N'envisagez
pas la cohabitation trop tôt !
C'est la nouvelle mode, accentuée depuis le vote
de la loi sur le PACS.
À peine formés, les jeunes couples décident de "prendre
un appart" ensemble.
Est-ce bien raisonnable ? Madame Hervé vous aide à mesurer avantages
et inconvénients de la cohabitation.
Depuis
l'adoption du PACS, le couple gay est à la mode.
Fini le temps où l'homosexuel pouvait se vanter d'être membre
d'une minorité active anticonformiste. Terminée l'époque
bénie de l'union libre
et de la sexualité débridée.
Nous sommes entrés dans l'ère du couple petit bourgeois
(façon hétéro-flic diraient nos aînés militants
du Fhar).
Aujourd'hui, il n'est plus rare de voir deux garçons se rencontrer
un soir
dans une backroom et de les retrouver la semaine suivante se jurant fidélité
devant la vitrine d'une agence immobilière à la recherche d'un
appartement.
Certes la cohabitation présente de nombreux intérêts affectifs
et surtout matériels.
Le loyer et les charges sont partagés, les temps de transport raccourcis
(plus besoin de ces allers et retours permanents entre chez l'un et l'autre),
et l'équilibre affectif enfin trouvé (vous l'avez en permanence
contre vous).
Mais les inconvénients de cette quiétude sont tout aussi sournois
et bien plus dévastateurs à terme. Ils se résument en
un triste constat,
qui hélas vous surprend beaucoup plus vite que prévu :
le quotidien use et la routine tue l'amour.
Une vaisselle grasse traînant trop souvent dans l'évier de la
cuisine,
ou des chaussettes sales systématiquement oubliées au pied du
lit rendent
parfois la cohabitation insupportable et compromettent davantage le couple
qu'une virée clandestine au sauna du coin.
Et les exemples pourraient se multiplier : la cohabitation vous fera découvrir
tous ses défauts insoupçonnés et ses manies bizarres.
Vous serez forcés de renoncer à des petits gestes simples qui
faisaient de vous
un être libre : allumer la lumière en pleine nuit pour lire,
fumer votre cigarette
le matin au petit déjeuner, péter sans retenue aux toilettes,
téléphoner sans honte
tous les jours à votre maman, etc. Les actes de l'amour vont se ternir.
Après avoir reçu l'être aimé occasionnellement
(les dîners surprises aux chandelles)
vous l'aurez tous les soirs à dîner devant la télévision.
L'ennui dans cette histoire de cohabitation, est qu'en sortir est toujours
plus difficile
que d'y entrer (et pour le PACS c'est pareil !). Car les contingences matérielles
sont les plus mesquines : qu'il est douloureux de renoncer au confort douillet
et habituel d'un petit chez soi adorable (tu sais, je ne m'entends plus du
tout avec lui,
on ne se parle plus, on ne fait plus l'amour qu'une fois tous les six mois,
mais je me suis donné tant de mal pour fleurir notre balcon
que je n'arrive pas à me décider à le quitter...).
L'absence totale de morale dans cette histoire de cohabitation,
est qu'une fois de plus, les riches sont favorisés, car il va de soit
qu'il est beaucoup
plus facile de cohabiter dans un vaste six pièces disposant de deux
WC
et deux salles de bain que dans une studette avec coin cuisine aménagé.
Si malgré ces considérations vous décidez de cohabiter,
quelques conseils pratiques :
Prolongez le plus possible la
période de recherche de votre appartement,
tant que le bail commun n'est pas signé, vous pouvez encore changer
d'avis.
Essayez
de prévoir un espace assez grand pour par la suite pouvoir
faire
chambre à part et recevoir confortablement vos amants.
Dès le départ, réglez les problèmes de vaisselle, si vous avez les moyens,
n'économisez pas la femme (ou l'homme) de ménage,
les tiraillements commencent toujours par les petits problèmes ménagers.
Si vous le pouvez, gardez un pied à terre chez maman, ou sous-louez votre
ancien appartement à un copain, histoire de préserver l'avenir
et d'avoir
un bon plan de sortie de crise finale.
Les conseils de Madame Hervé :
Le secret du bonheur en amour : les lois de la sociologie.
Trouver votre bonheur à La Boîte à Frissons : fastoche !
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Test 4 : Débusquez
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