Madame Hervé blogue

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Mme Hervé ?

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Jeudi 29 juillet 2010

Le temps des souvenirs : série d'été (1)

L'été est propice aux souvenirs. En septembre le bal de La Boîte à Frissons va fêter son 14ème anniversaire. Du coup nous nous sommes plongés dans nos albums photos... 10 juillet 1998, une soirée spéciale "départ du tour de France"...

A l'époque j'étais fan du tour de France, pas seulement pour contempler les cuisses des coureurs enveloppées de Lycra, mais aussi pour son ambiance. Et j'avais en tête la Yvette Horner, perchée sur un toit de camionnette décapotable, jouant de l'accordéon.

Cette soirée a été un fiasco total, les deux seules personnes déguisées dans la salle étaient mon ami Bernard (qui à cette époque assurait l'accueil à l'entrée) et moi même... Notez que je ne me travestissais pas encore, Madame Hervé n'est apparue que deux années plus tard.

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De notre programme musical spécial "pédales", nous avons gardé à notre répertoire de première partie de soirée la chanson "Fais du vélo" interprétée par Georgette Plana.

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Lundi 19 juillet 2010

Retour sur le bal des travs : la lesbienne féminisée.

Les mecs se travelottent, mais pourquoi pas aussi les filles, celles qui habituellement refusent les attributs typiquement féminins ?

C’était notre idée, réalisée lors du dernier bal des travs. Cindy, une habituée du bal a accepté de relever le défi. Nous trouvions cela drôle et relativement simple. Mais en fait ce n’était pas si évident. C’est là qu’on se rend compte des bizarreries qui trottent dans nos têtes confectionnées à l’école des genres. Des filles veulent s’affranchir des fastidieuses obligations esthétiques qu’on leur impose (maquillage, mode, talons…), et des garçons, au contraire aimeraient tant s’en emparer…

L’aventure de Cindy a été racontée en détail par notre petite soeur, Candy Lafolle…Voir sur le profil de Candy sur Facebook

La Cyndi habituelle :

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Et après transformation réalisée par Melle Fifi dans la loge de Mme Hervé :

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Samedi 17 juillet 2010

Que faire face aux insultes homophobes ?

Sortir avec une folle et redécouvrir l'insulte est une chose (1er épisode de cette chronique), mai ensuite ? Comment réagir face aux insultes ?

Il y a ceux qui ne les entendent pas, et passent leur chemin. Soit ils sont vraiment folles, au point de ne pas se sentir visés par ces propos vulgaires, soit ils sont un tantinet lâches : à quoi bon riposter ?

Moi je suis du genre à réagir au quart de tour, hélas sans toujours bien réfléchir. J’ai plutôt envie de leur rentrer dedans à ces morveux (ou morveuses). En bon ancien professeur de la République, je crois encore à la vertu des leçons de morale. Sauf qu’instinctivement je vais être plus violent que pédagogue : l’insulte me rend agressif, et probablement contre productif.

Tenez, prenons un exemple. De jeunes loulous machos dans la rue se moquent de ma copine folle. Ils sont probablement issus d’une « zone » de banlieue, et vivent au quotidien une discrimination cent fois plus pesante que celle qu’ils m’infligent en cet instant. Il m’est assez facile de faire le malin devant eux, et de riposter violemment : je peux leur prouver que je suis fier, invoquer la loi, les menacer de porter plainte, et pour finir les traiter de pauvres frustrés sexuels… Je me défoule, mais je ne fais pas avancer la cause. Cela ne va pas les rendre moins homophobes, au contraire : je les ai juste humiliés.

Revenant à la raison, je peux regretter que l’école de cette République, à laquelle je crois encore, n’ait pas fait son boulot éducatif (au passage elle a également exclu ces jeunes). Je peux maudire tous les enseignants homosexuels qui continuent de se planquer, et relèguent ainsi l’homosexualité au rang de tabou dans l’enseignement. Je peux dénoncer le manque de courage des responsables politiques qui n’imposent pas à cette éducation Nationale de se bouger. Mais en attendant ?

J’envie simplement l’humour flamboyant des folles, capables de se défendre en faisant rire, avec parfois une vraie agressivité, mais toujours avec le brin d’humour qui fait que l’agresseur se voit offrir une porte de sortie élégante. A quoi sert de faire courber la queue de mon loulou de banlieue, ne vaut-il pas mieux poser une fleur sur son fusil ? Donc plutôt que de nous constituer en milices, plutôt que de nous organiser pour mettre les vilains homophobes en prison (quelle horreur, dans le milieu homo, cet appel permanent à la répression policière) inspirons-nous des expertes de la réplique assassine mais drôle : les folles, les travelos, les putes, les trans, les grosses, toutes ces éternelles victimes de la vindicte des gens normaux. Inventons des provocations amusantes et organisons des expéditions punitives farfelues.

Vendredi 16 juillet 2010

Sortir avec une folle et redécouvrir l’insulte

Madame Hervé en civil passe partout inaperçue. Pourtant sa fréquentation des folles l’expose à la bêtise méchante de l’homophobie de tous les jours.

Avec l’âge, je me sens plutôt bien assuré dans ma peau d’homosexuel. Dans mon quartier tout le monde sait qui je suis, et je n’ai pas le souvenir d’avoir à un moment ou à un autre été victime d’homophobie. Parfois j’ai même tendance à être sceptique face à l’avalanche d’événements homophobes relatés par les médias gays. Je me pose alors la question : est-ce que l’on n’en fait pas un peu trop sur ce sujet ? Et finalement, est-ce que l’acceptation de l’homosexualité ne rend pas encore plus insupportable une homophobie somme toute marginale ?

