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jeudi 23 septembre 2010

Nouveau : les cours de danse de La Boîte à Frissons

Alors que nous avons entamé notre quatorzième saison au Tango, nous lançons des cours de danse : danses de salon et danse à la mode actuelle. de quoi s'agit-il ?

La danse est un plaisir qui nécessite parfois un minimum d'initiation, surtout si comme moi, vous êtes un peu coincés. Pensez que je ne sais toujours pas danser le madison !

Mais à partir du mois d'octobre, vous n'aurez plus aucune excuse de ne pas apprendre. Le mercredi soir deux jeunes professeurs de danse vont vous faire partager leur passion. Pas n'importe quels professeurs, puisque l'un comme l'autre sont quasiment mes enfants. Non je ne plaisante pas et je vous le raconterai plus en détail dans une prochaine chronique sur ce blog. Julien a fait ses premiers pas sur le parquet du Tango il y a moins de 10 ans, et Jules, plus connu sous son nom de scène (Lady Cypline) a pris ses aises sur notre scène depuis quelques années aussi.

Julien vous enseignera les danses en couple, celles qui font du bal de La Boîte à frissons un lieu LGBT unique au monde (je n'exagère pas). Et Jules fera du "street Jazz", que je qualifierai de danses à la mode pouffiasse des clips de nos stars préférées.

Alors rendez-vous mercredi prochain le 29 septembre pour une réunion d'information !

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mercredi 25 août 2010

Les gays doivent-ils mentir à leur maman ?

Aujourd'hui, Madame Hervé aborde un question grave. Attachés comme nous sommes à nos mamans, nous préférons souvent leur dissimuler notre véritable vie. Est-ce bien raisonnable ?

Ils sont trois, attablés à une table. C’est la fin de la nuit. Ils ne sont pas saouls, juste très heureux de leur soirée. Et ils se racontent plein de choses. J’écoute…

- Non je te promets cela fait juste trois mois que je m’assume.
- Et tu as quel âge ?
- 25 ans.
- Et là en trois mois t’es déjà aussi à l’aise ?
- Ben oui le terrain avait été travaillé avant quand même, là j’ai juste décidé de passer à l’acte !
- Et tu l’as dit à tes parents comme ça, d’un coup.
- Ben ouais, plein d’amis m’ont dit que cela me libérerait, et qu’en général cela se passe toujours mieux que ce que l’on imagine.
- Et alors, résultat ?
- C’est la catastrophe, ma mère en pleurs, mon père m’a foutu dehors !
- Non, c’est pas possible ?
- Si, comme dans un mauvais scénario…

La vieille taulière que je suis, c'est-à-dire un homo installé, de notoriété publique, bien accepté dans son quartier, sans énorme souci avec sa famille, cumulant pas mal d’heures de militantisme en tous genres, redécouvre l’existence de la difficulté d’être homosexuel dans notre société. Vous me trouvez naïf ? Disons que je pensais que les choses avaient quand même un peu évolué…

Mais traînant mes oreilles partout et fréquentant, de par ma profession (et de mes goûts aussi !), des jeunes, je me rends compte que le stigmate nous colle à la peau. Je vois tel kiki mentir à ses parents comme vous ne pouvez pas l’imaginer : il s’entend bien avec eux, mais il n’arrive pas à faire son coming out et invente en permanence mille scénarios farfelus pour dissimuler sa vie homosexuelle. Un autre, qui a passé l’âge d’être kiki, la trentaine bien tassée, installé dans la vie, n’a toujours rien dit à ses parents : il va les voir trois weeks ends par an en province, moments qu’il qualifie « d’hypocrisie sociale totale ». Et ainsi de suite : j’ai pris l’habitude de demander à tout le monde « tes parents le savent ? » Et je suis vraiment surpris de constater le grand nombre de gays qui acceptent de jouer la double vie dans leur famille.

Idem, et pire encore, dans le domaine de la séropositivité. L’argument étant de considérer « pourquoi risquer de faire de la peine aux parents ? » Et du coup on se fait de la peine à soi même. On accepte de vivre dans le silence, voire le mensonge.

Et je me souviens d’une autre histoire, dramatique celle là. L’histoire d’une mère qui savait que son fils était homosexuel. Une mère qui en avait souffert au tout début, lorsqu’il lui avait annoncé, mais qui ensuite avait choisi de se rapprocher de lui, de connaître ses amis, de le suivre parfois dans le monde gay, bref, de le comprendre et d’en profiter tel qu’il était. Ce fils homosexuel lui avait ouvert un nouvel horizon, lui avait permis à elle aussi de se faire de nouveaux amis. Des années après, son fils est tombé malade. Il n’a pas voulu affoler sa mère, pourquoi lui faire de la peine ? Elle habite si loin, elle ne pourra pas se rendre compte. Il a dissimulé son sida, entretenant une histoire de longue maladie, compliquée, assez inexplicable.

Arriva ce qui devait arriver : la maman a été appelée à l’hôpital, le fils était mourant. Les médecins ont continué de mentir en respectant le souhait du garçon (et c’est assez facile avec le sida puisque souvent on meure de la complication d’une maladie « opportuniste » ou de l’accumulation de maladies). Et elle a fini par comprendre… Elle qui avait été si proche de lui, elle qui avait parcouru tant de chemin pour se rapprocher, le comprendre, l’accepter. Il lui avait caché cela ! Et elle ne l’avait pas deviné.

Et cette femme ne s’en remet pas. Un jour où j’hésitais de parler à mes parents d’une des facettes de ma vie, en ayant le souci de les épargner, cette amie m’a dit : « Hervé, mon fils a voulu m’épargner, je me demanderai toute ma vie pourquoi il m’a fait cela ! ». Et elle s’est mise à pleurer.

mardi 10 août 2010

Au Tango, dépenser beaucoup d’argent ne vous donne pas tous les droits

Dépenser beaucoup d'argent n'est pas toujours synonyme de bonnes manières. A vous raconter ces comportements de certains clients, je vais finir par avoir la réputation d’être une Taulière langue de vipère. Mais est-ce moi la plus mauvaise dans cette histoire ? Jugez plutôt…

Les lois qui régissent la vie au Tango sont les mêmes pour tout le monde, ou presque (j’avoue qu’il existe quelques exceptions, une société sans transgression c’est moche !). On n’échappe pas à la file d’attente, sauf si on est une créature, et surtout pas si on est people. De même il n’y a plus de sorties pour les fumeurs après 3 heures du matin, et les verres pleins dégoulinant sur la piste de danse sont très mal vus !

