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mardi 29 mai 2012

Gloire et beauté au tournoi de sports LGBT

Madame Hervé qui n’a jamais été sportive fait néanmoins l’éloge des sportifs LGBT qui ont organisé le TIP le week-end dernier. Elle regrette néanmoins l’absence de compétition pour les travelos !

« Le rendez-vous de Paris » réunissait samedi dernier les virtuoses de la danse à deux « same sex », et cela dans le cadre du TIP (tournoi international de Paris). Une compétition bon-enfant qui en dit long sur le chemin parcouru depuis l’apparition des associations sportives gays et lesbiennes au milieu des années 80.

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Dans le monde LGBT les sportifs constituent le gros bataillon des troupes : ils sont les plus nombreux et les mieux organisés. Moi qui ai peu l’esprit de compétition, je dirai que l’efficacité de leur fédération (la FSGL) constitue la démonstration que le caractère quasi militaire des machineries sportives a de bons côtés. Avec eux, tout tourne : délégations du monde entier accueillies, hébergées, encadrées. Locations de salle tous azimuts aux quatre coins de Paris. Fête finale dans une grande salle sans mégalomanie, et donc gestion financière rigoureuse, le tout encadré par une équipe bénévole hyper sympa. Bref un esprit que l’on aimerait trouver partout ailleurs dans le monde associatif.

Et du coup je ne peux m’empêcher de penser très fort, et avec beaucoup d’émotion à mon ami Dominique Poggiale, un des fondateur du CGPIF (ancêtre de la FSGL) en 1986 (la Taulière est ainsi, elle ressasse !). La première fois qu’il m’a parlé de cette idée de clubs de sport gays j’ai rigolé. Du sport de pédé ? Moi qui vomissais tous mes souvenirs de vexations et d’ennui dans mes cours de gym à l’école, sans parler des frustrations honteuses ressenties dans les vestiaires. Mais Dominique, par ailleurs militant politique et syndicaliste, m’avait exposé sa conception : « C’est pas parce que t’es pédé et que tu risques des insultes que tu n’as pas droit au plaisir de faire du sport. On va se créer un environnement dans lequel on sera nous-mêmes ». Depuis Dominique est mort du sida, il serait tellement fier et heureux de voir comment sa petite fédération a évolué.

Pour les Gais Musette, ce fut exactement la même chose : puisqu’il n’était pas facile d’aller danser la valse entre mecs dans les bals populaires, nous avons créé un autre environnement, où cette fois, « entre nous » nous pourrions nous adonner à notre passion. Là encore bravo pour le chemin parcouru depuis 1995 (date du 1er bal gai musette). Samedi la compétition avait lieu dans un gymnase municipal, devant un public très mixte, les gens du quartier s’arrêtaient devant la grande porte ouverte et jetait un coup d’œil en appréciant la performance des danseurs et des danseuses.

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Quand je pense que l’on nous bassine depuis des années avec la phobie du communautarisme. La communauté, lorsqu’elle porte des bons projets, travaille avec un bon esprit et s’organise bien, elle fait des merveilles.

PS :
Je regrette beaucoup que ma grande amie Candy Lafolle ne m’ait pas accompagné à ce concours de danse (parfois les folles s’égarent dans des plaisirs plus artificiels et moins authentiques). Elle aurait pu faire une description des couples de danseurs modelés dans de bien curieuses tenues ornementées de strass et de paillettes. Elle se serait extasiée devant la variété des couples de femmes, aux tenues peut être pas très heureuses. Elle aurait regretté l’absence d’un couple de travelos qui aurait pu porter le numéro 69 (année de naissance officielle et factice de Madame Hervé). La danse quick step l’aurait fait sursauter tant cela semblait tout à coup devenir une compétition de patinage artistique. Enfin, peut-être aurait-elle tout à coup rêvé de voir surgir un couple de jolis danseurs en tenue légère (genre shorty lycra) ou entièrement revêtus de cuir seillant.

Je n'ai pas résisté au plaisir d'immortaliser ma visite. Le couple de danseurs a été choisi par hasard...

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vendredi 4 mai 2012

Réunionite illusoire pour une fusion annoncée

Les préparatifs de la fusion du Centre LGBT et de l'Inter LGBT se poursuivent dans l'indifférence générale. La suite du feuilleton raconté par notre Kroniqueuse.

Les premiers épisodes de ce feuilleton :
Episode 1 : Le combat pour un autre Centre LGBT
Episode 2 : Mettre de l'ordre dans le mille feuille associatif.