Or ces derniers temps, en me promenant avec des amis « folles », j’ai redécouvert la limite de la tolérance populaire vis-à-vis de la différence. La folle semble encore déranger. « T’as vu cette tapette ! » (Deux gamines de 16 ans s’esclaffent bruyamment à notre passage aux bords du canal Saint Martin) « Putain des homos, regarde les, ces pédales » (Un petit groupe de jeunes dans une rue d’une ville de province) « Regarde le mec, on peut pas être plus femme que ça ! » (Encore une adolescente parmi un groupe scolaire dans un musée bondé de monde). Là il s’agit d’insultes verbales, toujours formulées par des jeunes en plein âge bête. Mais que dire des autres réactions, quasi systématiques, de personnes plus matures : des regards lourds, des sourires incontrôlables, pas toujours de l’hostilité du reste, mais une incontestable gêne. Parfois, il faut le reconnaître, les coups d’oeil sont plus sympathiques et traduisent davantage ce que justement la folle attend : un brin d’admiration pour le panache et la flamboyance !

Quoiqu’il en soit, toutes ces attitudes soulignent le dictat de la normalité. S’en écarter nous expose forcément à éveiller chez les autres méfiance, surprise et parfois violence. A nous de ne pas relâcher notre vigilance. Reste à savoir comment réagir concrètement lorsque l’on subit cette hostilité ? (A suivre)

Dimanche 11 juillet 2010

Lady Gaga Tango 2

C'était la deuxième soirée consacrée à Lady Gaga vendredi soir. Toujours la magie de la Boîte à Frissons... Cependant, un effort sur les looks serait le bienvenu !

Je m’amuse parfois de l’image du Tango qui circule encore. « Oh tu sais cette boîte de vieux ». « Un bal ringard, mais sympathique ». N’étant pas très people public, j’aime me glisser dans la foule gay et écouter ces qualificatifs peu flatteurs…

Ces gays atteints de tels préjugés auraient été bien surpris vendredi soir (et bien d’autres soirs du reste). Imaginez que le fan de Lady Gaga, qui m’a aidé à préparer la soirée, et qui est monté sur scène avec ses copains, est encore au lycée, et est venu accompagné de… sa maman ! Quant aux autres danseurs, bien connus sous le nom de « kikis du Tango », ils ont tous moins de 20 ans !

Effectivement le spectacle avait un côté un peu approximatif, mais au moins ces jeunes nous ont épargné les caprices prétentieux de certaines divas transformistes, qui ont tendance à se prendre un peu trop au sérieux (et finalement nous ennuient). Cette montée sur scène d’habitués de la boîte (hier des petits jeunes, mais parfois des moins jeunes tout aussi convaincants), est un élément de la magie de nos soirées.

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En revanche grosse déception sur les looks : est-ce la canicule qui explique le peu de personnes gaga-costumisées ? Je vous avoue que personnellement, supporter ma tenue brillante mais étouffante, sans parler de la perruque, fut un vrai calvaire. Si certains ont pensé que je faisais la gueule, qu’ils se rassurent, c’est juste que je suais !

Les lookés de la soirée...
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Lundi 28 juin 2010

Gay-Pride : les chiffres annoncés révèlent les vrais enjeux politiques d’une marche.

La querelle des chiffres de la participation à la marche des fiertés, ou le retour de l’affrontement gauche-droite sur la question homosexuelle.

Les organisateurs espéraient 700.000 personnes (comme en 2009) et ont annoncé 800.000 (donc un plus de 100.000). La préfecture, qui depuis des années ne contestait pas les chiffres des organisateurs, a cette année rompu le consensus et présenté des chiffres minorés assez rocambolesques : 100000 personnes, dont 65000 badauds.

Personnellement j’ai toujours été sceptique sur les chiffres annoncés par les organisateurs, tout simplement parce que je suis un habitué des manifestations et que j’ai donc quelques références en tête. Les énormes manifestations historiques, de la gauche ou de la droite, durent une journée entière et sont composées de masses compactes de marcheurs. Ce qui n’a jamais été le cas des marches homosexuelles : elles débutent l’après midi et se finissent en début de soirée, elles ne sont pas précédées de trains spéciaux de province, ni de bataillons d’autocars. Des centaines de milliers, jusqu’à presque un million comme il fut annoncé une année : il ne faut pas exagérer !

Mais peu importe. Ce qui est amusant est que les chiffres annoncés par le pouvoir en place dénotent très clairement les enjeux politiques d’une marche. Ces dernières années il y avait un quasi consensus droite-gauche sur les homos, et même L’UMP les draguait : après tout le mariage n’est-il pas une institution de droite, et sa critique une débauche soixante-huitarde ? Du coup, même la préfecture de police ne contestait pas le décompte de l’Inter LGBT. Incroyable, les syndicats et autres organisations de manifestations militantes, habitués à voir leurs chiffres systématiquement remis en cause n’en revenaient pas. Or cette année, changement de décor : la droite entreprend la reconquête de son électorat traditionnel, les homos ne sont plus une priorité et leur mariage est relégué aux calendes grecques. Du coup il redevient important de minimiser la puissance du mouvement gay et de présenter leur marche annuelle comme une simple balade d’illuminés travestis dans les rues de Paris.

La gauche peut se féliciter, en particulier les socialistes qui ont toujours beaucoup investi le mouvement gay, les homos de droite vont se sentir lâchés par les promesses de Sarkozy, et mieux, ils vont adorer la candidature Strauss Kahn.

Vendredi 25 juin 2010

L’homophobie rend folle !

L’histoire folle et émouvante d’une photo prise à la gay-pride de 2006.

Cette année j’ai souhaité fêter la gay pride avec mon ami Poutou, le concepteur et animateur du site paris-gay.com. C’est donc ensemble que nous avons choisi une photo (Poutou est aussi photographe !), en cherchant à sortir des clichés habituels, des beaux mecs normalisés ou des extravagances convenues. Et c’est cette fantastique folle que nous avons choisie, en prenant soin de sélectionner une image garantissant son anonymat.

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Et voici que ce personnage m’a adressé cette lettre, si belle que je lui ai demandé l’autorisation de vous la faire partager.

Bonjour,
Je suis dans la mailing liste du Tango et je viens d'aller visiter Paris-Gay.com. Alors voilà, je ne sais pas du tout comment vous accueillerez mon message, mais je tiens à vous dire, du fond du coeur, que je suis profondément heureux et sincèrement touché de retrouver ma petite pancarte "L'homophobie rend folle !" dans votre visuel.