Or certains clients ont toujours la même réplique pour s’affranchir de ces règles : « Avec l’argent que je vous laisse ! … » Comme si j’étais du genre à me faire corrompre par un argument aussi matériel !

Vendredi soir un groupe vraiment mal élevé (vous me direz, majoritairement hétérosexuels) nous a importuné toute la soirée : bousculades sur la piste, montée sur la scène pendant le spectacle, verres cassés, hurlements, etc. Tous ces comportements de groupe que nous craignons toujours. En fin de nuit ils étaient tous éméchés grave. Aussi, lorsqu’ils se sont fait servir une énième bouteille de vodka, je suis intervenu pour les mettre en garde. La réplique qui a le don de m’énerver tombe : « Vous savez combien nous avons dépensé à votre bar ? Alors fichez-nous la paix ! » J’ai attrapé leur bouteille d’alcool et j’ai sorti de ma poche l’argent pour les rembourser. « Ton fric mon chéri ne te permet pas de nous emmerder toute la nuit, et personne ici n’est payé pour ramasser ton vomis. »

Samedi c’était un client, au demeurant charmant (gay celui là !), qui souhaitait sortir fumer au pire moment : à croire que les fumeurs se donnent le mot pour en avoir envie tous en même temps. Il vient me voir :
- Je suis désolé je veux sortir fumer.
- Tu vois, à cette heure il y a un peu d’attente.
- Oui mais je viens de prendre deux bouteilles de champagne…
- Mon chéri je ne vois pas le rapport, tu pourrais en prendre dix que tu devrais aussi faire la queue. Seuls les fauchés devraient la faire ?
Et notre charmant bel homme était scandalisé, il est parti furieux, jurant qu’il ne remettrait plus jamais les pieds dans cette boîte où l’on ne respectait pas les bons clients.

Il ignore que le jeune kiki que l’on invite souvent à l’entrée et qui ne boit pas un verre de la soirée compte autant que le client plus fortuné qui va dépenser beaucoup et nous assurer la rentabilité du lieu. Que le mec people qui était là ce soir là a aussi fait la queue pour sortir fumer. Et surtout il devrait comprendre que payer n’autorise pas tout.

mercredi 4 août 2010

Flagrant délit de muflerie : un conseiller du prince mal inspiré.

Chaque samedi, ou presque, je tiens la porte du Tango. Ma fonction : canaliser les foules, écarter le public qui risque de casser l’ambiance, calmer l’éventuel brouhaha de la file d’attente et surveiller les sorties des fumeurs. C’est une tâche délicate et parfois exténuante. Mais c’est un excellent poste d’observation de la (petite) comédie humaine.

Rien ne m’exaspère plus que les clients (souvent nouveaux venus) qui, au lieu de rester sagement dans la file d’attente, vont se faire servir un verre au bar d’à côté, et reviennent la bière à la main se positionner à leur place. Samedi dernier, c’était le cas d’un groupe de quatre personnes, deux garçons et deux filles. Je vais donc les avertir, il est vrai un peu brusquement (j’étais particulièrement énervé, dépassé par une affluence inattendue en cette période de vacances, et j’avais omis d’avaler un quart de Lexomyl avant de débuter ma nuit !). Ces roitelets me prirent de haut, prétextant (je n’invente pas) que je portais atteinte à leur droit de boire sur la voie publique. Les deux demoiselles étaient les plus hautaines et durent au passage exciter leur camarades. Je suis revenu à la charge deux fois. En général, les clients se montrent compréhensifs, s’excusent, finissent rapidement et discrètement leur verre. Eux, au contraire, convaincus de leurs privilèges, sont restés dans la file, verre à la main, avec cet air arrogant des petits bourgeois héritiers de la République.

Une fois parvenus devant la porte, je leur refuse l’entrée. Ils sont scandalisés et le manifestent avec ostentation. Ils expliquent qu’ils connaissent mieux que les autres la loi, que du reste ils participent à je ne sais quelle commission municipale potassant sur l’avenir de la nuit à Paris. Au même moment, j’arrête, plutôt gentiment, un gaillard qui voulait entrer : il se trouve que ce monsieur était venu la veille, qu’il était hétérosexuel, et que nous avions dû le surveiller toute la soirée car il importunait les lesbiennes. Du coup, l’une des filles buveuse de bière se met à hurler : « Je suis témoin, vous refusez un hétérosexuel, vous faites de la discrimination, c’est honteux. Et moi, je suis une femme, hétérosexuelle et d’origine arabe ! Voulez-vous que nous appelions la police ?». Les bras m’en tombent… C’est alors que son copain, sort sa carte de visite et me la brandit au visage : « vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! Appelez votre patron ! ».

Nous entrions dans la pire des comédies humaines. Il a quand même paru un peu déstabilisé d’apprendre que j’étais justement La Taulière du lieu, mais me demanda quand même avec arrogance mon nom. N’ayant pas mes lunettes à portée de main, je n’arrivais pas à lire la qualité de ce mal élevé, courageux mais pas téméraire, puisqu’il refusa de me laisser sa carte de visite en souvenir. Finalement, après avoir récupéré mes loupes, je compris qu’il s’agissait d’un conseiller technique d’un adjoint au Maire de Paris. Cela me fit beaucoup rire, mais aussi beaucoup de peine pour cet élu du peuple que je connais et que j’apprécie : soit il choisit mal son personnel, soit il n’a pas pris le temps de l’éduquer aux bonnes mœurs. Je songeais aussi tristement que la gauche caviar n’était pas plus intelligente que la droite sarkosienne.