Je me suis donc rendu hier à l’ultime réunion de préparation de la fusion entre le Centre LGBT et l’Inter. Cette fois était annoncée « la finalisation » du projet. Pour l’occasion nous avons eu droit à un exposé (toujours avec ce satané power point) d’une professionnelle juriste (budget de la prestation entre 6 et 7000 euros). Elle a présenté toutes les hypothèses, et j’ai surtout noté qu’elle employait à présent sans complexe le terme de « fusion ». Adieu donc le rapprochement ! On ne sait pas trop qui va absorber l’autre, mais au niveau du fonctionnement il est clair que c’est l’Inter qui impose au Centre un fonctionnement très subtil : un CA de personnes physiques, un conseil d’orientation dominé par les personnes morales et beaucoup de réunions-débats en perspective. J’ai trouvé que le tout était encore bien approximatif et compliqué : imaginez une répartition de l’assemblée par collèges de membres différents, assorti d’une pondération pour compenser l’absence possible des représentants des associations. Si comme moi vous n’y comprenez rien, ne vous inquiétez pas car le Président de l’Inter nous a encouragé à nous lâcher : « il n’y a pas de questions bêtes » a-t-il dit. J'ai souris car j'ai pensé : non, c'est juste le projet de fusion qui n'est pas très malin.

La discussion est restée très technique, il va sans dire qu’à aucun moment la question du pourquoi d’une telle fusion ne leur a effleuré l’esprit. On a parlé fonctionnement, gouvernance, modalités d'adhésion. Pour quoi faire ? La même chose qu’avant, mais plutôt que d’avoir deux associations spécialisées on en aura qu’une. Parce que soit disant, l’union fait la force : « Tous ensemble, tous ensemble ! »

Ce qui était clair est que pour l’instant cette union a des allures de peau de chagrin ! Dans la salle des mariages de la Mairie où se tenait la réunion (un symbole a cru bon de souligner la juriste rémunérée), il y avait en tout et pour tout une trentaine de personnes, plus de la moitié faisaient partie du groupe de travail, du CA du Centre ou de l’Inter. J’ai bien compté, au moins 5 ou 6 associations représentées, sur plus d’une centaine adhérentes des deux structures, cela ne fait pas beaucoup !

D’où ma question ? Pourquoi cet entêtement ? L’indifférence générale des associations LGBT pour cette fusion est flagrante. C’est la troisième réunion qu’elles ignorent ! Mais les technocrates s’en moquent, ils ont conçu cette fusion et iront jusqu'au bout, quitte à se retrouver sans troupes.

vendredi 13 avril 2012

Le MEGA CENTRE pour mettre de l'ordre dans le mille-feuille associatif

Suite du feuilleton sur la fusion Centre-Inter LGBT, notre kroniqueuse assistait à la réunion d'information d'hier soir. Au programme : présentation de l'organigramme et de la gouvernance... Le tout signé : power point, le logiciel qui remplit les creux de la pensée.

S’est donc tenue hier soir une réunion de présentation du projet. Moi je m’amuse parce que dans cette histoire, une chose est certaine, rien qu’à observer la manière dont ils s’y prennent pour nous faire avaler leur fusion, on a une idée de ce que cela va être.

La réunion était prévue depuis plus d’une semaine, mais c’est le jour même que l’on a reçu le document Power Point, lequel nous a été présenté pendant plus de 30 minutes au cas où nous ne saurions pas lire. Ah quel beau projet : organigramme détaillant toutes les futures actions des trois pôles (publics, inter-associatif et revendicatif), chaque pôle étant lui-même décomposé en plusieurs équipes, l’ensemble chapeauté par une gouvernance hyper simple, d’une part une AG annuelle, qui élit un CA détaillé, mais aussi un conseil d’orientation qui décide des affaires stratégiques. On a entendu le beau vocabulaire du Président de l’Inter : « temporalité », « synergie », « légitimité de son pôle pour candidater », « sanctuariser certaines fonctions », la mise en place de « fundraising ». Il me faisait un peu penser aux personnages de la World Company dans les guignols, en moins drôle bien sûr.