Je m'appelle Joël, j'ai 41 ans, et cela fera 20 ans que je vis à Paris, j'ai une âme militante et je ne crains pas les déguisements. En 2006 je devenais complètement folle en apprenant de quelles façons se déroulaient les Gay Pride en Europe de l'Est. Je ne faisais partie d'aucune association et j'ai tout de même voulu mener une action militante qui frappe radicalement les esprits tout en provoquant de la bonne humeur. Mon maillot de bain deux pièces roses et mes accessoires de beauté viennent de chez Tati, le carton neige pour la pancarte et le gros feutre rose viennent de chez Graphigro. Je me suis changé sur place, dans un abribus.

J'ai tout de suite réalisé que je prenais un risque énorme et durant toute la marche je ne me suis jamais écarté du centre de la voie publique (on ne sait jamais). J'ai tout de suite eu un succès folle et jamais dans ma vie je n'ai autant été pris en photo que ce jour-là. Beaucoup de gens souriaient, approuvaient, applaudissaient... c'était complètement dingue ! J'ai fait ça de Montparnasse à la Bastille, j'avais l'impression d'être aussi impressionnant qu'un des camions sonorisés. Quand on est un "bear" (un affreux gros nounours avec des poils jusque dans le dos) on n'a pas l'habitude d'un tel succès ! Et d'ailleurs, dans le microcosme commercial bear parisien (où je m'ennuie tant) le soir de cette marche des fiertés 2006 j'ai encaissé plein de regards haineux (ben oui ça ne se fait pas, quand on est un bear on doit avoir un look de bûcheron ou de routier sinon gare à toi, mais je m'en foutais, j'avais voulu mener cette action et elle avait marché).

Et puis dès le lundi mon message était repris dans les journaux car des photographes d'agence de presse ont aussi "saisi le sujet". J’étais donc en photo dans 20 minutes, Métro, et toute la semaine sur le site de l'événement du jeudi. Un copain de lycée qui vit à Montréal depuis des années m'a même adressé la page du journal Le Progrès où j'étais aussi en photo. Des connaissances de bistrot me recommandaient alors de "me faire du fric" en attaquant ces médias sur le thème du droit à l'image : mais surtout pas, bien au contraire ! Les agences ont relayé mon message et par la photo mon action restait aussi claire et forte que durant la marche. Par la suite j'ai continué à me retrouver en photo un peu partout sur le net, par exemple si vous tapez "l'homophobie rend folle" sur google pictures vous découvrirez qu'il y a même quelqu'un qui a créé un fond d'écran qu'on peut télécharger !

Et aujourd'hui c'est vous qui assurez complètement en le reprenant ! Pardon mon message est un peu long, mais je viens de rentrer du boulot et vous venez de me rendre un visage souriant.

Donc vendredi je viendrai à votre soirée, pour danser, j'ai envie de rire, de m'amuser, d'être léger, de rencontrer un chéri...

Je vous embrasse.
Joël

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Mardi 22 juin 2010

La pièce Un coeur en Herbe vue par Candy Lafolle

Une nouvelle venue sur Facebook, au nom explicite de Candy Lafolle, m'a adressé ce matin sa critique de la pièce de Christophe Botti jouée ces jours-ci au Tango.

“Mais si, je suis un fauché !” dis-je à Mme. Hervé travelotté en Monsieur Hervé à la caisse du Tango. J’essayais de le convaincre que je n’étais qu’un pauvre étudiant pour qu’elle me fasse le tarif réduit pour assister à la pièce Un Coeur en Herbe. Un sourire et des yeux doux plus tard, je pénétrais un Tango, transformé en salle de théâtre le temps de quelques représentations de la pièce de Christophe Botti.

Un charmant jeune homme fait l’ouvreur, un autre m’installe et un dernier tient le bar. La petite scène de la Folle Académie est agrandie, des chaises recouvrent la piste. Le décor situe déjà l’action : une bibliothèque, un bureau et deux piles de livres. La salle se remplit très vite, les gens se bousculent pour s’installer avant l’extinction des lumières, et on est parti pour un orgasme qui dure une heure et demi.

Les lumières s’éteignent, et on plonge directement dans le bureau de Jacques, auteur âgé d’une cinquantaine d’années. Il accueille chez lui Mathan, jeune étudiant innocent qui débarque à Paris pour ses études. L’étudiant est fan de l’auteur. Jeu de séduction très feutré après leurs échanges sur le net... Pour combler le tout, le mari de Jacques, Olivier, un gym queen d’une trentaine d’année, fait irruption dans l’appartement. Méchancetés, vitupérations et défis. La pièce gay classique ?

Pas du tout. Les thèmes semblent clichés mais sont comparables aux albums de Madonna. On les a vu maintes fois, mais présentés comme ils le sont, ça semble original. Pour une fois, dans une pièce à caractère gay, on traite la jalousie non comme une pathologie mais comme un sentiment normal assimilé à l’amour et la sincérité. La jalousie d’Olivier face à la nouvelle relation entre Mathan et Jacques - qui ne reste que platonique ; le dépit de Jacques face à Olivier et son amant Rémi, et Mathan perdu dans ce méli-mélo d’émotions. La jalousie et la possessivité justifiées, surtout à travers le monologue d’Olivier, pour qui l’amour et le sexe sont deux choses différentes, alors que pour Mathan, les deux sont indissociables. Contrairement aux autres personnages de la littérature gay qui sont souvent plats (de caractère), ici les personnages sont entiers. Ils ont des opinions, y croient dur comme les muscles d’Olivier, et chacun se dispute avec l’autre pour prouver qu’il a raison. Jacques, dont la voix de la sagesse est de temps en temps muselée par son désir ; Olivier, qui ne prononce pas deux phrases sans “queue” ou “baise” mais qui néanmoins est toujours, à sa manière amoureux de Jacques, et Mathan, avec ses idéaux de la vie à deux.

Chaque membre du public qui a un minimum de vécu et d’expérience s’identifie à un moment ou à un autre, à un, voire plusieurs des personnages. Le coup de maître de auteur est de concentrer tous les aspects et traits de caractère des gays actuels dans trois personnages (les gays de droite, ceux qui tapent sur les homophobes, ceux qui veulent partager leur savoir, ceux qui veulent aider les jeunes, ceux qui ont toujours leurs illusions, ceux qui veulent des enfants, etc). Une tranche de vie où l’amour, la méchanceté, l’ego, la différence de génération et le désir sont concentrés en une heure et demi.

