charment tant.
- Pour lutter contre les préjugés racistes dans le monde gay.
- Pour que nos ChériEs du monde entier puissent aimer et circuler sans craindre les discriminations et les persécutions.
- Pour favoriser les contacts !

Nous avons donc débuté en janvier 2010 par un thé dansant au profit de l’association ARDHIS, qui aide les homos sans papiers. La fête a été sympa, sans plus. Et Gilou, notre DJ aux nerfs d’acier a pu constaté qu’il est impossible de mélanger les ethnies sur la piste de danse, sauf en programmant les grands tubes habituels, de nos stars… anglo-saxonnes (vive la culture mainstream).

Du coup, j’ai essayé les soirées plus ciblées, comme Asiat Folies en février, un spécial oriental avec le danseur sultan en octobre, et Bollywood Tango en novembre. Mais j’avoue qu’en faisant ainsi je m’éloigne de l’idée de départ.

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Alors ? En 2011 ? Madame Hervé va-t-elle se rendre à l’évidence et cesser de rêver à cette internationale de l’Arc en ciel ? Avis aux amateurs de tous les pays… ethnik queers et queens unissez-vous !

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lundi 10 janvier 2011

Nos nuits sans tabac (Retro 2010 - 4)

Trois ans après l'interdiction de fumer, où en sommes-nous ? Il semblerait que les fumeurs tentent un retour, mais nous veillons !

Vous vous souvenez de l’époque où Le Tango était un vaste fumoir ? Lorsque l’on respirait mal, que nos yeux, agressés par la fumée, piquaient, et surtout, comme nous sentions bon le tabac en rentrant à la maison !

Attitudes anciennes...

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Je recevais souvent des reproches des clients : « Hervé, on ne vient plus, cela pue trop, quand est-ce que l’on va respecter les non fumeurs ? ». La prise de conscience a été progressive, un peu facilitée parce que j’avais moi-même arrêté de fumer ! Nous avons commencé par interdire la cigarette sur la piste de danse, et cela a été le début de prises de bec avec certains clients, pour qui toute règle contraignante est une atteinte à leur sacro-sainte liberté : « pourquoi je ne fumerai pas sur la piste ? T’es qui, toi, pour me l’interdire ? » « Mon chéri, ici c’est la règle, lorsque tu brûles ton voisin avec ta clope, c’est quoi ta liberté ? »

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Puis en 2006 j’ai franchi le pas, en lançant la « première soirée en boite sans tabac ». C’était un peu précurseur, mais en fait je ne faisais que suivre l’exemple de l’Irlande où cela fonctionnait déjà très bien. On me disait : « T’es malade, cela ne marchera jamais, la nuit, la boisson, le tabac, cela va tellement ensemble ».

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Puis la date fatidique est tombée : depuis le 1er janvier 2008 nous ne fumons plus au Tango. Souvenez vous ce qu’annonçaient certains pessimistes : cela allait être la catastrophe, la faillite, la morosité… En fait rien de tout cela. Tout le monde reconnaît que l’atmosphère est bien plus agréable, le public n’a pas déserté et le chiffre d’affaire n’a pas dégringolé. C’est juste casse pied d’organiser la sortie des fumeurs dans la rue, mais cela a créé un petit boulot pour le « régulateur des sorties des fumeurs » (Fadi, remplacé par Jérôme). Au Tango, pour ménager nos voisins, nous évitons les regroupements de fumeurs à l’extérieur en limitant les sorties qui ne sont plus permises après trois heures du matin.

Ces derniers temps, on a l’impression que les fumeurs se relâchent. Ils tentent de reconquérir des espaces de liberté, et parfois ont carrément le culot d’allumer une cigarette à l’intérieur. Comme des collégiens, ils le font souvent aux toilettes (surtout après 3 heures du matin lorsqu’ils ne peuvent plus sortir), et cela nous ferait presque sourire : du reste lorsqu’ils s’excusent gentiment, on leur pardonne. Mais ce qui est assez nouveau, et qui se produit de plus en plus souvent, sont les fumeurs qui s’en grillent une dans la salle ! Sournoisement, en se cachant dans un petit coin, ou carrément ostensiblement. On est donc obligé de se fâcher et de réprimander fermement les polissons. Là aussi tout dépend de leur attitude : le « bourré » inconscient nous ferait presque pitié, parfois il est même charmant ; l’hypocrite sournois nie, même s’il vient d’écraser son mégot et pue le tabac, il nous énerve, on le met dehors ; quant à l’arrogant méchant qui hurle et revendique sa liberté, non seulement on le met dehors, mais s’il se représente un autre soir à l’entrée, on se fera un plaisir de respecter sa liberté de rester dehors !

