mardi 29 mai 2012
Par Madame Hervé
Madame Hervé qui n’a jamais été sportive fait néanmoins l’éloge des sportifs LGBT qui ont organisé le TIP le week-end dernier. Elle regrette néanmoins l’absence de compétition pour les travelos !
« Le rendez-vous de Paris » réunissait samedi dernier les virtuoses de la danse à deux « same sex », et cela dans le cadre du TIP (tournoi international de Paris). Une compétition bon-enfant qui en dit long sur le chemin parcouru depuis l’apparition des associations sportives gays et lesbiennes au milieu des années 80.

Dans le monde LGBT les sportifs constituent le gros bataillon des troupes : ils sont les plus nombreux et les mieux organisés. Moi qui ai peu l’esprit de compétition, je dirai que l’efficacité de leur fédération (la FSGL) constitue la démonstration que le caractère quasi militaire des machineries sportives a de bons côtés. Avec eux, tout tourne : délégations du monde entier accueillies, hébergées, encadrées. Locations de salle tous azimuts aux quatre coins de Paris. Fête finale dans une grande salle sans mégalomanie, et donc gestion financière rigoureuse, le tout encadré par une équipe bénévole hyper sympa. Bref un esprit que l’on aimerait trouver partout ailleurs dans le monde associatif.
Et du coup je ne peux m’empêcher de penser très fort, et avec beaucoup d’émotion à mon ami Dominique Poggiale, un des fondateur du CGPIF (ancêtre de la FSGL) en 1986 (la Taulière est ainsi, elle ressasse !). La première fois qu’il m’a parlé de cette idée de clubs de sport gays j’ai rigolé. Du sport de pédé ? Moi qui vomissais tous mes souvenirs de vexations et d’ennui dans mes cours de gym à l’école, sans parler des frustrations honteuses ressenties dans les vestiaires. Mais Dominique, par ailleurs militant politique et syndicaliste, m’avait exposé sa conception : « C’est pas parce que t’es pédé et que tu risques des insultes que tu n’as pas droit au plaisir de faire du sport. On va se créer un environnement dans lequel on sera nous-mêmes ». Depuis Dominique est mort du sida, il serait tellement fier et heureux de voir comment sa petite fédération a évolué.
Pour les Gais Musette, ce fut exactement la même chose : puisqu’il n’était pas facile d’aller danser la valse entre mecs dans les bals populaires, nous avons créé un autre environnement, où cette fois, « entre nous » nous pourrions nous adonner à notre passion. Là encore bravo pour le chemin parcouru depuis 1995 (date du 1er bal gai musette). Samedi la compétition avait lieu dans un gymnase municipal, devant un public très mixte, les gens du quartier s’arrêtaient devant la grande porte ouverte et jetait un coup d’œil en appréciant la performance des danseurs et des danseuses.

Quand je pense que l’on nous bassine depuis des années avec la phobie du communautarisme. La communauté, lorsqu’elle porte des bons projets, travaille avec un bon esprit et s’organise bien, elle fait des merveilles.
PS :
Je regrette beaucoup que ma grande amie Candy Lafolle ne m’ait pas accompagné à ce concours de danse (parfois les folles s’égarent dans des plaisirs plus artificiels et moins authentiques). Elle aurait pu faire une description des couples de danseurs modelés dans de bien curieuses tenues ornementées de strass et de paillettes. Elle se serait extasiée
devant la variété des couples de femmes, aux tenues peut être pas très heureuses. Elle aurait regretté l’absence d’un couple de travelos qui aurait pu porter le numéro 69 (année de naissance officielle et factice de Madame Hervé). La danse quick step l’aurait fait sursauter tant cela semblait tout à coup devenir une compétition de patinage artistique. Enfin, peut-être aurait-elle tout à coup rêvé de voir surgir un couple de jolis danseurs en tenue légère (genre shorty lycra) ou entièrement revêtus de cuir seillant.
Je n'ai pas résisté au plaisir d'immortaliser ma visite. Le couple de danseurs a été choisi par hasard...