Des répliques qui seront bientôt cultes, un texte drôle, léger mais pertinent et surtout sans euphémismes servi par trois acteurs brillants. Surtout Jacques. Il est pétillant, attachant, regarde le public avec exactement le regard qu’il faut pour leur arracher leurs larmes ou leurs sourires, une vraie présence sur scène. Je l’ai nommé, sans exagération, la Duse du Tango. Cela dit, les deux autres ont leurs charmes aussi ! La scène hot entre Olivier et Mathan en slip, ou encore, Olivier enserrant de ses biceps tendus le jeune Mathan, digne d’une photo de Bob Mizer.

De quoi clore la trilogie “Un Coeur” en grande pompe...

Retrouvez Candy Lafolle sur facebook.

Mathan ( Romain Poli), Olivier (Samuel Perche) et Jacques (Philippe Rambaud) sur la scène du Tango : ciel mon mari ! ciel-mon-mari-.jpg

Dimanche 20 juin 2010

Jo Leemans, chanteuse néerlandaise

Imaginez qu'un ami, oiseau des ïles (Maurice) m'a demandé si j'avais des enregistrements de cette chanteuse néerlandaise... Elle a eu un grand succès dans les années 50 et aux débuts des années 60. Personnellement je l'avais découverte en farfouillant dans les magasins de disques d'Amsterdam lorsque je résidais aux Pays Bas de 1984 à 1986. On vous passe parfois ses chansons au bal (première partie de soirée), notamment sa version de "Que sera sera". J'adore la sonorité si curieuse de cette langue incompréhensible.

Vendredi 18 juin 2010

Sida 2010 : le retour de mes années 80

Cela commence par un coup de fil de pur hasard.
- Salut Mathieu, tu viens au bal des travs vendredi prochain ?
- Non… Euh… Je suis hospitalisé depuis une dizaine de jours.
- Ah bon, t’aurais pu me prévenir. C’est grave ?
- Oui un peu, mes poumons ont lâché… je vais rester là encore quelques semaines.
Drôle d’impression après avoir raccroché le téléphone. Tous les mauvais souvenirs de la fin des années 80 m’assaillent.



J’ai donc pris le chemin de l’hôpital. J’ai trouvé Mathieu dans une chambre d’un service de réanimation, entubé de partout, surveillé par un appareillage high tech. En arrivant, il me tend un bout de papier, sur lequel je lis le diagnostic que j’avais déjà deviné : pneumocystose vih +. Je lui souris, gêné qu’il préfère me le faire lire que de me le dire. Et j’écoute son histoire. Il a toujours eu peur de faire le test, il n’allait pas bien, se sentait fatigué, enchaînait les mauvais rhumes… Et puis ces dernières semaines, une angine plus coriace que d’habitude, avec une perte de poids spectaculaire : son médecin de quartier qui ne savait rien de sa sexualité n’a pas compris. Mathieu s’est retrouvé pratiquement mourant à la maison, puis transporté aux urgences dans un très sale état. Depuis il sait, la contamination remonte à plus de 10 ans. Un traitement démarré à temps lui aurait évité cet épisode douloureux.

Il n’a pas de famille sur Paris et craint que ses collègues l’apprennent. Il a donc peu de visites et s’ennuie à l’hôpital. Mais il est rassuré, il est très bien soigné, le personnel du service est remarquable. Il va revivre.

Et je retrouve une sinistre routine. Dans ma mémoire, chaque hôpital de Paris porte le prénom d’un de mes amis malades, que j’ai visité durant des semaines… Je joue au brave, j’assume, mais j’en chiale en cachette.

Et voici qu’en 2010, je me retrouve plongé dans la même ambiance qu’il y a plus de 20 ans. Lutter contre la honte de la mauvaise conscience, briser le silence parce que sinon les malades crèvent seuls, expliquer à nouveau aux gays de baiser avec des capotes.

J’apprends chaque semaine une nouvelle séropositivité, des amis sont hospitalisés et cet hiver je suis retourné à deux reprises au Père Lachaise.

Dites moi que ce n’est pas vrai ! Et dans une semaine nous ferons la fête sur les chars de la Gay Pride ?

Jeudi 17 juin 2010

Le retour de Madame Hervé sur son blog

Absente sur ce blog depuis le 11 avril dernier… mais que fait-elle cette Taulière ? Elle qui nous abreuvait de ses avis sur tout et n’importe quoi depuis si longtemps.

Mettons qu’elle déprimait. L'hiver fut rude pour une fan des chaleurs tropicales. Ou bien au contraire, Madame Hervé n'était-elle pas absorbée par sa vie trépidante ? Certains l'ont croisée escortant de bien beaux oiseaux des îles. On dit aussi qu'elle déployait son énergie vers d’autres horizons et qu'elle nous préparait de nouvelles initiatives. Il est certain que régulièrement elle s'adonne à son exercice d'esprit favori : réfléchir à l'avenir de sa planète. Mais plus bêtement, ne s'est-elle pas, comme bien d'autres, un peu trop attardé sur Facebook, au point d’en délaisser son blog.

Peu importe, en ce jour de la Saint Hervé, elle a décidé de revenir.

Le blog de Madame Hervé c’est reparti !

Dimanche 11 avril 2010

L’agressivité est-elle payante ?

Interrogations sur certaines formes d’action militantes LGBT.

Depuis quelques temps nous assistons régulièrement, via le relais des sites gays d’information, à la mise en scène (en images en l’occurrence) d’actions militantes LGBT « radicales » : blocage du char UMP à la Gay Pride, vomissements simulés à un débat sur l’identité nationale, Kiss-In sur le parvis de Notre Dame à l’heure de la sortie de la messe, interruption d’un débat public avec Christine Boutin... A chaque fois, ce qui frappe, c'est la violence et l’agressivité des propos tenus par ces activistes.