Peut être que prochainement, dans une réunion de concertation sur la nuit parisienne, je vais me retrouver nez à nez avec ce jeune conseiller du prince. Comment considérera-t-il mon expérience d’animateur de la nuit gay parisienne ? Me fera-t-il la leçon pour m’expliquer qu’il est normal de boire de la bière dans une file d’attente ? Qu’hurler à deux heures du matin devant l’entrée d’une boîte sans considérer le voisinage est un comportement civilisé ? Et m’encouragera-t-il à faire entrer dans ma boîte tous les hétéros du quartier en chasse ?

samedi 17 juillet 2010

Que faire face aux insultes homophobes ?

Sortir avec une folle et redécouvrir l'insulte est une chose (1er épisode de cette chronique), mai ensuite ? Comment réagir face aux insultes ?

Il y a ceux qui ne les entendent pas, et passent leur chemin. Soit ils sont vraiment folles, au point de ne pas se sentir visés par ces propos vulgaires, soit ils sont un tantinet lâches : à quoi bon riposter ?

Moi je suis du genre à réagir au quart de tour, hélas sans toujours bien réfléchir. J’ai plutôt envie de leur rentrer dedans à ces morveux (ou morveuses). En bon ancien professeur de la République, je crois encore à la vertu des leçons de morale. Sauf qu’instinctivement je vais être plus violent que pédagogue : l’insulte me rend agressif, et probablement contre productif.

Tenez, prenons un exemple. De jeunes loulous machos dans la rue se moquent de ma copine folle. Ils sont probablement issus d’une « zone » de banlieue, et vivent au quotidien une discrimination cent fois plus pesante que celle qu’ils m’infligent en cet instant. Il m’est assez facile de faire le malin devant eux, et de riposter violemment : je peux leur prouver que je suis fier, invoquer la loi, les menacer de porter plainte, et pour finir les traiter de pauvres frustrés sexuels… Je me défoule, mais je ne fais pas avancer la cause. Cela ne va pas les rendre moins homophobes, au contraire : je les ai juste humiliés.

Revenant à la raison, je peux regretter que l’école de cette République, à laquelle je crois encore, n’ait pas fait son boulot éducatif (au passage elle a également exclu ces jeunes). Je peux maudire tous les enseignants homosexuels qui continuent de se planquer, et relèguent ainsi l’homosexualité au rang de tabou dans l’enseignement. Je peux dénoncer le manque de courage des responsables politiques qui n’imposent pas à cette éducation Nationale de se bouger. Mais en attendant ?

J’envie simplement l’humour flamboyant des folles, capables de se défendre en faisant rire, avec parfois une vraie agressivité, mais toujours avec le brin d’humour qui fait que l’agresseur se voit offrir une porte de sortie élégante. A quoi sert de faire courber la queue de mon loulou de banlieue, ne vaut-il pas mieux poser une fleur sur son fusil ? Donc plutôt que de nous constituer en milices, plutôt que de nous organiser pour mettre les vilains homophobes en prison (quelle horreur, dans le milieu homo, cet appel permanent à la répression policière) inspirons-nous des expertes de la réplique assassine mais drôle : les folles, les travelos, les putes, les trans, les grosses, toutes ces éternelles victimes de la vindicte des gens normaux. Inventons des provocations amusantes et organisons des expéditions punitives farfelues.

vendredi 16 juillet 2010

Sortir avec une folle et redécouvrir l’insulte

Madame Hervé en civil passe partout inaperçue. Pourtant sa fréquentation des folles l’expose à la bêtise méchante de l’homophobie de tous les jours.

Avec l’âge, je me sens plutôt bien assuré dans ma peau d’homosexuel. Dans mon quartier tout le monde sait qui je suis, et je n’ai pas le souvenir d’avoir à un moment ou à un autre été victime d’homophobie. Parfois j’ai même tendance à être sceptique face à l’avalanche d’événements homophobes relatés par les médias gays. Je me pose alors la question : est-ce que l’on n’en fait pas un peu trop sur ce sujet ? Et finalement, est-ce que l’acceptation de l’homosexualité ne rend pas encore plus insupportable une homophobie somme toute marginale ?

Or ces derniers temps, en me promenant avec des amis « folles », j’ai redécouvert la limite de la tolérance populaire vis-à-vis de la différence. La folle semble encore déranger. « T’as vu cette tapette ! » (Deux gamines de 16 ans s’esclaffent bruyamment à notre passage aux bords du canal Saint Martin) « Putain des homos, regarde les, ces pédales » (Un petit groupe de jeunes dans une rue d’une ville de province) « Regarde le mec, on peut pas être plus femme que ça ! » (Encore une adolescente parmi un groupe scolaire dans un musée bondé de monde). Là il s’agit d’insultes verbales, toujours formulées par des jeunes en plein âge bête. Mais que dire des autres réactions, quasi systématiques, de personnes plus matures : des regards lourds, des sourires incontrôlables, pas toujours de l’hostilité du reste, mais une incontestable gêne. Parfois, il faut le reconnaître, les coups d’oeil sont plus sympathiques et traduisent davantage ce que justement la folle attend : un brin d’admiration pour le panache et la flamboyance !

Quoiqu’il en soit, toutes ces attitudes soulignent le dictat de la normalité. S’en écarter nous expose forcément à éveiller chez les autres méfiance, surprise et parfois violence. A nous de ne pas relâcher notre vigilance. Reste à savoir comment réagir concrètement lorsque l’on subit cette hostilité ? (A suivre)

lundi 28 juin 2010

Gay-Pride : les chiffres annoncés révèlent les vrais enjeux politiques d’une marche.

La querelle des chiffres de la participation à la marche des fiertés, ou le retour de l’affrontement gauche-droite sur la question homosexuelle.

Les organisateurs espéraient 700.000 personnes (comme en 2009) et ont annoncé 800.000 (donc un plus de 100.000). La préfecture, qui depuis des années ne contestait pas les chiffres des organisateurs, a cette année rompu le consensus et présenté des chiffres minorés assez rocambolesques : 100000 personnes, dont 65000 badauds.