jeudi 24 mai 2012
Par Madame Hervé
Le sida supprimé des statuts du futur Centre LGBT. Voilà ce que trament ceux qui prétendent construire le grand mouvement LGBT de demain. Mais qui va réagir ?
Le sida va disparaitre des statuts du Centre LGBT Paris ÎdF. Quelle bonne nouvelle ! Il n’y a pas que les médecins, chercheurs, laboratoires pharmaceutiques qui spéculent sur l’éradication de la maladie, voici que les militants homosexuels (du moins certains d’entre eux) rayent d’un coup de stylo l’existence de la maladie.
Rappelons le contexte : depuis le mois de décembre 2011, une poignée de militants LGBT, conduits par les responsables de l’Inter LGBT et la Présidente du Centre, déploient toute leur énergie pour réaliser la fusion du Centre et de l’Inter. Quel est leur projet ? Que souhaitent-ils faire dans ce méga centre ? Quelle est leur analyse des priorités actuelles du mouvement homosexuel ? En tout cas certainement pas la lutte contre le sida ! La mention du sida a purement et simplement été supprimée des statuts de la future structure.
Anodin ? Que non ! Les statuts sont à une association ce qu’est la constitution pour un pays (c’est ce que nous avons discuté mercredi 23 mai lors d’une première rencontre-débat de la nouvelle université populaire LGBT, consacrée à l’histoire du Centre à travers l’évolution de ses statuts). Depuis la création du CGL en 1993 le sida a toujours été un des objets de l’association clairement défini. Il aura donc fallu attendre cette fusion avec l’Inter LGBT pour que soit osée la disparition du mot sida des statuts.
Cela en dit long sur ce projet de méga-centre et illustre parfaitement ce que nous sommes un certain nombre à dénoncer depuis quelques mois : cette fusion résulte d’une mauvaise appréciation des enjeux actuels du mouvement LGBT, elle ne répond à aucune nécessité, loin d’assurer la « force par l’union », elle va entraîner des divisions et des gaspillages. Le malheur est que tout cela se prépare et risque d’être adopté dans l’indifférence générale : jusqu’à aujourd’hui les autres grandes associations LGBT laissent faire et se taisent (à l’exception de Contact, du MAG et d’OuTrans).
Aujourd’hui ce sont tous ceux et celles qui se préoccupent de la persistance des contaminations du VIH chez les homosexuels qui peuvent s’inquiéter. Le sida va disparaître des articles «objet » et « moyens d’action » des statuts de ce que l’on nous annonce devoir devenir la plus grande association LGBT française.
NB : deux informations :
1) Réunions d’information sur ces statuts jeudi 24 mai à 19 h et samedi 26 mai à 14 heures au Centre LGBT, adoption prévue au cours d’une AG extraordinaire convoquée le vendredi 15 juin à 18 heures
2) Parce qu'il faut bien palier aux insuffisances de ce Centre LGBT : un grand débat animé par le journaliste Anthony Bellanger (Le Blogueur, Arte) se tiendra au Tango le mardi 19 juin à 20 heures : Le sida s'invite à la Gay Pride : 30 ans après, quelle prévention pour les gays ?

vendredi 4 mai 2012
Par Madame Hervé
Les préparatifs de la fusion du Centre LGBT et de l'Inter LGBT se poursuivent dans l'indifférence générale. La suite du feuilleton raconté par notre Kroniqueuse.
Les premiers épisodes de ce feuilleton :
Episode 1 : Le combat pour un autre Centre LGBT
Episode 2 : Mettre de l'ordre dans le mille feuille associatif.