Pour éviter l’ennui je me suis amusé à compter les personnes présentes dans la salle (une petite trentaine), et je me suis dit qu’au moins avec tous les postes de responsables prévus, tout le monde pourra trouver sa place. Quoique la Présidente du Centre nous a expliqué que pour elle toutes ces responsabilités avaient été « une souffrance » (la salle était émue). Le nouveau conseil d’administration prévoit une vingtaine de personnes. En revanche il ne leur faudra pas avoir de vie privée, étant donné toutes les réunions en perspective : équipe, pôle, conseil d’orientation, CA, bureau. Y’a un côté soviétique, mais l’autogestion pourquoi pas, c’est sympa ! Sauf que si j’ai bien lu, cette fois ce sont les associations qui auront le dernier mot. Comme l’a dit le Porte parole de l’Inter à l’AG du Centre, « l’inter c’est la tête, le Centre les jambes », dans le Méga Centre les petits volontaires bien mignons n’auront qu’à suivre les orientations stratégiques du grand conseil, leur voix sera minoritaire, presque consultative (2/3 pour les assocs, 1/3 pour les personnes physiques).

La discussion a commencé. Tous les intervenants ont été d’une politesse surprenante : « bravo pour votre énorme travail, quel beau projet ! » (Ils sont hypocrites ou quoi ? Ce projet est un délire de technocrates totalement déconnectés de la réalité du travail quotidien des associations, il n’a pas d’autre objectif que de satisfaire l’ambition personnelle de quelques-uns qui nous ont montré leur efficacité en dépensant des dizaines de milliers d’euros pour s’organiser un meeting qui a fait un vrai flop médiatique, pourtant grand objectif affiché avant sa tenue). Y’a bien eu quelques questions qui se voulaient gênantes (« mais pourquoi donc être si pressés de faire passer ce projet ? ») mais le porte parole de l’Inter, qui a toujours le sens de la bonne formule a tout expliqué, pourquoi ce projet si rapide ? « Pour simplifier le mille-feuille associatif » a-t-il dit, en ajoutant qu’à Nantes, ils étaient unis, eux, et qu’ils trouvaient insultant nos petites discussions et hésitations.

Il a oublié de dire qu’à Nantes, il n’y avait pas plus d’associations que celles qui étaient présentes dans cette réunion, et qu’un printemps des associations à Nantes tiendrait dans le rez-de chaussée du Centre LGBT de Paris. Tiens c’est vrai, pouvons-nous suggérer à ces grands concepteurs de l’avenir du mouvement LGBT français de s’interroger : pourquoi ce « beau projet » ne suscite décidément aucun élan collectif ? Pourquoi rament-ils autant avec leurs diaporamas power point ? Leur idée ne serait-elle pas tout simplement mauvaise ?

Je suis parti avant la fin de la réunion, affamé. J’avais envie d’aller croquer un beau mille-feuille, un bien gros, quand on croque dedans la crème déborde et se répand partout. Ce n’est pas propre, mais qu’est-ce que c’est bon !

jeudi 29 mars 2012

Le combat pour un autre Centre LGBT

Ne ratez aucun épisode du feuilleton lgbt-esque de l’année : la fusion du Centre LGBT Paris ÎdF et de l'Inter LGBT. Madame Hervé résume les premiers épisodes et vous éclaire sur tous les tenants et les aboutissements.

- Fin décembre :

Madame Hervé, Taulière du Tango, mais aussi vieille militante passionnée de mémoire lgbt, s’offusque dans son blog du projet de fusion entre le Centre LGBT et l’Inter LGBT.

- Début Janvier 2012 :

La Présidente du Centre pique une grosse colère. Madame Hervé qui était jusqu’à ce jour une bonne copine, bienfaitrice des associations lgbt, est trainée dans la boue, invitée à se retirer du Centre, soupçonnée des pires ambitions personnelles, accusée de n’être qu’une vile patronne mercantile.
Pendant ce temps, on apprend qu’un mystérieux groupe de travail élabore un projet de rapprochement entre le Centre lgbt Paris ÎdF et l’Inter lgbt. Il serait composé, entre autres des policiers (le FLAG) et des « personnes qui exercent des responsabilités en entreprise » (L’autre Cercle, souvent surnommé le rotary club gay et lesbien).
Le combat au Centre LGBT s’engage !

- Fin janvier :

Certains voient dans tout cela une simple querelle personnelle : ils ont presque le même âge, ils se connaissent depuis longtemps, Madame Hervé, devenue en l’occurrence « Monsieur Latapie » et Christine Le Doaré, CLD en abrégé, entament un grand combat pour le pouvoir, la lesbienne contre le gay. En fait derrière cette polémique s’affrontent bel et bien deux conceptions de la vie militante. Mr Hervé défend le travail de terrain (l’accueil, la prévention, la culture), et CLD privilégie la communication politique (faire du lobbying).
Monsieur Hervé décide d’appeler à la mobilisation, constitue un groupe facebook, réunit un début d’équipe. On les nommera les « pro-autonomie ». CLD dispose de la maitrise du Centre, elle est entrée au conseil d’administration en 1999 (Présidence de Caroline Fourest) et en est Présidente depuis 2005.