Personnellement j’ai toujours été sceptique sur les chiffres annoncés par les organisateurs, tout simplement parce que je suis un habitué des manifestations et que j’ai donc quelques références en tête. Les énormes manifestations historiques, de la gauche ou de la droite, durent une journée entière et sont composées de masses compactes de marcheurs. Ce qui n’a jamais été le cas des marches homosexuelles : elles débutent l’après midi et se finissent en début de soirée, elles ne sont pas précédées de trains spéciaux de province, ni de bataillons d’autocars. Des centaines de milliers, jusqu’à presque un million comme il fut annoncé une année : il ne faut pas exagérer !

Mais peu importe. Ce qui est amusant est que les chiffres annoncés par le pouvoir en place dénotent très clairement les enjeux politiques d’une marche. Ces dernières années il y avait un quasi consensus droite-gauche sur les homos, et même L’UMP les draguait : après tout le mariage n’est-il pas une institution de droite, et sa critique une débauche soixante-huitarde ? Du coup, même la préfecture de police ne contestait pas le décompte de l’Inter LGBT. Incroyable, les syndicats et autres organisations de manifestations militantes, habitués à voir leurs chiffres systématiquement remis en cause n’en revenaient pas. Or cette année, changement de décor : la droite entreprend la reconquête de son électorat traditionnel, les homos ne sont plus une priorité et leur mariage est relégué aux calendes grecques. Du coup il redevient important de minimiser la puissance du mouvement gay et de présenter leur marche annuelle comme une simple balade d’illuminés travestis dans les rues de Paris.

La gauche peut se féliciter, en particulier les socialistes qui ont toujours beaucoup investi le mouvement gay, les homos de droite vont se sentir lâchés par les promesses de Sarkozy, et mieux, ils vont adorer la candidature Strauss Kahn.

vendredi 25 juin 2010

L’homophobie rend folle !

L’histoire folle et émouvante d’une photo prise à la gay-pride de 2006.

Cette année j’ai souhaité fêter la gay pride avec mon ami Poutou, le concepteur et animateur du site paris-gay.com. C’est donc ensemble que nous avons choisi une photo (Poutou est aussi photographe !), en cherchant à sortir des clichés habituels, des beaux mecs normalisés ou des extravagances convenues. Et c’est cette fantastique folle que nous avons choisie, en prenant soin de sélectionner une image garantissant son anonymat.

gaypride01.jpg

Et voici que ce personnage m’a adressé cette lettre, si belle que je lui ai demandé l’autorisation de vous la faire partager.

Bonjour,
Je suis dans la mailing liste du Tango et je viens d'aller visiter Paris-Gay.com. Alors voilà, je ne sais pas du tout comment vous accueillerez mon message, mais je tiens à vous dire, du fond du coeur, que je suis profondément heureux et sincèrement touché de retrouver ma petite pancarte "L'homophobie rend folle !" dans votre visuel.

Je m'appelle Joël, j'ai 41 ans, et cela fera 20 ans que je vis à Paris, j'ai une âme militante et je ne crains pas les déguisements. En 2006 je devenais complètement folle en apprenant de quelles façons se déroulaient les Gay Pride en Europe de l'Est. Je ne faisais partie d'aucune association et j'ai tout de même voulu mener une action militante qui frappe radicalement les esprits tout en provoquant de la bonne humeur. Mon maillot de bain deux pièces roses et mes accessoires de beauté viennent de chez Tati, le carton neige pour la pancarte et le gros feutre rose viennent de chez Graphigro. Je me suis changé sur place, dans un abribus.

J'ai tout de suite réalisé que je prenais un risque énorme et durant toute la marche je ne me suis jamais écarté du centre de la voie publique (on ne sait jamais). J'ai tout de suite eu un succès folle et jamais dans ma vie je n'ai autant été pris en photo que ce jour-là. Beaucoup de gens souriaient, approuvaient, applaudissaient... c'était complètement dingue ! J'ai fait ça de Montparnasse à la Bastille, j'avais l'impression d'être aussi impressionnant qu'un des camions sonorisés. Quand on est un "bear" (un affreux gros nounours avec des poils jusque dans le dos) on n'a pas l'habitude d'un tel succès ! Et d'ailleurs, dans le microcosme commercial bear parisien (où je m'ennuie tant) le soir de cette marche des fiertés 2006 j'ai encaissé plein de regards haineux (ben oui ça ne se fait pas, quand on est un bear on doit avoir un look de bûcheron ou de routier sinon gare à toi, mais je m'en foutais, j'avais voulu mener cette action et elle avait marché).

Et puis dès le lundi mon message était repris dans les journaux car des photographes d'agence de presse ont aussi "saisi le sujet". J’étais donc en photo dans 20 minutes, Métro, et toute la semaine sur le site de l'événement du jeudi. Un copain de lycée qui vit à Montréal depuis des années m'a même adressé la page du journal Le Progrès où j'étais aussi en photo. Des connaissances de bistrot me recommandaient alors de "me faire du fric" en attaquant ces médias sur le thème du droit à l'image : mais surtout pas, bien au contraire ! Les agences ont relayé mon message et par la photo mon action restait aussi claire et forte que durant la marche. Par la suite j'ai continué à me retrouver en photo un peu partout sur le net, par exemple si vous tapez "l'homophobie rend folle" sur google pictures vous découvrirez qu'il y a même quelqu'un qui a créé un fond d'écran qu'on peut télécharger !

Et aujourd'hui c'est vous qui assurez complètement en le reprenant ! Pardon mon message est un peu long, mais je viens de rentrer du boulot et vous venez de me rendre un visage souriant.

Donc vendredi je viendrai à votre soirée, pour danser, j'ai envie de rire, de m'amuser, d'être léger, de rencontrer un chéri...

Je vous embrasse.
Joël

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jeudi 17 juin 2010

Le retour de Madame Hervé sur son blog

Absente sur ce blog depuis le 11 avril dernier… mais que fait-elle cette Taulière ? Elle qui nous abreuvait de ses avis sur tout et n’importe quoi depuis si longtemps.