Les filles aussi fumaient !

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mercredi 5 janvier 2011

La folie Gaga (Retro 2010 - 3)

2010 fut l’année Gaga et La Boîte à Frissons a apporté sa contribution au nouveau culte.

Pour une fois j’ai envie de me complimenter. Non, c’est vrai, il y a certaines vérités bonnes à dire ! Depuis le début de la Boîte à Frissons nous organisons des soirées spéciales, vraiment spéciales (si vous comprenez ce que je veux dire !), consacrées à nos stars. Et c’est là que l’on me colle l’étiquette de ringard, ou plus gentiment de kitsch. Tout cela parce que le modèle du genre est la soirée annuelle Darladi Dalida. Mais on oublie que beaucoup d’autres vedettes, anciennes ou jeunettes, nous ont aussi inspiré : Madonna ou Mylène pour ne citer que les deux plus régulières. En général ce sont des fans qui viennent me proposer de m’aider à organiser une soirée dédiée à leur idole.

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Cette fois, j’ai eu l’idée tout seul ! Je n’en reviens pas moi-même. Fin novembre 2009 j’assiste à Bangkok à une Lady Gaga mania et je m’ébahis devant le défilé de kikis, costumés comme c’est pas permis. Dès mon retour à Paris je décide de programmer une spéciale Lady Gaga. Et, à ma grande surprise, c’est la folie : le 12 mars 2010 la rue au Maire est envahie, on n’avait pas vu une file d’attente pareille depuis les dernières grandes soirées Dalida… L’ambiance est excellente, le show vraiment réussi et pour la musique Gilou se débrouille avec les quelques tubes de la nouvelle star (c’est la première fois que l’on consacre une nuit à une artiste qui dispose d’une discographie si maigre !). Un seul regret, le public parisien a décidément bien du mal à faire un effort pour se looker (Pourtant, qu’on se le dise, le look sert de coupe file).

Les vedettes du show de la Folle Académie : Lady Zoa, Miss Glam Rockwell, Thomas Macri, Samantha Kay, Lady Cypline.

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Samantha Kay et Miss Glam Rockwell

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Bon, mon erreur ensuite a été, sur cette lancée, de refaire une soirée Lady Gaga le 9 juillet. Hors c’est comme pour les films en série, le premier est super, le 2ème moins bien… Toute la question aujourd’hui est de savoir si la Lady saura entretenir sa légende. Nous attendrons son prochain album !

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lundi 3 janvier 2011

Va et vient pour vous servir (Retro 2010 - 2)

En 2010 il y a eu un peu de passage dans notre équipe. Le point sur ce va et vient.

En début d’année le jeune Martin, alias Lady Zoa nous a quitté pour expérimenter d’autres horizons. Benjamin, est alors venu faire un stage dans notre capitale. Il venait de Genève et avait envie de se changer d’air. Vous avez apprécié son charme et son calme impressionnant, mais il a préféré rejoindre ses belles montagnes.

Martin part, Benjamin passe...

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Fadi a régulé les sorties des fumeurs durant plus d’une année et demi, et chanté quasiment chaque soir en fin de nuit, sa star favorite, Dalida. Il a promis de revenir régulièrement prêter main forte (ou son corps de rêve…) à la Folle Académie. Il affectionne particulièrement les effeuillages… Il avait aussi le don d’écouter les états d’âme de La Taulière et au besoin de la réconforter (quelle chieuse celle là !).

Fadi, prend dans ses bras son successeur...

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Ce sont les kikis qui l’ont remplacé. Bryan par intérim au gré de nos besoins (à droite sur la photo), et Jérôme (à gauche) qui est devenu le titulaire du poste depuis le mois d’octobre : attention, ne vous y fiez pas à son allure de gentil garçon, il sait très bien se faire respecter !