- Début février :

En croyant simplement dénoncer les horribles intentions de ce projet de fusion, les pro-autonomie découvrent l’ampleur des dégâts au Centre LGBT. Les témoignages affluent. CLD a instauré dans le Centre un climat délétère : absence de démocratie, autoritarisme, pression morale sur les dissidents, turn over des salariés et départs fracassants de volontaires. Au bout du compte le Centre vivote, délaisse la prévention du sida, se complet dans un décor affreux, présente un programme culturel peau de chagrin.
Pendant ce temps, dans l’ombre, le Président de l’Inter LGBT (Thomas FL), assisté de son porte parole (Nicolas G) continuent d’œuvrer avec CLD : Ils veulent aller vite, que l’Inter s’installe au Centre, qu’une commission politique y soit introduite, que le Centre regroupe à terme tout le monde lgbt, qu’ils puissent produire de beaux communiqués de presse, devenir importants. En bons managers, ils pensent « synergie », « regroupement », « économies d’échelle » et font rêver tous les gentils militants associatifs : bientôt l’union fera la force et les LGBT triompheront. Du reste pour les présidentielles leur joujou va être d’organiser un meeting dans une salle prestigieuse, comme font les grands partis politiques : en une soirée ils vont dépenser des milliers d’euros et comme ça ils espèrent passer au 20 heures de TF1 !
« Les motivations de l’engagement associatif lgbt », voilà ce qui serait un beau thème d’article people pour le magazine masculin Têtu.

- Fin février :

Et la mobilisation se mit en place. Les pro-autonomie se mirent à cogiter. Et si au lieu de faire cette fusion mégalo on faisait vraiment du Centre LGBT la maison de toutes et tous. Si on faisait en sorte que l’on y soit accueilli dans un cadre plus fun (mince on est des folles, la décoration intérieure c’est très homosexuel, non ?). Et si on reprenait en mains la prévention du sida chez les gays ? Et si le Centre devenait un grand lieu d’élaboration de la culture lgbt, un lieu où l’on irait écouter nos anciens raconter leur vie et où des jeunes universitaires viendraient présenter leurs études de genre (très à la mode le genre !).
Un site fut mis en ligne pour présenter ce projet et une réunion publique organisée dans le bar mythique Le Duplex. Objectif : se présenter à l’assemblée annuelle du Centre pour proposer ce programme et se faire élire au conseil d’administration.
Imaginez le défi et l’ambiance juste avant cette AG. Un groupe de copains copines, des militants de tous âges, des débutants et surtouts débuTANTES, entraînés dans une dynamique collective, juste pour se mettre au travail, imaginer, faire évoluer, améliorer. Tout ce monde pensait être accueilli à bras ouverts : vous en connaissez beaucoup vous aujourd’hui, en ces temps de pénurie de militants, des gens prêts à s’investir bénévolement pour la Cause ?
C’était bien mal évaluer la capacité de la Présidente du Centre à régner sur son monde.

- 3 mars 2012 :

Ce fut le grand jour : l’Assemblée Générale du Centre ! Camionnette de la police stationnée dans la rue, CRS en uniforme devant la porte, inspecteur des RG en civil dans le hall d’entrée. L’AG a été conçue comme un combat par la présidente qui nous a pris pour de vulgaires putschistes. Micro à la main, lieutenants à ses côtés, liste des électeurs soigneusement épurée, pouvoirs de vote préalablement bien distribués, statuts allègrement foulés, vote à bulletin secret refusé, CLD a donné le meilleur d’elle-même. Le combat n’était pas loyal. Les pro-autonomie n’ont même pas eu l’occasion de présenter leur projet, alors que celui de la fusion fut longuement exposé avec un power point fastidieux (je suis allergique à power point, le logiciel qui révèle votre manque de charisme !).
La grande majorité des volontaires du Centre ont voté pour CLD, y compris ceux et celles qui dans les couloirs se plaignaient des méthodes de la Présidente et de l’ambiance plombée. Mais il est vrai que pour finir de les convaincre de la suivre, elle leur a promis de quitter le Centre dans six mois… A moins justement que cette fameuse fusion se fasse, dans ce cas elle pourrait rester, à un autre poste, il parait qu’elle rêve de devenir la « porte parole ». Douée comme elle est pour le dialogue et la synthèse, cela promet !