Mettons qu’elle déprimait. L'hiver fut rude pour une fan des chaleurs tropicales. Ou bien au contraire, Madame Hervé n'était-elle pas absorbée par sa vie trépidante ? Certains l'ont croisée escortant de bien beaux oiseaux des îles. On dit aussi qu'elle déployait son énergie vers d’autres horizons et qu'elle nous préparait de nouvelles initiatives. Il est certain que régulièrement elle s'adonne à son exercice d'esprit favori : réfléchir à l'avenir de sa planète. Mais plus bêtement, ne s'est-elle pas, comme bien d'autres, un peu trop attardé sur Facebook, au point d’en délaisser son blog.

Peu importe, en ce jour de la Saint Hervé, elle a décidé de revenir.

Le blog de Madame Hervé c’est reparti !

dimanche 11 avril 2010

L’agressivité est-elle payante ?

Interrogations sur certaines formes d’action militantes LGBT.

Depuis quelques temps nous assistons régulièrement, via le relais des sites gays d’information, à la mise en scène (en images en l’occurrence) d’actions militantes LGBT « radicales » : blocage du char UMP à la Gay Pride, vomissements simulés à un débat sur l’identité nationale, Kiss-In sur le parvis de Notre Dame à l’heure de la sortie de la messe, interruption d’un débat public avec Christine Boutin... A chaque fois, ce qui frappe, c'est la violence et l’agressivité des propos tenus par ces activistes.

On reconnaît l’inspiration de combats du passé qui se sont incrustés dans la mémoire collective : les provocations délirantes du FHAR, et plus récemment les grands coups spectaculaires d’Act-Up. Mais hélas, là où les anciens faisaient mouche, les imitateurs font flop !

Bigre, moi-même en écrivant cela, en direction de personnes qui sont plutôt mes amis, ne vais-je pas être victime de représailles ? Attention braves gens, la terreur va s’installer, les commissaires politiques veillent, gare à tous ceux qui ne pensent pas comme vous ! Ils vont surgir, par surprise, car ils s’infiltrent discrètement, et tout à coup, ils vont aboyer, hurler, sortir les dents et la haine qu’ils ressentent. « Vous n’avez pas le droit à la parole » qu’ils disent !

Du reste tous ceux qui relaient ces vidéos (les sites Têtu, Yagg, Illico, etc.) ne posent pas en parallèle la question qui compte lorsque l’on s’engage dans un combat politique : l’action fait-elle avancer la cause ?

Prenons l’exemple de Christine Boutin. Qui représente-t-elle ? Elle incarne une certaine droite inspirée par la morale catholique traditionnelle : elle défend les valeurs de la famille et aime s’adonner à la charité chrétienne. Pour elle l’homosexualité est une souffrance. De la même manière, elle dénonce le sort réservé aux prisonniers dans les prisons, s’indigne contre les conditions inhumaines avec les quelles on traite les sans papiers, et aimerait aider les pauvres prostituées forcément victimes. C’est une catho peu surprenante, mais très cohérente. Mérite-t-elle pour autant d’être interdite de parler lors d’un débat public, qui plus est, organisé par ses opposants ? Qu’est ce qui est plus efficace ? La rendre victime d’intolérance ou la laisser exprimer ses thèses rétrogrades ?

Je ne suis pas contre un combat politique envers les idées qu’elle incarne, mais si nos radicaux, auto proclamés subversifs, veulent s’inspirer de leurs aînés, qu’ils abandonnent la stratégie de la terreur intellectuelle, et de grâce, qu’ils retrouvent un peu d’humour !

PS : Je veux préciser avant d’affronter les critiques, que je ne suis pas non plus un béni oui-oui. J’approuve les syndicalistes exténués qui séquestrent leurs cadres. J’ai hurlé pour faire sortir le ministre de la santé Bernard Kouchner d’un cortège d’Act Up un certain 1er décembre. J’ai insulté les policiers qui évacuaient les sans papiers de l’église Saint-Bernard. La violence peut être une arme politique, mais dans certaines circonstances où elle s’impose, et lorsqu’elle est susceptible de changer le rapport des forces en notre faveur. Ce qui ne me semble pas du tout être le cas dans les actions actuelles.

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mardi 30 mars 2010

La Folle Académie a-t-elle raison de chanter en direct ?

Ce mois-ci dans Têtu, le chroniqueur clubbing se moque gentiment de nos spectacles de la Folle Académie. Une occasion d'aborder la question du bon et mauvais usage du play back sur une scène d'une boîte de nuit.

Oscar Héliani, le sympathique chroniqueur clubbing du re-devenu sympathique journal Têtu, soulève ce mois ci une question qui me passionne depuis des lustres. Comment réintroduire un peu d’humanité et de chaleur dans nos shows en boîte de nuit ?

Oscar se moque donc un peu de nous et vient me titiller sur une de mes grandes fiertés : au Tango nous essayons, quand c’est possible, de faire chanter nos artistes en direct. Ecoutons donc d’abord sa lamentation :
« J’ai décidé de me rendre à cette soirée curieusement intitulée « L’amour en vrai » au Tango, aka la Boîte à Frissons. Toujours aux petits soins, Madame Hervé m’accueille chaleureusement, dépose mon vestiaire backstage. Là dans l’entrebâillement des rideaux j’aperçois les artistes de la Folle Académie qui se préparent pour leur show : un festival de slows. On entend dire, ici et là, c’est vraiment scandaleux que certains artistes chantent en play back. Parfois, c’est préférable. Certes, ce ne sont pas les sélections pour Paris Got Talent, mais de grâce, ne bousillez pas les chansons comme ça ! Les locataires de la folle académie devraient partir en quarantaine avec un coach vocal. Alors n’en déplaise à la Taulière, le play back est le salut des oreilles. »

Mais mon petit chéri, le play back a tué les cabarets. Tiens, demande à Bambi par exemple, elle te racontera comment l’orchestre a peu à peu été remplacé par les bandes sonores, puis la voix originale par le play back. Alors je suis bien d’accord que mieux vaut un bon play back qu’un massacre vocal, mais la plupart des numéros des transformistes deviennent chiants passé la première minute, or les chansons des pouffiasses à la mode frôlent actuellement les 4-5 minutes… Quant à bousiller les chansons, parfois c’est jubilatoire, comme ce soir là quand Mystica chanta (fort bien, que faisait Oscar pendant ce temps là ?) « Capri c’est fini », devenu « Pour moi les mecs c’est fini » après une réécriture des paroles par Michel Heim.