On reconnaît l’inspiration de combats du passé qui se sont incrustés dans la mémoire collective : les provocations délirantes du FHAR, et plus récemment les grands coups spectaculaires d’Act-Up. Mais hélas, là où les anciens faisaient mouche, les imitateurs font flop !

Bigre, moi-même en écrivant cela, en direction de personnes qui sont plutôt mes amis, ne vais-je pas être victime de représailles ? Attention braves gens, la terreur va s’installer, les commissaires politiques veillent, gare à tous ceux qui ne pensent pas comme vous ! Ils vont surgir, par surprise, car ils s’infiltrent discrètement, et tout à coup, ils vont aboyer, hurler, sortir les dents et la haine qu’ils ressentent. « Vous n’avez pas le droit à la parole » qu’ils disent !

Du reste tous ceux qui relaient ces vidéos (les sites Têtu, Yagg, Illico, etc.) ne posent pas en parallèle la question qui compte lorsque l’on s’engage dans un combat politique : l’action fait-elle avancer la cause ?

Prenons l’exemple de Christine Boutin. Qui représente-t-elle ? Elle incarne une certaine droite inspirée par la morale catholique traditionnelle : elle défend les valeurs de la famille et aime s’adonner à la charité chrétienne. Pour elle l’homosexualité est une souffrance. De la même manière, elle dénonce le sort réservé aux prisonniers dans les prisons, s’indigne contre les conditions inhumaines avec les quelles on traite les sans papiers, et aimerait aider les pauvres prostituées forcément victimes. C’est une catho peu surprenante, mais très cohérente. Mérite-t-elle pour autant d’être interdite de parler lors d’un débat public, qui plus est, organisé par ses opposants ? Qu’est ce qui est plus efficace ? La rendre victime d’intolérance ou la laisser exprimer ses thèses rétrogrades ?

Je ne suis pas contre un combat politique envers les idées qu’elle incarne, mais si nos radicaux, auto proclamés subversifs, veulent s’inspirer de leurs aînés, qu’ils abandonnent la stratégie de la terreur intellectuelle, et de grâce, qu’ils retrouvent un peu d’humour !

PS : Je veux préciser avant d’affronter les critiques, que je ne suis pas non plus un béni oui-oui. J’approuve les syndicalistes exténués qui séquestrent leurs cadres. J’ai hurlé pour faire sortir le ministre de la santé Bernard Kouchner d’un cortège d’Act Up un certain 1er décembre. J’ai insulté les policiers qui évacuaient les sans papiers de l’église Saint-Bernard. La violence peut être une arme politique, mais dans certaines circonstances où elle s’impose, et lorsqu’elle est susceptible de changer le rapport des forces en notre faveur. Ce qui ne me semble pas du tout être le cas dans les actions actuelles.

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Jeudi 8 avril 2010

Le tue l’amour, ou comment vous dégoûter d’être en couple ?

L’animation proposée par Madame Hervé, dimanche dernier au bal des célibataires, avait pour but de faire réfléchir sur tout ce qu’implique la vie de couple : patience, tolérance, abnégation...

Vous voulez être en couple ? Savez-vous bien ce qui vous attend ?

Je vais énumérer plusieurs situations aux quelles vous serez confrontés dans la vie de couple, et ce sera à vous de déterminer à quel moment vous décidez de préférer rester célibataire !

1) Etre en couple c’est dormir ensemble. Or très vite, vous allez vous rendre compte qu’il ronfle…

2) Pire, après quelques semaines, quelques mois peut être, il se permettra de ne pas toujours se retenir… il pètera au lit !

3) Plus délicat encore, lorsque vous l’avez rencontré, vous n’aviez pas imaginé cela… Mais c’est plus fort que lui, vous ne pourrez rien y faire, car c’est… comment dire… génétique… vous devrez supporter… Sa mère ! Elle débarquera sans prévenir, il lui parlera peut être trois fois par jour au téléphone, et vous ne pourrez pas échapper aux repas de famille…
(Supporter sa mère, voilà la plus belle preuve d’amour que vous pourrez lui faire…)

4) Vous aviez l’habitude de sortir en boîte le week end… Mais une fois en couple, sachez que, le vendredi soir, il rentre crevé du boulot, il est fatigué ! Et vous resterez à la maison, à la rigueur vous vous ferez un ciné avant minuit.

5) Lorsque vous l’avez fréquenté, il ne vous a pas tout dit sur lui même et sur sa vie… C’est en partageant son quotidien que vous avez constaté… qu’il regarde tous les soirs le feuilleton Plus belle la vie !

6) Comment réagirez-vous lorsqu’en passant le balais sous le lit vous trouverez… un de ses slips, sale, traînant là depuis des jours ?

7) Arrive forcément le moment où il va douter, dame jalousie fait son entrée dans votre vie quotidienne : pendant que vous êtes sous la douche, vous recevez un texto, il va se permettre de le lire, pour vous demander ensuite : c’est qui ce Sylvain qui demande ce que tu fais ce soir ?

8) Voici venu le stade final du couple, après quelques années, que s’est-il passé ? Quelle est la pire des évolutions ? Il a pris quelques kilos, lui qui était si élancé, a un gros ventre… (pardon pour les nounours !).

Alors êtes-vous encore prêts à assumer cette vie de couple, très hétéro-normée ? Si oui bravo, vous êtes des maris superbes. Sinon, ne pleurez pas, vous pouvez être des amants formidables !

Mardi 30 mars 2010

La Folle Académie a-t-elle raison de chanter en direct ?

Ce mois-ci dans Têtu, le chroniqueur clubbing se moque gentiment de nos spectacles de la Folle Académie. Une occasion d'aborder la question du bon et mauvais usage du play back sur une scène d'une boîte de nuit.

Oscar Héliani, le sympathique chroniqueur clubbing du re-devenu sympathique journal Têtu, soulève ce mois ci une question qui me passionne depuis des lustres. Comment réintroduire un peu d’humanité et de chaleur dans nos shows en boîte de nuit ?