- Mars 2012 :

Depuis l’AG l’ambiance ne s ‘améliore pas. Des rumeurs de chasse aux sorcières circulent, des courriers menaçants sont envoyés aux volontaires de l’opposition, CLD aimerait que les démissions tombent.
En revanche l’Inter LGBT prend déjà ses marques, ses responsables deviennent omni présents : ils montrent déjà à quoi ressemblera leur future méga structure fusionnelle ! Ils installent une salariée dans un bureau du Centre, et se réunissent beaucoup (si certaines associations membres ont du mal à obtenir de temps en temps une salle, ce n’est pas le cas de L’Inter !). Ils préparent avec fébrilité leur grand meeting aux Folies Bergères, sous l’œil effaré des anciens militants : comment peut-on dépenser autant d’argent en si peu de temps ? (un trésor de guerre durement acquis après une faillite retentissante en 1996) Espérons que le show sera à la hauteur des sommes engagées…

Et nos « pro-autonomie » ? Où en sont-ils ? Comment vont-ils réagir après leur déconfiture ? Vous le saurez bientôt en lisant les prochains épisodes de ce feuilleton !

Rejoignez le groupe facebook : "Pour un centre LGBT autonome et dynamique".
Le site internet des pro-autonomie.
Contact : centrelgbt.autonome@gmail.com

mardi 22 juin 2010

La pièce Un coeur en Herbe vue par Candy Lafolle

Une nouvelle venue sur Facebook, au nom explicite de Candy Lafolle, m'a adressé ce matin sa critique de la pièce de Christophe Botti jouée ces jours-ci au Tango.

“Mais si, je suis un fauché !” dis-je à Mme. Hervé travelotté en Monsieur Hervé à la caisse du Tango. J’essayais de le convaincre que je n’étais qu’un pauvre étudiant pour qu’elle me fasse le tarif réduit pour assister à la pièce Un Coeur en Herbe. Un sourire et des yeux doux plus tard, je pénétrais un Tango, transformé en salle de théâtre le temps de quelques représentations de la pièce de Christophe Botti.

Un charmant jeune homme fait l’ouvreur, un autre m’installe et un dernier tient le bar. La petite scène de la Folle Académie est agrandie, des chaises recouvrent la piste. Le décor situe déjà l’action : une bibliothèque, un bureau et deux piles de livres. La salle se remplit très vite, les gens se bousculent pour s’installer avant l’extinction des lumières, et on est parti pour un orgasme qui dure une heure et demi.

Les lumières s’éteignent, et on plonge directement dans le bureau de Jacques, auteur âgé d’une cinquantaine d’années. Il accueille chez lui Mathan, jeune étudiant innocent qui débarque à Paris pour ses études. L’étudiant est fan de l’auteur. Jeu de séduction très feutré après leurs échanges sur le net... Pour combler le tout, le mari de Jacques, Olivier, un gym queen d’une trentaine d’année, fait irruption dans l’appartement. Méchancetés, vitupérations et défis. La pièce gay classique ?

Pas du tout. Les thèmes semblent clichés mais sont comparables aux albums de Madonna. On les a vu maintes fois, mais présentés comme ils le sont, ça semble original. Pour une fois, dans une pièce à caractère gay, on traite la jalousie non comme une pathologie mais comme un sentiment normal assimilé à l’amour et la sincérité. La jalousie d’Olivier face à la nouvelle relation entre Mathan et Jacques - qui ne reste que platonique ; le dépit de Jacques face à Olivier et son amant Rémi, et Mathan perdu dans ce méli-mélo d’émotions. La jalousie et la possessivité justifiées, surtout à travers le monologue d’Olivier, pour qui l’amour et le sexe sont deux choses différentes, alors que pour Mathan, les deux sont indissociables. Contrairement aux autres personnages de la littérature gay qui sont souvent plats (de caractère), ici les personnages sont entiers. Ils ont des opinions, y croient dur comme les muscles d’Olivier, et chacun se dispute avec l’autre pour prouver qu’il a raison. Jacques, dont la voix de la sagesse est de temps en temps muselée par son désir ; Olivier, qui ne prononce pas deux phrases sans “queue” ou “baise” mais qui néanmoins est toujours, à sa manière amoureux de Jacques, et Mathan, avec ses idéaux de la vie à deux.