Ceci étant, je dois reconnaître, qu’Oscar n’a pas totalement tort, il est arrivé assez souvent à la Folle Académie que l’on patine un peu avec le direct, La Taulière est un peu trop accueillante : elle aime tellement les amateurs, cela la perdra. N’est-ce pas aussi ce qui rend sympa la Folle Académie : ce caractère un peu amateur, où l’on ne se prend pas la tête.

PS : Plus sérieusement, nous avons des artistes à voix, qui n’auront pas à rougir devant Oscar : Tara Jackson, La Diva Live (de Bruxelles) ou encore le seul transformiste imitateur Bruno Sandro (qui revient le 12 mai incarner Dalida). Mystica, Jacqueline Genou, Lady Zoa, Taillefine, Belladonne ne chantent pas si mal ! Et Mademoiselle Gisèle nous offre régulièrement des chansons écrites par elle et toujours réussies. D’autres compensent une voix moins assurée par des numéros sophistiqués, un look spectaculaire ou des effets comiques. Et puis depuis un certain temps nous avons compris qu’il fallait varier les styles : nous accueillons aussi bien des créatures à play back incarnant les idoles du moment (Miss Glam Rockwell et la nouvelle Samantha Kay ça promet !), que des danseurs « sexy-boy » (Thomas Macri) ou « sophistiqué orientalo-queer » (Sultan).

Et vous cher public, qu'en pensez-vous ?

lundi 8 mars 2010

Nos icônes en question

Quelles sont nos icônes et pourquoi ? Deux événements au Tango cette semaine nous posent cette question.

La soirée Lady Gaga provoque des énervements. Exemple, la réaction d’un ami sur facebook : « Ras le BOL des icônes de supermarché et des têtes de gondole insipides ! ». Cela me rappelle tous les propos ironiques que j’ai pu entendre lorsque j’ai organisé les premières soirées Darladi Dalida, ou encore les moqueries sur la folie des fans de Vartan, Sheila, Madonna, Mylène Farmer…

Personnellement, j’ai du surmonter mes propres préjugés, issus de mon éducation de fils d’enseignants (où l’on valorisait surtout la musique classique et la chanson à texte) pour assumer d’aimer la variété ! Du coup à présent, je m’amuse de voir les commissaires politiques culturels venir m’expliquer ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas. Je leur réponds tout simplement qu’il ne faut pas tant se prendre la tête : la boîte de nuit est le royaume des tubes, le public est là pour s’éclater, avec parfois le meilleur, et parfois le pire ! Alors que cela vous plaise ou pas, Lady Gaga est effectivement en ce moment un phénomène. Bien sur c’est commercial, mais cela marche, le public réagit, s’enflamme… Ce n’est pas toujours le cas, même pour des « produits » bénéficiant de toute l’armada publicitaire. Alors, pourquoi refuser au public son plaisir ? Quand en plus, l’artiste est complètement folle !

Le MAG (Mouvement d’Affirmation des jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans) débute dimanche les festivités de ses 25 ans et a choisi de le faire en posant la question : quelles sont nos icônes ? (sondage effectué avec le site YAGG) Il semble que la chanson « Désenchantée » de Mylène Farmer arrive largement en tête. A La Boîte à Frissons, nous organisons depuis longtemps nos soirées spéciales consacrées à une star, et sur la durée c’est Dalida qui arrive en tête, se côtoient ensuite Mylène Farmer et Madonna. Pour la première partie de soirée musette, Piaf surpasse tout le monde, et nous avons un faible pour Georgette Plana. Mais dîtes moi ? Où sont les hommes ?

Bruno Sandro en loge au Tango : prêt à incarner Dalida (soirée Darladi dalida 2007).

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Soirée Mylène Farmer (septembre 2009)

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vendredi 5 mars 2010

Effeuillage : toujours à la recherche du sexy diférent

A la veille de la 4ème soirée Effeuillage, quelques questions sur l'homo érotisme.

D'un côté nous avons marre d'être victimes des normes esthétiques dominantes : gros biscottos, sous une peau bronzée épilée, gros paquets dissimulés sous des sous-vêtements de plus en plus hors de prix. D'un autre côté, il est aussi difficile de ne pas être sensible à cette orgie d'images de beaux hommes. L'alternative est donc l'effeuillage que nous proposons maintenant à chaque changement de saison.

Il n'y aura pas sur la scène du Tango ces gogos garçons habituels qui trônent ailleurs, sur les podiums ou dans les cabines de douche, ou encore à la une des magazines gays. Il y aura un homo érotisme plus subtil (ou pervers, telle est la question !), construit par notre petit monde de La Boîte à Frissons. On y retrouvera un jeu sur le genre (Taillefine, tantôt androgyne troublante, tantôt glamour fatale), une fantaisie asiat (les Andrews sisters avec leur côté déconnant), une poussée de fièvre (la chaleur généreuse de Glam Rockwell) et une explosion d'humour (Lady Cypline qui fait tout à l'envers). Plus tard dans la nuit, le plus envoutant, le plus troublant, Sultan le danseur oriental, nous emportera dans son imaginaire des milles et une nuits.

A ce soir !

Quelques souvenirs des soirées précédentes :

Les filles DIM (sexy trav)

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Monsieur Katia (sexy délirant)

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Fadi (sexy spontanné)

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Coco Mademoiselle (sexy mtf)

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Lazlo Pearlman (sexy ftm)

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Drag King Fem Show (sexy goudous)

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samedi 2 janvier 2010

Dans la série : flyers censurés !

C'était juste une proposition de flyer réalisée par Gilou, alias Narcisse Davim. La taulière n'en a pas voulu, allez savoir pourquoi ?

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jeudi 31 décembre 2009

Bonne année 2010 !

Bigre, chaque année on se demande si l'enchantement de notre bal va perdurer. Et du coup on se remue les méninges pour aller au devant de vos envies.