Oscar se moque donc un peu de nous et vient me titiller sur une de mes grandes fiertés : au Tango nous essayons, quand c’est possible, de faire chanter nos artistes en direct. Ecoutons donc d’abord sa lamentation :
« J’ai décidé de me rendre à cette soirée curieusement intitulée « L’amour en vrai » au Tango, aka la Boîte à Frissons. Toujours aux petits soins, Madame Hervé m’accueille chaleureusement, dépose mon vestiaire backstage. Là dans l’entrebâillement des rideaux j’aperçois les artistes de la Folle Académie qui se préparent pour leur show : un festival de slows. On entend dire, ici et là, c’est vraiment scandaleux que certains artistes chantent en play back. Parfois, c’est préférable. Certes, ce ne sont pas les sélections pour Paris Got Talent, mais de grâce, ne bousillez pas les chansons comme ça ! Les locataires de la folle académie devraient partir en quarantaine avec un coach vocal. Alors n’en déplaise à la Taulière, le play back est le salut des oreilles. »

Mais mon petit chéri, le play back a tué les cabarets. Tiens, demande à Bambi par exemple, elle te racontera comment l’orchestre a peu à peu été remplacé par les bandes sonores, puis la voix originale par le play back. Alors je suis bien d’accord que mieux vaut un bon play back qu’un massacre vocal, mais la plupart des numéros des transformistes deviennent chiants passé la première minute, or les chansons des pouffiasses à la mode frôlent actuellement les 4-5 minutes… Quant à bousiller les chansons, parfois c’est jubilatoire, comme ce soir là quand Mystica chanta (fort bien, que faisait Oscar pendant ce temps là ?) « Capri c’est fini », devenu « Pour moi les mecs c’est fini » après une réécriture des paroles par Michel Heim.

Ceci étant, je dois reconnaître, qu’Oscar n’a pas totalement tort, il est arrivé assez souvent à la Folle Académie que l’on patine un peu avec le direct, La Taulière est un peu trop accueillante : elle aime tellement les amateurs, cela la perdra. N’est-ce pas aussi ce qui rend sympa la Folle Académie : ce caractère un peu amateur, où l’on ne se prend pas la tête.

PS : Plus sérieusement, nous avons des artistes à voix, qui n’auront pas à rougir devant Oscar : Tara Jackson, La Diva Live (de Bruxelles) ou encore le seul transformiste imitateur Bruno Sandro (qui revient le 12 mai incarner Dalida). Mystica, Jacqueline Genou, Lady Zoa, Taillefine, Belladonne ne chantent pas si mal ! Et Mademoiselle Gisèle nous offre régulièrement des chansons écrites par elle et toujours réussies. D’autres compensent une voix moins assurée par des numéros sophistiqués, un look spectaculaire ou des effets comiques. Et puis depuis un certain temps nous avons compris qu’il fallait varier les styles : nous accueillons aussi bien des créatures à play back incarnant les idoles du moment (Miss Glam Rockwell et la nouvelle Samantha Kay ça promet !), que des danseurs « sexy-boy » (Thomas Macri) ou « sophistiqué orientalo-queer » (Sultan).

Et vous cher public, qu'en pensez-vous ?

Mardi 23 mars 2010

Séropositivité n'en faisons plus un tabou !

Les campagnes de prévention commencent à s'orienter vers ce message assez simple : c'est en parlant de la séropositivité que l'on deviendra plus safe. Reste à savoir comment s'y prendre pour en parler : en douceur ? en colère ? Peu importe ! Que l'on en parle !

Aujourd’hui tout le monde sait que pour faire l’amour, il faut mettre une capote. Et pourtant chaque semaine, j’apprends la nouvelle séropositivité d’une personne de mon entourage (vaste, je vous l’accorde, avec le monde que je vois passer au Tango). Cette semaine, un petit jeune, pas même vingt ans, qui me glisse à l’oreille la confidence. La semaine dernière, indirectement, j’apprends qu’un vieux copain de mon âge, qui y avait échappé jusque là, vient de le chopper, sur le tard. Il y a deux semaines, c’est un autre ami, qui après un an de dissimulation, finit par me le dire, parce que j’ai enfin osé lui demander en face. Et ainsi de suite, je pourrai continuer la liste… Pourtant on n’en parle pas, ou si peu. Tout ce monde séropo reste tapi dans l’ombre.

Alors je me suis réjoui cette semaine de la publication sur "têtu.com" d’un spot publicitaire, qui aborde la fameuse question de le dire ou pas ! La vidéo est romantique, elle m’a arraché une larme : un beau gosse se réveille, seul dans un lit encore vaporeux des effluves de l’amour, il trouve sur son oreiller des post-its qui lui disent des mots doux et vont l’entraîner dans un jeu de piste charmant, pour lui apprendre que son partenaire, sans doute parti de bonne heure à son travail, est séropositif. Donc je trouve ce film sympa.

Mais patatras, mon « jspote » (oui un ami membre de l’association des Jeunes Séropositifs, avec qui je réfléchis beaucoup sur cette question en ce moment, en vue de la publication d’un livre sur le sujet) n’aime pas le scénario : « D’abord, le séropo on ne le voit pas, et c’est vraiment pas réaliste, cette façon mièvre de traiter le sujet. Cette pub qui tente de nous faire croire que les gens sont suffisamment informés pour sourire gentiment a l'annonce d'une séropositivité.... J'ai du mal à y croire... ». Lui préfère un autre spot de prévention, qui montre deux mecs hyper sexys qui rentrent dans un appartement, s’embrassent à pleine bouche, se collent l’un contre l’autre, s’arrachent les vêtements : une fois parvenus presque nus sur le lit, l’un des deux glisse un mot à l’oreille de l’autre, lequel se relève, empoigne son compagnon et le projette dans un placard dont il referme la porte avec violence. Le slogan annonce : « exclure un séropositif, c’est être sérophobe ».

Donc deux manières de dire la même chose : pourquoi et comment le dire ? Et mon jspote de conclure : « tu vois, à mon avis le premier spot a été filmé par un séroneg, et le second par un séropo ».

Quelque soit la manière, idéalisée façon roman photo de midinette, ou manière forte d’un écorché vif qui en a ras le bol de s’en prendre plein la gueule, n’est-il pas tout simplement temps de commencer à en parler ?