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Pour clôturer le ballet des allées et venues : on a enfin trouvé en la personne de Yasin, l’assistant rêvé de Méziane pour surveiller et encadrer les soirées. Les langues de vipères racontent que l’élève pourrait devenir aussi méchante que son maître.

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Le reste de notre staff est resté stable : Gilou aux platines, Virginie à la caisse, et Méziane partout et toujours !

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NB : Précision sur notre équipe.
Beaucoup se mélangent les méninges à notre sujet. La Boîte à Frissons, structure que j’ai créée en 1997 est accueillie au Tango, salle plus que centenaire. Il y a donc deux équipes qui travaillent ensemble depuis 14 ans : le bar et le vestiaire d’une part (Le Tango) et l’animation d’autre part (La Boîte à Frissons, de votre humble Taulière, qui assure la musique et autres festivités en vous faisant payer un droit d’entrée à la porte).

vendredi 31 décembre 2010

Les kikis du Tango (RETRO 2010-1)

En cette fin d’année, Madame Hervé évoque son bastringue, grands et petits bonheurs d’une année écoulée, et perspectives pour la suite du show. Aujourd'hui : les kikis du Tango. Qui sont-ils ? Comment ont-ils débarqué ? Pourquoi je les aime tant ?

Ils sont jeunes, lorsqu’ils débarquent, souvent via le MAG (association des jeunes LGBT), ils sont à peine majeurs (mais ne boivent pas d’alcool !). Leur coup de foudre pour La Boîte à Frissons est quasi immédiat. Madame Hervé les repère rapidement et commence à tourner autour d’eux : « bonjour mon chéri, tu fais quoi à l’école ? » (L’ancienne prof n’est jamais loin). Une petite caresse, un tripotage plus drôle qu’équivoque, et le jeune est adopté, il devient un kiki : un habitué du bal, toujours dans les jupes de la Taulière. Il finit par monter sur scène avec la folle académie, informe DJ Gilou des dernières nouveautés, pas encore à la mode, mais que nous devons impérativement passer pour ne pas devenir ringards. Le kiki est frais, gentil (quoique…il ne faut pas trop s’y fier, il fait partie de la génération gossips et, à l’usage, s’avère très langue de vipère), il est expert en Textos-FaceBook et autres subtilités NTI (c’est bien pratique pour s’y initier) et le plus souvent célibataire (disons qu’il rêve du grand amour mais en l’attendant ne se prive ni de rencontres sur Internet, ni de virées au Sun City).

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L’autre jour alors que j’arrivais un peu en retard, les kikis se prélassaient sur la banquette, juste à côté de l’entrée. En me voyant ils se sont mis à minauder et un client qui nous observait m’a fait cette remarque perfide : « dis donc, avec ce comité d’accueil tu fais vraiment Taulière ! » Et moi de lui répondre : « Et bien non, c’est Le Tango ici, pas un bordel de Bangkok ! ». Car si le kiki me rend heureux, je ne couche jamais avec (hélas ! LOL). Comme me l’avait fait gentiment remarqué l’un d’eux avec qui j’avais vaguement tenté l’affaire : « tu sais, tu as largement l’âge de mon père ou de ma mère, et on ne couche pas avec ses parents ! » Je me suis donc fait une raison, avec joie du reste : ils m’ont bel et bien intégré sur un autre registre, et me prennent pour une sorte de mère-hybride, vraiment folle !

Bonne année aux kikis, c’est un bonheur de vous avoir parmi nous !

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jeudi 2 septembre 2010

Suzanne et Marie Paule : le film !

Un extrait du film "La Petite Vertu" réalisé par Lalla Kowska-Régnier. Le trav-trash-musette un dimanche soir...


mercredi 1 septembre 2010

Suzanne et Marie Paule : le trav trash musette (souvenirs 3)

En feuilletant ses albums photos Madame Hervé se souvient. Aujourd'hui le monde des vieux travelos qui venaient à la Petite Vertu.

Elles ont débarqué toutes les deux au premier bal des travs, en juin 1998. L’air de rien, souriantes, très à l’aise. J’avoue : on les a tout de suite adorées. Des vieux travelos on ne peut plus authentiques. Un couple improbable nommé : Suzanne et Marie Paule.