Depuis cet été, la régularité des shows rencontre un joli succès, en 2010 il y aura toujours les soirées spéciales "à thème" le vendredi soir. En janvier on fêtera les années peace and love (le 22), en février, nous aurons le plaisir de fêter les 10 ans du bal des célibataires (week end de la Saint Valentin) et, juste après le nouvel an chinois, nous plongerons dans une première nuit Asiat Folies (le 19). En mars, outre un retour des Effeuillages (le 5) nous fêterons les filles à pédés (le 12), car nous leur devons bien ce petit hommage espiègle !

En outre, chaque dernier vendredi du mois sera "Tango-Show", une sorte de scène ouverte de la Folle Académie, avec l'opportunité de vous présenter des artistes, confirmés ou amateurs (le 29 janvier c'est Sultan le danseur oriental qui sera la vedette).

Sinon, voici quelques souhaits en ce début d'année :
- Que vous soyez plus nombreux à danser en début de soirée (profitez des cycles d'initiation proposées par Catherine au centre LGBT).
- Que vous fréquentiez davantage les thés dansants (ouverts à tous et toutes), notamment ceux qui supportent une cause importante (ne ratez pas Frissons du Monde pour l'Ardhis le 31 janvier).
- Et que vous restiez fidèles ! (rejoignez-nous sur Facebook !)

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mercredi 2 décembre 2009

Les People en boîte de nuit

A la Boîte à Frissons, nous n’aimons pas les VIP, c’est bien connu. Du reste, rares sont les people qui s’y aventurent. Et s’ils viennent une fois, en général ils ne reviennent pas ! Il faut dire qu’ils sont traités comme n’importe qui, on leur fait payer l’entrée et on les oublie. Et ces gens là aiment être bichonnés.

Ces personnalités connues peuvent être très sympas, mais leur simple apparition provoque de mauvaises ondes qui perturbent le bon déroulement de la soirée. Tout à coup l’ambiance est en suspens, les regards cherchent à voir la bête, tout le monde commence à se chuchoter des potins. Mais le pire avec les « people » c'est leur entourage. Car une vedette ne sort jamais seule, il y a toujours autour d’elle une petite bande, et ces suiveurs sont une calamité. Ah, ils ne se sentent plus, ils sont tellement fiers d’être là, ils bombent le torse, marchent avec assurance, au besoin en bousculant la populace, ils poussent des cris, et manifestent ainsi avec ostentation qu’il est si bon de fréquenter des gens connus.

Heureusement au Tango, nous savons être quasi systématiquement désagréables face à ce genre de débordements mondains. Un jour j’ai viré un groupe d’une quinzaine de personnes qui venaient fêter un anniversaire : ils faisaient du bruit, bousculaient les danseurs sur la piste, étaient majoritairement hétéros, et attendaient encore une bonne quinzaine de personnes. Une jeune femme est venue me voir, et m’a demandé : « C’est mon anniversaire, pourquoi êtes-vous si méchant ? Parce que je suis connue ? » Le plus cocasse de l’histoire est que je ne savais même pas qui elle était, alors que sa photo était sur tous les murs de Paris ! C’est après coup que j’ai compris que je venais de virer sans ménagements une actrice connue et toute sa clique.

Je les reconnais rarement les gens connus, et ma devise est simple : au Tango ce sont nos clients qui nous font vivre, pas les People !

PS : culturo-historique
En regardant un reportage sur le Palace du début des années 80 je notais une sacrée contradiction : toutes les personnes interviewées pour évoquer cette boite mythique sont des gens connus, toutes les images publiées sur ces folles nuits de fête sont celles de gens du beau monde, de la mode, du cinéma, du show bizz ou de la gauche caviar. Et pourtant ils n’ont qu’un mot à la bouche : « Le Palace c’était le mélange des classes sociales ! » On aimerait bien le voir ce petit peuple, ailleurs que dans la queue des gens qui attendent sagement pour payer leur place, pendant que les VIP se saoulent au champagne offert par la direction…
Aux débuts des années 80, la démocratisation du monde gay se vivait dans les boîtes des Halles, au BH ou au Broad, ou dans les premiers bars gays du Marais, pas au Palace !

mardi 24 novembre 2009

Séropos Bienvenus !

Avant la journée du 1er décembre, et le thé dansant des PopinGays ce dimanche au profit de l'association des JSPotes.

Chaque soir au Tango, vous êtes 18 % à être séropositifs (résultat d’une enquête récente sur les homos fréquentant les lieux de convivialité parisiens). Or en l’état de l’évolution de la transmission actuelle, vous allez être de plus en plus nombreux à l’être. L’année prochaine vous serez peut-être 20 %, puis 25 % dans quelques années, etc. Si les choses ne vont pas mieux...  Ces séropos se cachent et en parlent rarement en public. Ont-ils peur de la discrimination, du rejet ? Vivre mieux en vivant cachés ? Tellement cachés que l’on fait comme si le Sida n’était plus là, comme si la prévention allait de soi.

Je suis de la génération qui a connu les premières années du Sida. C’est pourquoi il m’arrive souvent, au beau milieu de la nuit, lorsque je vois vos sourires heureux, de songer à tous mes amis morts du Sida. Je ne dis rien, pour ne pas plomber l’ambiance, je peux même cacher mes larmes, mais je regrette tellement que ces amis de ma jeunesse ne soient plus là pour partager notre bonheur. Je me tourne alors vers le présent, et je plains tous ceux qui vivent avec le virus, qui prennent leurs médocs tous les jours, qui ont peur de le dire, qui ont la trouille de le transmettre et qui craignent chaque matin de tomber malade demain.

Mes amis d’hier sont morts du Sida, les séropos d’aujourd’hui doivent vivre avec le virus, et ce n’est pas facile. Alors il faudrait qu’on les aide pour qu’ils sortent de leur invisibilité, non seulement pour mieux vivre avec, mais aussi pour inverser à nouveau la courbe des nouvelles contaminations. Je n’ai pas envie de voir les petits jeunes se compliquer durement la vie pour une simple baise sans capote.

On ne doit pas faire la fête pour oublier, juste pour vivre mieux. Qu’on se le dise :  au Tango, les séropos sont bienvenus et les sérophobes peuvent s’abstenir !

