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jeudi 9 août 2007

Les rediffusions de l'été

A la recherche de la backroom idéale...

Voici dans la série des rediffusions de l'été une chronique jamais publiée, mais toujours d'actualité (seules les enseignes ont parfois changé).

Durant l'été, j'ai eu la maladresse d'annoncer une chronique contant ma tournée d'été des backrooms parisiennes. Je me suis rendu compte très vite du peu de rapport entre ce vagabondage estival et le thème de Frissons sur le Net, censé vous faire humer régulièrement l'air du temps de La Boîte à Frissons. J'imagine du reste l'effarement des nombreux nouveaux abonnés qui vont lire aujourd'hui ces lignes.

Mais, à la suite des cette annonce, vous avez été nombreux, entre une valse et un paso doble, à me rappeler ma promesse.

En réalité, il va falloir s'entendre sur les mots. Vous me croirez ou non, je n'ai jamais fréquenté les backrooms au sens strict. Je n'ai jamais pu m'adonner aux plaisirs collectifs, ou du moins, à la promiscuité imposée par une backroom. En revanche, j'apprécie les espaces qui associent au déambulatoire des recoins intimes (dans le genre, les saunas, avec leurs cabines confortables, jamais très éloignées d'une douche, me semblent être le comble du raffinement).

C'est Madame H, qui en évoquant dans son spectacle sa visite des backrooms, m'a donné envie de revisiter ces lieux que je fréquentais jadis. Je me suis donc rendu successivement à L'Arène, aux Docks et au Dépôt.

Après plusieurs années de non fréquentation, je ne me suis senti nullement dépaysé. Ces lieux n'ont pas changé, les décors sont restés fidèles à leur style minimaliste d'origine : peinture noire, éclairage économe, mobilier rude. Le fond musical, plus ou moins fort, épargne toute vélléité de dialogue. Il est clair que la recherche du confort est le dernier souci des tenanciers de ces établissements. Au contraire, m'a-t-on expliqué, dans un de ces sous sol mal éclairé, où je m'étonnais qu'une odeur tenace d'urine ne semblait gêner personne : l'aspect brut de ces espaces fait partie du plaisir recherché.

Et les messieurs, de tous âges et toutes conditions (la concurrence effrénée liée à la prolifération des enseignes a modéré la hausse des prix de cette consommation) déambulent dans les labyrinthes, pratiquant mine de rien un sport excellent, la marche à pied (je vous accorde que l'aération des lieux laisse trop souvent à désirer).

Mais, et c'est ce qui m'a à la fois le plus surpris et le plus déçu, la recherche du plaisir ne semble dans ces lieux ne réjouir personne. J'ai parcouru des kilomètres avant de croiser une mine réjouie, j'ai attendu des heures qu'un sourire me soit lancé, et il a fallu que je rencontre le président d'une association gay et lesbienne organisatrice de thés dansants au Tango pour qu'enfin quelqu'un m'adresse la parole.

Telle est donc l'énigme. Ces établissements, censés être des lieux de plaisir et de liberté sexuelle, sont hantés par des personnages qui n'ont même pas l'air épanoui. Quel gâchis !

Le seul endroit où j'ai ressenti un petit air de fête rigolo (mais ce n'est pas gay, c'est plutôt pour les travellos et leurs amis) est une backroom semi privée dont je ne peux pas donner l'adresse. Elle est tenue par une vraie tenancière, travelottée, qui vous fait payer votre entrée à la sortie (quelle classe !). Il y a un bar où l'on discute avant de descendre dans un sous sol aménagé avec toutes les commodités : grand lit, canapés, préservatifs, etc. Bref, vous êtes quasiment reçus dans un salon privé par une dame plus vraie que nature qui met l'ambiance.

Pourquoi donc personne à Paris n’a encore eu l’idée et l’élégance d’ouvrir une telle backroom alternative ?

samedi 21 juillet 2007

Provinciaux hétéros sympas

Re-diffusion des anciennes chroniques à l’occasion des vacances d’été (juillet 2000)

Samedi dernier, j'étais posté devant la porte du Tango à l'heure délicate où l'on voit parfois débarquer des visiteurs indésirables. Quoique je ne pratique pas trop la discrimination, j'essaye tout de même de prévenir les embrouilles. Un groupe de 15 personnes débarque. Des couples "normaux" hétéros, moyenne d'âge entre 40 et 50 ans, et au look "provincial en expédition touristique dans la capitale" (et ne prenez pas cette description pour du mépris).