Chaque membre du public qui a un minimum de vécu et d’expérience s’identifie à un moment ou à un autre, à un, voire plusieurs des personnages. Le coup de maître de auteur est de concentrer tous les aspects et traits de caractère des gays actuels dans trois personnages (les gays de droite, ceux qui tapent sur les homophobes, ceux qui veulent partager leur savoir, ceux qui veulent aider les jeunes, ceux qui ont toujours leurs illusions, ceux qui veulent des enfants, etc). Une tranche de vie où l’amour, la méchanceté, l’ego, la différence de génération et le désir sont concentrés en une heure et demi.

Des répliques qui seront bientôt cultes, un texte drôle, léger mais pertinent et surtout sans euphémismes servi par trois acteurs brillants. Surtout Jacques. Il est pétillant, attachant, regarde le public avec exactement le regard qu’il faut pour leur arracher leurs larmes ou leurs sourires, une vraie présence sur scène. Je l’ai nommé, sans exagération, la Duse du Tango. Cela dit, les deux autres ont leurs charmes aussi ! La scène hot entre Olivier et Mathan en slip, ou encore, Olivier enserrant de ses biceps tendus le jeune Mathan, digne d’une photo de Bob Mizer.

De quoi clore la trilogie “Un Coeur” en grande pompe...

Retrouvez Candy Lafolle sur facebook.

Mathan ( Romain Poli), Olivier (Samuel Perche) et Jacques (Philippe Rambaud) sur la scène du Tango : ciel mon mari ! ciel-mon-mari-.jpg

vendredi 22 mai 2009

Follophobie débile dans un nouveau bar à cul.

Ou pourquoi le commerce gay périclite !

J’étais plutôt de bonne humeur hier soir quand je me suis rendu au nouveau bar à cul Secteur X, installé à une adresse historique, rue des Blancs Manteaux. Je n’ai rien contre ce genre de sexe club, au contraire, il en faut pour tous les goûts.

Bien entendu en entrant je ne pouvais pas m’empêcher de penser aux soirées passées ici du temps du merveilleux Piano Zinc (de 1981 à 1998). Mais non je n’étais pas nostalgique, juste curieux et émoustillé, comme à chaque fois que je découvre un nouveau lieu et que j’espère y faire une rencontre sexy. C’est donc avec le sourire que j’ai salué les trois ou quatre clients qui étaient attablés autour du comptoir. Le barman a même été sympa et j’ai eu droit à un « bienvenue ». J’avais très envie de faire pipi, et j’ai dû commander et payer ma consommation avant d’être autorisé à descendre aux toilettes. (Cette manie de la lumière tamisée dans les chiottes, on ne peut même pas voir si c’est propre ou pas).

Le décor ? Sombre, parfait si vous aimez avoir l’impression d’être coincé dans un parking souterrain.

Ah oui, le whisky à 9 euros le verre. « Mais le vestiaire est compris » précise le barman. Je me tourne donc vers son collègue au bout du comptoir, et je m’adresse à lui en l’appelant « mon petit chéri ». Il n’est pas du tout mon style de mec, mais j’avais envie de faire la folle. Et je vois à sa tête que cela ne lui plait pas, au point qu’il me répond sèchement : « ici c’est un bar pour les mecs » !

Je lui rétorque à ce super viril que sans les folles, son bar minable n’aurait jamais existé, et que sa tirade est vraiment mal venue dans ce local mythique de la follitude parisienne. Le barman en rajoute, visiblement énervé de cette référence au passé : « oui on sait, le Piano Zinc, mais maintenant cela n’a plus rien à voir… ». Comme si je n’avais pas remarqué ! J’ai ramassé mes affaire, outréE et j’ai juré de ne plus jamais y remettre les pieds.

Suis-je une mauvaise ? Franchement, un bar à cul de plus, sans aucune originalité, au décor gris… Ils n’aiment pas les folles ? Ils préfèrent sans doute le sexe triste. Sans moi !

lundi 6 avril 2009

La cantine sympathique

Le Gai Moulin, un classique du Marais

Certains s’imaginent que je ne suis qu’une langue de vipère, une de ces folles méchantes, incapable d’apprécier quoique ce soit, juste bonne à critiquer, histoire de ruminer ma frustration sexuelle.

Ils ont tort. Car je sais aussi apprécier les endroits sympas, pas prétentieux, efficaces, où existe une vraie convivialité.