Pour conclure, l'affiche de l'association belge Ex-aequo, sur laquelle, mon pote et moi, sommes parfaitement d'accord : superbe, ils ont tout compris !

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Mardi 16 mars 2010

Un samedi comme un autre

En l’absence du Taulier Méziane, votre Taulière redoublait de vigilance samedi soir.

Surprise au moment du Madison, nous avons eu une visite totalement improvisée de Madame H, la présidente de l’association homosexualités et bourgeoisie. Enfin le public a pu constater que malgré l’initiale H commune, la bourgeoise n’avait rien à voir avec Madame Hervé. Elle est arrivée dans son manteau de fourrure, emmitouflée dans un carré Hermès, pour nous apporter la bonne nouvelle : elle revient au Tango, 10 ans après ses débuts, avec son spectacle « Morceaux choisis » , la semaine prochaine (Mardi 23, mercredi 24, jeudi 25 mars à 20 h 30).

Pour les slows, nous avons passé du Jean Ferrat. Les kikis de Madame Hervé semblaient dubitatifs, il a fallu leur faire la leçon et leur expliquer qu’avant Lady Gaga et toutes les autres pouffiasses, il y avait la chanson française engagée, avec de beaux textes qui parlaient d’un tas de choses importantes dans la vie, comme l’engagement politique… Il n’y a pas que Amour,Gloire et Beauté, mes chéris !

C’est comme un autre kiki, d’au moins 19 ans d’âge qui s’interrogeait face à l’affiche de la soirée Lady Gaga Tango, celle qui annonçait « enfin la vérité sur ses origines, elle serait le fruit d’une partouze entre les Rondo Veneziano ». Il m’a demandé (sérieusement) : « c’est qui ces Veneziano ? ». Le cher poussin me confirmait ce que tout le monde dit, décidément le public du Tango rajeunit !

Dans la série Drama Queens juvéniles. Un petit américain de Los Angeles (il a bien 20 ans celui là), en visite à Paris pour visiter sa plus grande amie, avait perdu son ticket de vestiaire (faites gaffe avec ça !) et se retrouvait bloqué sur place tandis que sa copine, fille à pédé jusqu’au bout des ongles, voulait rentrer à la maison, impatiente de dormir avec lui (la pauvre, avait-elle des illusions ?). Du coup, ils se sont disputés, salement, à grandes tirades. Et c’était donc leur première fois ! Oui, première vraie dispute. Et le minou pleurait, pleurait… Nutella de Lirio a passé au moins une demi heure à le cajoler pour lui sécher ses larmes. Que d’émotions ma chère !

Un samedi comme un autre, sympa, sans incident. La Taulière contemplait cette fin de nuit (qu’elle a l’habitude de sécher lorsque Méziane est là) avec un brin d’émotion. Elle songeait peut être à ses propres amours, tandis que Jean FERRAT entonnait la dernière chanson de la soirée : « que c’est beau, c’est beau la vie… ».

Dimanche 14 mars 2010

Lady Gaga Tango comme si vous étiez !

Échos de cette première soirée consacrée à la nouvelle gay star.

Commençons pas un démenti : la soirée Lady Gaga Tango n’a pas été programmée par les producteurs du show prévu en mai à Bercy ! Y’en a qui s’imaginait qu’il y avait un lien entre ces deux événements de la semaine. Que La Taulière aurait été mentalement téléguidée par le bureau des réservations du Palais Bercy. C’était fortement sous-estimer son esprit dans le vent. En réalité, elle avait pris la mesure du phénomène Lady Gaga en assistant à une soirée spéciale à Bangkok en décembre dernier, et du coup, programmé cette soirée il y a deux mois, en janvier (toute la programmation est établie au minimum deux mois à l’avance).

Confirmation : Nous sommes doués pour vous offrir des soirées originales, à la pointe de la mode, sans faire de tralala publicitaire et sans avoir besoin de la présence de VIP pour faire l’événement. Et en les laissant faire la queue : désolé pour cette fameuse actrice sympa qui pensait pouvoir entrer directement devant tout le monde avec une dizaine de personnes de son fan club (Cette remarque est un peu teintée de perfidie Madame Hervé !).

Ce fut donc une belle soirée.

La programmation musicale était dans le ton, Gilou a réalisé une vraie prouesse avec si peu de disques de la Lady à sa disposition !

Le show a été varié et sympa.
Sur la photo : Lady Zoa, Mis Glam Rockwell, Thomas, Mme Hervé, Samantha Key, Lady Cypline.

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Deux artistes ont relevé le défi d’incarner la Gaga : Miss Glam Rockwell a monté un numéro original, plein de rebondissements et d’accessoires délirants, elle a brandit au nez du public un vrai cœur de bœuf !

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Quant à Samantha Key, pour sa première apparition sur la scène du Tango, elle nous a impressionné : du beau transformisme !

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Le danseur Thomas nous a offert une excellente chorégraphie, tandis que Lady Cypline, se trompait de soirée, et telle Mylène sur les marches de l’Elysée, ratait entrée et sortie en s’emmêlant les pieds dans ses talons.

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Pour être complet dans cette galerie, en début de soirée Lady Zoa a fait son retour en interprétant une version slow piano-voix de Bad Romance à la manière de… Barbara ou Juliette Greco (telle une star des stars, les yeux fermés face à son public).

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Seule déception, qui en dit long sur les mœurs actuelles : très peu d’entre vous avaient fait l’effort de se Gaga looker. Pourtant, une paire de lunette, un trait de crayon, un bracelet, une ceinture… Mais non, nous sommes dans une ère qui ignore la fantaisie du dress code… Alors la prochaine fois, un petit effort !

Les trois récompensés pour leur look.

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Un petit effort pour le look gaga !
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Lundi 8 mars 2010

Nos icônes en question

Quelles sont nos icônes et pourquoi ? Deux événements au Tango cette semaine nous posent cette question.