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Et en matière de travelos, à l’époque je n’y connaissais pas grand-chose. C’est une copine transsexuelle qui m’avait soufflé l’idée de ce bal. Et je ne sais pas par quel circuit Christine, la tenancière de la MDT (Maison du Travesti) avait été avertie, mais il était clair qu’une bonne partie du public travesti « authentique » venait par son biais, dont Suzanne et Marie Paule.

Suzanne parlait comme un titi parisien, et racontait des bonnes blagues rigolotes. Marie Paule était plus féminine et fofolle. De suite j’ai sympathisé avec elles. Notamment parce que j’avais découvert que Suzanne jouait de l’accordéon et adorait le musette, et je lui ai proposé de venir animer un bal au Tango. Marie Paule, elle, voulait chanter. C’est ainsi que débuta ce que j’ai appelé le « Trav-Trash-Musette ». Elles n’étaient pas vraiment trash, mais leur duo avait un tel look, qu’il provoquait toujours sur le public un effet certain ! C’était quelque chose de les voir ensemble ! Par la suite, elles se sont produites un dimanche par mois dans notre bar-restaurant La Petite Vertu où, en dehors de nos clients, elles attiraient une bande de copines toutes aussi inaccoutumées les unes que les autres.

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En dehors de cette ambiance inattendue, elles m’ont fait découvrir tout un monde de vieux messieurs qui avaient attendu la maturité, et parfois la retraite, pour s’adonner au plaisir de s’habiller en femmes. Pas seulement s’habiller, mais également vivre pleinement une sexualité assez libre. Ainsi, Suzanne était une dominatrice, nous rigolions des histoires salaces qu’elle nous racontait, parce que nous ne savions pas quelle en était la part de réalité et de fantasme. Jusqu’au jour où l’on vit débarquer à la Petite Vertu un grand gaillard qui ressemblait plus à un bagnard qu’à un gay body buildé du Marais. Il a réclamé Suzanne et s’est assis sagement pour l’attendre. En arrivant, Suzanne l’a ignoré, il n’a pas bronché et attendu la fin du show pour aller se présenter et discuter avec elle. La conversation s’est terminée par un échange de coordonnées et un baisemain poli. Je demande à Suzanne : - C’est qui celui là, il nous a fait un peu peur en arrivant. - Oh non, il n’est pas méchant, il va venir faire le ménage chez moi. - Le ménage ? - Oui et crois moi, il a intérêt à bien frotter s’il ne veut pas se prendre une raclée… Et elle s’est mise à nous détailler l’organisation prévue pour ce type d’occupation : Marie Paule servant d’hôtesse d’accueil et le gaillard à fesser qui devait marcher à quatre pattes sans lever les yeux sur la maîtresse.

Nous étions pliés de rire, quoique Suzanne elle, était très sérieuse ! Nous savions à présent qu’il fallait se fier à la rumeur : Suzanne jouait de l’accordéon, mais elle maniait aussi à l’occasion le fouet.

A suivre... dans quelques jours je vous montrerai un film tourné à La Petite Vertu avec nos deux amies.

vendredi 6 août 2010

La cantine gay chez Solange (souvenirs 2)

Cet été Madame Hervé se plonge dans ses albums photos et vous raconte ses souvenirs.

Certains petits restaurants de quartier se sont vus investis, à l’insu de leur plein gré, par un public gay. Sans rien faire pour le devenir, ils sont devenus nos « cantines ». « Chez Solange », rue de la Grange aux Belles dans le 10ème, en était une fameuse.

Il me revient à l’esprit plusieurs de ces restaurants, à clientèle tout à fait « normale » le midi, et envahis le soir par une nombreuse population masculine. Vous ne retrouverez jamais leurs adresses dans les guides gays. Il s’agissait de bonnes tables, plutôt populaires, offrant un excellent rapport qualité prix. Mais il y existait aussi une autre attraction : l’accueil et la personnalité de la maîtresse des lieux.

Aux débuts des années 80 j’allais au « Rocher de Cancale » (rue de la Tacherie), vaste salle avec des tables recouvertes de toile cirée. Pour Noël la drôle de patronne nous offrait toujours des cadeaux immondes : un peigne en plastique dans un étui monstrueux, ou un porte monnaie bien viril, en faux cuir cheap. Quelques années plus tard, et une rue adjacente plus loin, j’étais un habitué d’un charmant restaurant rue de la Coutellerie où la mère du patron, Thérèse, était devenue sans en prendre conscience, une vraie fille à pédés.