Ainsi un dimanche soir, je suis allé dîner au Gai Moulin. Parfaitement, une cantine ! Mes fréquentations snobs m’avaient prévenues « le Gai Moulin c’est dégueulasse mais pas trop cher ». Aussi je ne me faisais aucune illusion en entrant là dedans. J’avais juste envie d’une ambiance cantine, comme du temps du Rocher de Cancale, de chez Solange rue de la Grange aux belles (la cantine gay la plus incroyable que j'ai jamais connue) ou au Tapis Franc de la belle époque.

Quelles sont les qualités d’une bonne cantine : un prix raisonnable, voire bon marché, un menu qui offre assez de choix pour pouvoir aller y manger souvent sans se lasser, un accueil sympa et personnalisé, enfin une clientèle d’habitués pas coincés. Et bien c’est ce que j’ai retrouvé au Gai Moulin. C’était dimanche et le patron n’était pas là, mais son personnel est charmant, mignon, souriant et aimable (incroyable mais c’est pas la norme du Marais !). Le menu est varié, la bouffe correcte pour le prix (22 euros le menu complet). Et pour l’ambiance c’est rigolo. Un bon tiers de la clientèle ce soir là était composée de touristes (américains et brésiliens autour de moi), le reste était en majorité des quadra pédés décontractés. Mais cela cause d’une table à l’autre, et le personnel a l’air d’être content de travailler, avec le petit mot gentil, même lorsqu’ils se mélangent les méninges en servant un sauté de porc à la place d’un bœuf (vous me direz, c’est toujours de la viande après tout !).

Franchement ce genre d’adresse me réconcilie avec l’idée même du restaurant pédé (oui cet établissement où l’on paye cher pour de la bouffe prétentieuse, servie par des serveurs fiers désagréables). Seule fausse note au tableau au Gai Moulin, à un moment donné le fond musical est devenu techno répétitif totalement inapproprié à cette ambiance conviviale où les gens sont ravis d’être dans le Paris qu’ils aiment. Je me suis du reste demandé si le personnel (jeune !) ne profitait pas de l’absence du patron en ce dimanche soir, pour passer cette bouillie sonore qui m’empêchait de suivre la conversation en anglais de mes voisins de table…

PS : Le Rocher de Cancale (jusqu’au milieu des années 80) et Chez Solange (fin des années 90) étaient des restaurants « squattés » par les gays, chacun était tenu par une femme de caractère. Les gays avaient colonisés ces établissements parce qu’ils n’étaient pas chers et bien situés, assez vastes, on pouvait s’y rendre sans réserver, et en grand nombre. C’était toujours comble, avec quasiment une clientèle presque uniquement masculine. Cette spécialisation n’avait pas été un choix délibéré des tenancières mais s’était imposée de fait au fil du temps, par le biais du bouche à oreille, du reste, ces restaurants continuaient d’avoir une clientèle classique et populaire le midi. L’ambiance y était familiale, et très animée !

Restaurant Le Gai Moulin

lundi 8 décembre 2008

Pauvres bars du Marais

La Kroniqueuse rend compte de ses sorties, et explique que la crise n'est pas toujours responsable de la morosité commerciale.

Petite sortie dans un bar du Marais hier soir, en compagnie de toute l’équipe de la Folle Académie. On ne peut pas dire que notre entrée était discrète puisque nous étions une dizaine ! Clientèle clairsemée d’un dimanche froid d’hiver. Les serveurs ne bronchent pas, ni un bonjour, ni un sourire, ils continuent de converser avec un groupe de trois clients dans un coin du bar.

Nous nous installons autour du comptoir, pratiquement face à eux. Montre en mains, il faudra attendre dix minutes pour qu’un barman daigne prendre notre commande, et encore, parce que nous avons manifesté un peu d’impatience.

La musique est très forte, et composée des stars poufiasses à la mode (Brithney, Ryanna…), bref de la musique de boîte de nuit, normalement confectionnée à la chaîne pour faire danser les petits jeunes. Mais dans ce bar, personne n’est vraiment jeune en dehors du barman… Je ne comprends pas cette programmation musicale agressive qui nous empêche de discuter à l’aise.

Sitôt servis, le barman annonce méchamment : « je peux vous encaisser de suite ? » Franchement, on est une dizaine, dans un bar à moitié vide, on risquait de se barrer sans payer ! On sort un billet… Il rend la monnaie, dans le genre 3 euros. Sans nous laisser le temps de la récupérer, il tend la main. Hola, jeune homme, pas touche ! Et nous ramassons nos 3 euros. Faut pas exagérer ! Les pourboires c’est pas pour les méchantes !