Hervé, La Taulière
P.S : Merci à mes filleuls Jspotes qui me donnent envie de réagir.

dimanche 18 octobre 2009

L’homophobie dans les classes populaires

Deux ouvrages viennent de paraître qui permettent d’appréhender la réalité de l’homophobie dans les couches sociales les plus défavorisées de la société. L’un, populiste, simpliste et mal écrit (Homo Ghetto de Franck Chaumont) bénéficie d’une efficace campagne de promotion dans les médias. L’autre, émouvant, percutant et remarquablement bien écrit (Retour à Reims de Didier Eribon), est incontestablement un livre qui pourrait devenir un classique du genre.

Ces derniers temps l’homophobie a envahit les médias. Il n’y a pas une journée sans qu’on nous sorte un fait divers, accompagné des réactions indignées, et ainsi de suite. Le summum du genre est le lancement savamment orchestré de deux livres sur l’homophobie chez ces salauds de pauvres de nos banlieues (1). Les mêmes qui avaient fait monter la sauce avec « ni putes ni soumises(2) » réutilisent les mêmes ficelles avec les homos.

Attention, ne me faites pas dire que je veux minimiser les faits, ou que je veuille trouver des excuses à des actes violents et dégueulasses. Je veux simplement dire qu’il y a plusieurs manières d’analyser un problème et de le traiter. Il y a la manière médiatico télévisuelle : faire du sensationnel, de l’émotionnel, de l’amalgame. Et le livre Homo Ghetto dans le genre, ferait un parfait synopsis pour une émission de télé, dans laquelle on pourrait inviter, par exemple, Marine Le Pen, Benoit Hamon et Manuel Valls. Ils auront le mérite de présenter une vision simple : la banlieue c’est les arabes, le communautarisme, l’Islam, et donc l’enfer de la République.

Et je me souviens lorsque j’étais professeur de sciences économiques et sociales dans un de ces quartiers, comment chaque lendemain d’une telle émission j’étais obligé de calmer la colère de mes élèves : « M’sieur c’est vraiment dégueulasse cette vision, on n’est pas tous comme ça, c’est de la caricature. Ils montent en épingle tout ce qui va pas, nous on vit là dedans, c’est pas le paradis, mais ils se rendent pas compte qu’ils nous enfoncent encore plus, c’est pas comme ça que nous (sous-entendu la grande majorité des habitants du quartier) on va avancer ». Moi qui essayais dans mes cours de leur donner des outils d’analyse, je voyais tout mon patient travail d’enseignant voler en éclats, simplement parce que des égocentrés se pavanaient à la télé en se gargarisant de leurs clichés à deux balles, qui n’ont jamais rien fait avancer, pas plus la cause des femmes que celle des homos, et encore moins celle des pauvres.

Alors en revanche, si vous ne voulez pas perdre votre temps et prendre un vrai plaisir de lecture, plongez vous dans « Retour à Reims » de Didier Eribon (3). Il y raconte son parcours, d’enfant d’une famille pauvre, devenu intellectuel connu, et il met en parallèle deux hontes contre lesquelles il a du se battre : celle d’être gay (thème qu’il avait traité dans ses ouvrages précédents), mais aussi la honte de son origine sociale. Et on trouve dans son livre toute une description de l’homophobie profonde vécue dans les milieux populaires. Il raconte sa fuite pour s’en sortir, d’abord dans les livres et les études, puis vers Paris. Et il lui en a fallu du temps pour surmonter ce déterminisme social. Trente ans après il retourne à Reims, retrouve sa famille et ce milieu social qu’il a tant détesté. Au passage il décrit la montée du racisme et du Front national, le déclin des communistes, et plus généralement la faillite de la gauche qui a trahi ses idéaux.

Alors oui la vision de Didier Eribon aura du mal à passionner les médias, sa pensée ne peut pas se réduire à quelques schémas simples et pratiques, mais si j’étais encore prof, c’est exactement le genre de livre que j’aimerai faire lire et étudier à mes élèves. Là au moins, ils trouveront une inspiration et une énergie pour améliorer leur existence, lutter contre l’homophobie et les injustices sociales. Sans se tromper d’adversaires ! (4)


(1) Parmi ces deux livres, je n'ai lu que le premier, je ne me prononce donc pas sur le second.
Homo Ghetto, gays et lesbiennes dans les cités : les clandestins de la République, Franck Chaumont (si vous avez 15 euros à perdre).
Un homo dans la cité, Brahim Naït-Balk, Calman Levy.

(2) J’avais adoré le détournement du slogan « ni putes, ni soumises » opéré par des lesbiennes radicales : « libres et insoumises », voilà un programme plus excitant et constructif, et au moins pas putophobe.

(3) Retour à Reims, Didier Eribon, édition Fayard, 18 euros pour un livre que vous allez prêter à vos meilleurs amis, parents et amants.

(4) Jetez un coup d’œil à cet article, qui ouvre des perspectives intéressantes.
De l'homophobie en banlieue par Marc Endeveld sur le site Minorités.

vendredi 2 octobre 2009

Orgie de photos de nos soirées

Tout d'abord vous pouvez vous rendre sur le site de Têtu pour visiter la très jolie galerie de photos effectuée par Mathias lors de la soirée spécial "Ecole des folles".
Galerie de photos sur le site Têtu

Sur notre site, il y a également une galerie de cette soirée :
Ecole des folles

Et pour une plongée souvenir, avez-vous vu les photos de notre été show ?
L'été 2009 au Tango.

dimanche 27 septembre 2009

L'école des folles

Soirée spéciale pour la rentrée de la Folle Académie.

Ce fut une récréation qui dura toute la nuit, sous l'œil vigilant de Mme Hervé institutrice (Ensemble Chanel-Tati).

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Quelques élèves un peu fayots.

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Mme Hervé, perturbée, apprend à lire le chinois...

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Show de la Folle Académie avec Mademoiselle Gisèle (la meilleure de la classe), Mystica (la petite nouvelle qui entre en première année), Lady Zoa (plus dysléxique que jamais).

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