Mais ma cantine la plus folklo, vraiment dingue, fut « chez Solange », situé d’abord rue Bichat, puis en version agrandie rue de la Grange aux Belles. Je suis un peu fier, car c’est moi qui avais lancé cette adresse auprès des gays. J’y allais au début avec des amis hétéros avec qui je venais de créer un journal de quartier, La Gazette du Canal. Peu à peu j’ai pris l’habitude d’y amener des amis gays, et Solange a mordu à nos provocations : elle était prédisposée pour apprécier notre humour. Peu à peu, son restaurant, avec il est vrai un menu très bon marché, ne désemplissait pas. Son mari était en cuisine, et heureusement, car il était ouvertement homophobe (un gros beauf en fait). De nombreuses associations gays y ont organisé leurs repas, Les Gais Musette bien sûr, des sportifs, ainsi que Les Caramels fous (Du reste on a tous pensé que leur spectacle « la vie rêvée de Solange » lui était dédié !).

Solange officiait dans une salle immense, où elle servait, souvent seule, plus d’une centaine de repas. Parfois le jeune fils de son mari l’aidait au service, un petit mignon un tantinet folle, que nous encouragions discrètement à faire son coming out. Seul son idiot de père ne voulut rien admettre. Ce n’est qu’au retour de son service militaire que tout le monde a du se mettre à l’évidence, le petiot était bel et bien des notres ! La maîtresse des lieux était ravie.

Solange était une force de la nature, mais derrière sa jovialité se cachait une vie moins drôle que j’ai peu à peu découverte. Habitant dans la même rue, je la croisais très souvent en journée, accompagnée d’un gros berger allemand qui me faisait toujours peur, mais qui lui obéissait au doigt et à l’œil. Elle bossait du matin au soir, et en fait, se faisait exploiter par son mari, qui n’était pas un tendre. Elle allait faire les courses, portait le linge à laver, nettoyait le restaurant… Un jour elle s’est endormie au volant de sa camionnette, une autre fois elle s’est avachie à même le sol dans le restaurant où elle s’est réveillée surprise par le petit matin…

Mais avec nous elle vivait les bons moments de sa vie. Elle adorait plaisanter sur toutes les questions qui se concentrent en dessous de la ceinture, et elle rêvait d’un bel amour qui l’aurait éloigné de son méchant mari (la fin de l’histoire fut belle : elle quitta sa brute, rencontra un homme charmant, et aux dernières nouvelles continue de roucouler avec lui, qui est tendre et gentil). Son univers était son restaurant, et elle y avait aménagé son musée personnel, composé de toutes les photos prises par et avec les clients (voir photo ci-dessous). Elle avait aussi toujours un énorme bouquet de fleurs fraîches dans un coin de la salle, sa petite folie à elle, une beauté à qui elle pouvait sourire et qu’elle nous montrait avec fierté.

Pour nous autres, pédés, perdus dans la capitale, plus ou moins esseulés, en tout cas toujours en manque d’une ambiance familiale libre, où nous pouvons à la fois savourer le bonheur d’être entourés, sans être obligés de brider nos passions homosexuelles, ce restaurant était vraiment un refuge.

Solange tu me manques !

Le musée personnel de Solange : elle avec ses charmants clients !

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jeudi 29 juillet 2010

Le temps des souvenirs : série d'été (1)

L'été est propice aux souvenirs. En septembre le bal de La Boîte à Frissons va fêter son 14ème anniversaire. Du coup nous nous sommes plongés dans nos albums photos... 10 juillet 1998, une soirée spéciale "départ du tour de France"...

A l'époque j'étais fan du tour de France, pas seulement pour contempler les cuisses des coureurs enveloppées de Lycra, mais aussi pour son ambiance. Et j'avais en tête la Yvette Horner, perchée sur un toit de camionnette décapotable, jouant de l'accordéon.

Cette soirée a été un fiasco total, les deux seules personnes déguisées dans la salle étaient mon ami Bernard (qui à cette époque assurait l'accueil à l'entrée) et moi même... Notez que je ne me travestissais pas encore, Madame Hervé n'est apparue que deux années plus tard.

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De notre programme musical spécial "pédales", nous avons gardé à notre répertoire de première partie de soirée la chanson "Fais du vélo" interprétée par Georgette Plana.

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