Et je me souviens avec nostalgie de l’époque où les bars étaient tenus par des mecs sympas, encadrés par un patron présent. Lorsque Marc au Piano Zinc vous accrochait d’un sourire ravageur dès votre entrée, ou quand au Swing on se marrait avec le patron auvergnat un peu rustique, assisté du petit Jeff toujours attentionné.

Aujourd’hui les patrons se lamentent parce que c’est la crise, et les clients attendent un renouveau. Lorsque le marché se sera bien complètement avachi, les baux commerciaux baisseront, et des nouveaux entrepreneurs sympas réintroduiront la convivialité derrière les comptoirs.

PS : Il reste des comptoirs sympas tenus par des vrais pros, heureusement… Par exemple l’indéboulonable Duplex, le petit Akhénaton (ancien Village, premier bar gay du Marais), L’enchanteur…

vendredi 5 décembre 2008

Agathe Clery : allez voir ce film !

Il suffit que la critique assassine un film pour que le film soit super chouette. Comment comprendre ?
Je suis allé voir ce film par hasard, juste parce qu'accompagner Vilain Garçon ne peut pas se refuser ! Heureuse surprise, un film drôle mettant le doigt sur la plus vilaine bêtise humaine : le racisme. J'ai adoré et la salle aussi.

Il parait que les critiques sont mauvaises : mais qu'est ce qu'ils ont donc ces professionnels de l'ennui ? Dès qu'un film traite un sujet triste d'une façon follement drôle, ils geignent. Et dès qu'un film est chiant comme tout, ils applaudissent.

lundi 24 novembre 2008

L'esprit des stars sous la coupole du magasin Le Printemps

Les sorties parisiennes de la Kroniqueuse.**

J’adore quand les gays investissent des lieux prestigieux de la capitale. Et j’ai ainsi quelques souvenirs délicieux. Un dimanche à l’Opéra Garnier organisé par les Gais pour les Libertés au profit du Sida en 1986, de même une fête dans les couloirs de l’Opéra Bastille beaucoup plus récemment, ou les soirées à la belle étoile à la piscine Deligny. Quel bonheur d’avoir vu ces dernières années le restaurant « Chez Maxim » transformé en boîte de nuit, et je me souviendrai toute ma vie du Cirque d’Hiver investi pour les grandes fêtes militantes des homos.

C’est dire que j’étais hyper curieux de voir à quoi pouvait ressembler « un salon de saison » sous la coupole du Printemps Haussman. Je ne sais pas pourquoi j’avais imaginé une terrasse. Mai non c’est bien une vaste salle sous une coupole, style de la plus belle époque, vraiment magnifique. Le principe est celui de l’after-work, cela je l’avais compris. Idéal donc pour les mecs qui tripent sur la mode masculine la plus chiante qui soit : le costume gris, la chemise blanche et parfois la cravate que l’on n’a pas pris soin de laisser au vestiaire. Donc si vous préférez le look jeans-sportwear, ce n’est pas là qu’il faut aller. Si comme moi, vous prenez le métro-RER en repartant, vous serez saisi d’une réalité très claire dans notre bon pays révolutionnaire : les classes sociales, ça existe bel et bien. Donc le salon de la saison sous la coupole du Printemps Haussman réunit un public propre, branché chic : ah ces nouvelles coupes de cheveux longs en fouillis, elles sentent bon l’air des beaux quartiers.

Le décor est donc magnifique. Pour ce qui est de l’ambiance, comme je ne comprenais pas pourquoi la musique électro-dominante était si forte alors que tout le monde se contentait d’essayer de se parler, on m’a expliqué le concept : les gens ne sont pas là pour danser, c’est comme un apéro… J’ai donc maté les mecs, qui ne m’ont pas souri, et je suis reparti dans le magasin, sans rancune…

Juste à la sortie de ce salon de saison, les rayons mode féminine étaient désespérément déserts, une brochette de vendeuses délurées et sympas ont été toute heureuses de déconner avec moi pour m’expliquer : « ils font fuir les clientes avec leur musique qui fait mal à la tête, en plus ils ont tellement l’air de se faire chier ! ».

Mais d’abord qu’est ce qu’elles peuvent y comprendre ces employées smicardes à l’esprit des stars* ?


** La Kroniqueuse : La Taulière, commerçante exposée, fait appel à La Kroniqueuse lorsqu'elle est obligée de dire du bien ou du mal des autres.

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