Je me suis donc rendu hier à l’ultime réunion de préparation de la fusion entre le Centre LGBT et l’Inter. Cette fois était annoncée « la finalisation » du projet. Pour l’occasion nous avons eu droit à un exposé (toujours avec ce satané power point) d’une professionnelle juriste (budget de la prestation entre 6 et 7000 euros). Elle a présenté toutes les hypothèses, et j’ai surtout noté qu’elle employait à présent sans complexe le terme de « fusion ». Adieu donc le rapprochement ! On ne sait pas trop qui va absorber l’autre, mais au niveau du fonctionnement il est clair que c’est l’Inter qui impose au Centre un fonctionnement très subtil : un CA de personnes physiques, un conseil d’orientation dominé par les personnes morales et beaucoup de réunions-débats en perspective. J’ai trouvé que le tout était encore bien approximatif et compliqué : imaginez une répartition de l’assemblée par collèges de membres différents, assorti d’une pondération pour compenser l’absence possible des représentants des associations. Si comme moi vous n’y comprenez rien, ne vous inquiétez pas car le Président de l’Inter nous a encouragé à nous lâcher : « il n’y a pas de questions bêtes » a-t-il dit. J'ai souris car j'ai pensé : non, c'est juste le projet de fusion qui n'est pas très malin.
La discussion est restée très technique, il va sans dire qu’à aucun moment la question du pourquoi d’une telle fusion ne leur a effleuré l’esprit. On a parlé fonctionnement, gouvernance, modalités d'adhésion. Pour quoi faire ? La même chose qu’avant, mais plutôt que d’avoir deux associations spécialisées on en aura qu’une. Parce que soit disant, l’union fait la force : « Tous ensemble, tous ensemble ! »
Ce qui était clair est que pour l’instant cette union a des allures de peau de chagrin ! Dans la salle des mariages de la Mairie où se tenait la réunion (un symbole a cru bon de souligner la juriste rémunérée), il y avait en tout et pour tout une trentaine de personnes, plus de la moitié faisaient partie du groupe de travail, du CA du Centre ou de l’Inter. J’ai bien compté, au moins 5 ou 6 associations représentées, sur plus d’une centaine adhérentes des deux structures, cela ne fait pas beaucoup !
D’où ma question ? Pourquoi cet entêtement ? L’indifférence générale des associations LGBT pour cette fusion est flagrante. C’est la troisième réunion qu’elles ignorent ! Mais les technocrates s’en moquent, ils ont conçu cette fusion et iront jusqu'au bout, quitte à se retrouver sans troupes.
jeudi 3 mai 2012
Par Madame Hervé
Moi Président de la République je lancerai à Paris un grand festival d'accordéon international, je laisserai utiliser tous les samedis soirs les cours de récréation des écoles pour y organiser des bals musette ou des boums (sans alcool). Ainsi en faisant la fête dans tout Paris, il n’y aura plus à l’entrée des boîtes ni files d’attente, ni ségrégation.
Moi Président de la République je réformerai la Sacem pour que les droits d’auteurs soient répartis plus équitablement (pas tout à Johnny, Madonna ou Gaga, mais plutôt aux petits qui débutent). Je mettrai un peu d’ordre dans le droit des successions pour forcer Orlando à offrir gratuitement au public le répertoire intégral de sa sœur et arrêter de nous sortir une nouvelle compilation inédite tous les ans !
Moi Président de la République je porterai le ruban rouge en guise de légion d’honneur, et je taxerai très fortement toutes les dépenses de publicité des laboratoires pharmaceutiques.
Moi Président de la République, je prendrai au moins un ministre ouvertement séropositif(ve), un autre transsexuel(le).
Moi Président de la République j’autoriserai toutes les fantaisies en matière de plages horaires dans les piscines municipales : une heure pour les naturistes, une autre pour les gros, une pour les pédés qui aiment être en maillot de bain, une pour les gouines radicales, le lendemain pour les familles avec enfants etc. L'unique plage horaire interdite sera celle pour les seuls riches (ceux là ont déjà leurs piscines privées dans lesquelles il font ce qu’ils veulent).
Moi Président de la République j’instituerai dans les écoles la journée du travestissement pour éduquer nos enfants à la notion de genre. Chaque garçon recevra un tube de rouge à lèvre et chaque fille une cravate (on variera les symboles selon les années).
Mais je ne serai jamais Président de la République, je suis juste Taulière d’un bastringue ringard. Alors sincèrement je vous souhaite une belle fête ce 6 mai, et si possible au son de l’accordéon !
Madame Hervé au bal des travailleurs, veille du 1er mai.