Je détecte donc le leader du groupe, un moustachu, qui aurait pu à première vue faire penser au stéréotype du Beauf, et je lui explique : depuis trois ans maintenant Le Tango n'est plus la boîte qu'il a connu lorsqu'il était étudiant à Paris mais une boîte très majoritairement gay et lesbienne. Il a l'air franchement embêté, parce que c'est lui qui a eu l'idée d'entraîner la bande là et ils ont réussi à super bien garer les voitures pas loin. Il ajoute : "mais bon, on voudrait pas que notre présence vous gêne".
J'apprécie sa délicatesse, qui me surprend : en général quand j'annonce à des hétéros, qui débarquent par hasard, que la boîte est homo, ils réagissent en faisant un bond d'un mètre en arrière comme s'il risquaient d'attraper au vol le virus de notre maladie honteuse, puis, ils empoignent virilement leurs compagnes par les épaules pour les éloigner, le tout, sans ne serait-ce qu'entrouvir la bouche pour m'adresser un mot gentil. Mon moustachu lui, discute et cherche une solution. A ce moment une femme du groupe me lance :
"moi je reviendrai avec mon petit frère, il sera content".
Sa copine réagit :
- Ah bon ton frère est homo ?
- Ben oui tu ne le savais pas ?
- Non, mais pourquoi tu ne me l'as jamais dit.
- Tu ne me l'as jamais demandé.
J'hallucinais (comme on dit de nos jours) face à cet outing aussi naturel et spontané. Plus je discutais avec eux, plus je les sentais sympathiques. J'ai fini par leur proposer d'entrer. Je les ai suivis à l'intérieur, je leur ai trouvé une grande table pour les installer confortablement.

Pendant la série de slows, ils étaient mignons, ces couples inhabituels pour La Boîte à Frissons, tendrement enlacés et naturellement mêlés aux autres. Et lorsqu'ils sont partis, j'ai eu droit à une douzaine de poignées de mains fermes et chaleureuses et quelques bisous des dames (notamment de la soeur qui, c'est promis, reviendra avec son petit frère). Franchement, cette fois, j'étais vraiment heureux d'avoir surmonté le stade des préjugés rapides. Je me demande si parfois, nous n'entretenons pas l'homophobie en sous estimant nos amis hétéros

mardi 10 juillet 2007

La chronique où il est question des filles à PD (12 mars 2001)

Durant l'été, et avant notre dixième anniversaire, je vous propose la re-publication d'anciennes chroniques. Vous constaterez qu'elles n'ont en rien perdu de leur actualité ! J'y ajouterai quelques commentaires reçus à l'époque... N'hésitez pas à votre tour de réagir...

Il est curieux qu'une des questions qui revient régulièrement dans ces chroniques concerne la mixité de La Boîte à Frissons.

Le mélange des genres, que nous souhaitons et organisons, résulte d'une alchimie obscure. Dernièrement j'ai vu apparaître une nouvelle difficulté qui peut illustrer la fragilité de l'ambiance conviviale de La Boîte à Frissons.

Certaines lesbiennes se plaignent, non sans humour et sans aucune agressivité (je précise en raison de la lesbophobie latente de certains garçons) de la présence au bal de beaucoup trop de " filles à PD ". J'ai donc essayé de comprendre le problème.

La mixité (unique à Paris) de La Boîte à Frissons autorise aux garçons gays de venir avec leurs copines filles (non lesbiennes), elle permet de même aux filles (toujours non lesbiennes) fatiguées du machisme ambiant des autres boîtes, de venir s'éclater sans risquer de subir les avances des mecs. Les lesbiennes ont également des copines non lesbiennes, qui sont ravies de sortir en boîte sans être obligées de se retrouver dans un endroit non mixte. Et je pourrai continuer longtemps la liste des différents cas : la sœur ou la cousine de province, de passage à Paris, qui au moins ne sera pas choquée et arrivera à être à l'aise dans une boîte gay ; la collègue de bureau qui me tannait depuis des mois pour que je la sorte dans " mes lieux " ; la voisine de palier à qui il faut faire comprendre gentiment qu'elle n'aura aucune chance avec moi, etc.

Chacun, chacune, est donc ravi de pouvoir compter sur la brave Boîte à Frissons ! Sauf qu'au bout du compte, le terme " fille à PD " surgit.

Les lesbiennes ne savent plus qui draguer, elles ressortent frustrées, obligées d'aller finir la nuit au Pulp, où là au moins il n'y a plus de confusion possible. Les garçons homos trouvent qu'il y a trop d'hétéros, car pour eux le taux d'hétéros est directement proportionnel au nombre de filles présentes dans la salle (lesbiennes ou non du reste), et quand leur copine se met à avoir du succès avec un mec hétéro attardé sur la piste, ils la laissent illico tomber pour aller retrouver un peu de quiétude dans des lieux identitaire plus sécurisants (Le dépôt, L'Arène ou le QG par exemple). L'hétéro mâle, se lâche en fin de nuit en se collant contre l'une ou l'autre sans distinguer la lesbienne et la fille à PD et nous insulte en nous traitant de " sales PD " lorsque nous le mettons à la porte. Pour finir, le travelo pur et dur, assène sèchement son verdict : pour lui il y a trop de PD dans cette boîte car il préfère " les vrais mecs ".

Pendant ce temps, devant la porte d'entrée, je gère la file d'attente comme je peux : refusant tantôt une lesbienne radicale que je prends pour une fille à PD ; obligeant un PD avec sa copine fille à PD à me prouver qu'il est bien homo ; envoyant promener un groupe de filles venant fêter un enterrement de jeune fille (là je deviens moi aussi radical et mon refus ne m'occasionne aucune mauvaise conscience) ; ouvrant grand la porte pour laisser passer devant tout le monde une créature travestie, fausse fille d'un soir ; confondant la mère d'un vrai homo avec la copine lesbienne de la fille à PD copine de l'homo en question.

Comprenez-vous à présent beaucoup mieux l'origine de l'ambiance magique de votre boîte préférée ? Alchimie obscure. frissons@club-internet.fr

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