La soirée Lady Gaga provoque des énervements. Exemple, la réaction d’un ami sur facebook : « Ras le BOL des icônes de supermarché et des têtes de gondole insipides ! ». Cela me rappelle tous les propos ironiques que j’ai pu entendre lorsque j’ai organisé les premières soirées Darladi Dalida, ou encore les moqueries sur la folie des fans de Vartan, Sheila, Madonna, Mylène Farmer…

Personnellement, j’ai du surmonter mes propres préjugés, issus de mon éducation de fils d’enseignants (où l’on valorisait surtout la musique classique et la chanson à texte) pour assumer d’aimer la variété ! Du coup à présent, je m’amuse de voir les commissaires politiques culturels venir m’expliquer ce qui est de bon goût et ce qui ne l’est pas. Je leur réponds tout simplement qu’il ne faut pas tant se prendre la tête : la boîte de nuit est le royaume des tubes, le public est là pour s’éclater, avec parfois le meilleur, et parfois le pire ! Alors que cela vous plaise ou pas, Lady Gaga est effectivement en ce moment un phénomène. Bien sur c’est commercial, mais cela marche, le public réagit, s’enflamme… Ce n’est pas toujours le cas, même pour des « produits » bénéficiant de toute l’armada publicitaire. Alors, pourquoi refuser au public son plaisir ? Quand en plus, l’artiste est complètement folle !

Le MAG (Mouvement d’Affirmation des jeunes Gais, Lesbiennes, Bi et Trans) débute dimanche les festivités de ses 25 ans et a choisi de le faire en posant la question : quelles sont nos icônes ? (sondage effectué avec le site YAGG) Il semble que la chanson « Désenchantée » de Mylène Farmer arrive largement en tête. A La Boîte à Frissons, nous organisons depuis longtemps nos soirées spéciales consacrées à une star, et sur la durée c’est Dalida qui arrive en tête, se côtoient ensuite Mylène Farmer et Madonna. Pour la première partie de soirée musette, Piaf surpasse tout le monde, et nous avons un faible pour Georgette Plana. Mais dîtes moi ? Où sont les hommes ?

Bruno Sandro en loge au Tango : prêt à incarner Dalida (soirée Darladi dalida 2007).

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Soirée Mylène Farmer (septembre 2009)

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Vendredi 5 mars 2010

Effeuillage : toujours à la recherche du sexy diférent

A la veille de la 4ème soirée Effeuillage, quelques questions sur l'homo érotisme.

D'un côté nous avons marre d'être victimes des normes esthétiques dominantes : gros biscottos, sous une peau bronzée épilée, gros paquets dissimulés sous des sous-vêtements de plus en plus hors de prix. D'un autre côté, il est aussi difficile de ne pas être sensible à cette orgie d'images de beaux hommes. L'alternative est donc l'effeuillage que nous proposons maintenant à chaque changement de saison.

Il n'y aura pas sur la scène du Tango ces gogos garçons habituels qui trônent ailleurs, sur les podiums ou dans les cabines de douche, ou encore à la une des magazines gays. Il y aura un homo érotisme plus subtil (ou pervers, telle est la question !), construit par notre petit monde de La Boîte à Frissons. On y retrouvera un jeu sur le genre (Taillefine, tantôt androgyne troublante, tantôt glamour fatale), une fantaisie asiat (les Andrews sisters avec leur côté déconnant), une poussée de fièvre (la chaleur généreuse de Glam Rockwell) et une explosion d'humour (Lady Cypline qui fait tout à l'envers). Plus tard dans la nuit, le plus envoutant, le plus troublant, Sultan le danseur oriental, nous emportera dans son imaginaire des milles et une nuits.

A ce soir !

Quelques souvenirs des soirées précédentes :

Les filles DIM (sexy trav)

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Monsieur Katia (sexy délirant)

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Fadi (sexy spontanné)

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Coco Mademoiselle (sexy mtf)

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Lazlo Pearlman (sexy ftm)

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Drag King Fem Show (sexy goudous)

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Mercredi 3 mars 2010

Allées et venues à la Folle Académie

La question que me posait Germaine la semaine dernière m’a énervé. « Qui est le plus caractériel dans l’histoire : Madame Hervé ou ses créatures de la Folle Académie ? » Ah bon, pourquoi une telle question ? « Ben parce qu’entre nous, ça va, ça vient, ça disparaît, une nouvelle favorite apparaît, qui ne reste pas longtemps, une ancienne fait son retour pour mieux disparaître. Il n’y a guère que les kikis juvéniles qui stagnent dans cette histoire. »

Quelle mauvaise foi, cette Germaine. Il est vrai que depuis quelques mois, y’a du mouvement. Et ce n’est pas fini. Pauline Diamant s’incruste, Miss Glam Rockwell fait ses preuves et elle excite tellement la Taulière ! Mystica progresse et a ramené une excellente recrue : Bella Donne. Dans un autre genre, le sublime (envoûtant) Sultan semble apprécier la scène du Tango. Une jeunette, fleur de province, Samantha Kay sera baptisée à la soirée Lady Gaga. Ainsi, pour renouveler son stock, chaque semaine, Madame Hervé organise des auditions. Mais en fait, c’est toujours Méziane qui a le dernier mot, car lui, contrairement à la dame, est réfractaire à toute tentative de séduction.

L’événement a été le retour (très annoncé) de Lady Cypline, fille indigne partie en tournée depuis des mois. Dans cette série des retrouvailles, Lady Zoa referait surface après sa cure de désintoxe, à l’occasion de la soirée Lady Gaga le 12 mars. Mieux, la Jacqueline Genou aurait manifesté le désir de participer au Tango Show du 26 mars, ce qui a fait dire à la seule qui reste fidèle et ferme sa gueule, Mademoiselle Gisèle : « Avec toutes les anciennes stars déchues qui reviennent, il va bientôt falloir jouer des coudes... Ou alors je vais faire semblant d'être fâché avec la Taulière et d'avoir des super contrats ailleurs, pour revenir faire mon come back dans quelques mois ! ».

Pendant ce temps, Nutella De Lirio attend son heure, tapie derrière son sourire charmeur, elle mange des pommes, et observe le petit monde de La Boîte à Frissons. Le printemps devrait lui donner l’occasion de faire son entrée officielle.

Ainsi va la vie de la folle académie.

Photo ci dessous : la spéciale Saint Valentin, avec Taillefine, Mystica, Donna Belle, Mademoiselle Gisèle et son mari David.

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